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L'enfant de Noé: Eric-Emmanuel Schmitt

L'enfant de Noé: Eric-Emmanuel Schmitt

Arraché à ses parents à l'âge de sept ans par le simple fait d'être né Juif, Joseph symbolise le destin tragique de ces enfants condamnés à l'exil. Ses parents le confient à une famille noble qui le protège jusqu'à une dénonciation. Son avenir est remis aux mains d'un prêtre. Joseph deviendra catholique le jour pour éviter les rafles de la Gestapo et juif la nuit en apprenant les textes de la Torah dictés par un prêtre catholique, sauveur d'enfants et de religions.

Ce roman base ses fondements sur ses héros méconnus qui ont protégé les enfants de la mort. La fragilité de ces êtres sans défenses alimente les angoisses des résistants qui ont peur pour eux et pour la liberté.

Des associations improbables se tissent afin de déjouer les attaques nazis (athées et chrétien de toujours, nobles et pauvres...). Chaque adulte tente de faire oublier aux enfants les violences de la guerre. Chacun doit garder au fond de son coeur et de son âme ce qui est, au nom de sa survie. Ils doivent garder leur religion cachée même aux yeux de leur semblable. La loi du silence vaincra.

Sous ce premier aspect d'une guerre sans merci se dissimule la question de la religion. L'image du prêtre est très forte et démontre que toutes les religions peuvent vivre ensemble au nom de la tolérance et du respect de l'autre.

Ce roman de l'humanité porte en lui un message précis; celui de l'amour de l'autre que revendiquent toutes les religions. Roman d'amour: amour de son égal donc de celui qui nous est semblable ou opposé.

Ce livre devrait être proposé à la lecture aux jeunes générations qui ne doivent pas oublier les atrocités subies au nom d'un idéal démoniaque.

Voici quelques citations tirées du roman:

"Demi-tour. Dix pas pour disparaître. Dix pas pour rentrer dans la douleur. Dix pas pour redevenir orphelin. Au bout de l'estrade, un autre enfant piétinait déjà. Les côtes m'écrasaient le coeur."

"Le silence de la nuit craquait de toutes parts, comme si un feu d'angoisse la consumait. Des bruits furtifs crépitaient, éclats sans suite, sans explication, déchirures brèves, plaintes aussi incompréhensbles que la douleur muette qui s'ensuivait. Mon coeur battait trop vite. Un étau écrasait mon crâne. Ma frayeur prenait les formes de la fièvre."

"- Stop ! Dangereuse niaiserie ! Les humains se font du mal entre eux et Dieu ne s'en mêle pas. Il a créé les hommes libres. Donc nous souffrons et nous rions indépendamment de nos qualités ou de nos défauts. Quel rôle horrible veux-tu attribuer à Dieu? Peux-tu une seconde imaginer que celui qui échappe aux nazis est aimé de Dieu, tandis que celui qui est capturé en est détesté ? Dieu ne se mêle pas de nos affaires."

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