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J'irai cracher sur vos tombes: Boris Vian

J'irai cracher sur vos tombes: Boris Vian

Le décor est planté dans le sud de l'Amérique où la ségrégation sévit. Lee Anderson, issue d'une mulâtresse, quitte sa ville natale suite au lynchage de son petit frère noir amoureux d'une blanche. Il s'installe comme libraire dans une petite ville. Il se lie à une bande de jeunes enclins au sexe et à l'alcool. Lee utilise ces adolescents délurés pour atteindre son but : venger son frère.

 

Le titre de ce roman n'est pas trompeur, il symbolise la violence des actes. L'écriture est brute, violente et carnassière. Le lecteur est pris aux tripes et ne peut s'échapper de cette histoire indemne. L'agressivité démoniaque matérialise la troublante vérité du racisme. Durant cette période trouble, les auteurs utilisaient souvent la maltraitance d'un noir par des blancs mais Boris Vian, sous le pseudonyme de Sullivan, développe la rage d'un noir qui mettra à exécution son plan meurtrier. Cette explosion de violence heurte les sensibilités; toutes les perversions de la société puritaine de cette époque s'entrechoquent : la lecture s'étiole sur des scènes de beuveries, pornographiques et une scène pédophile.

 

Ce roman ne laisse pas indifférent. Le lecteur s'imprègne de l'ambiance étouffante d'une société enclavée dans des principes raciaux réducteurs. Il se raidit face à l'écriture aiguisée et bestiale mais ne peut se résoudre à abandonner sa lecture car il est pris au piège d'une narration puissante et attractive. Le lecteur doit connaître l'issue de cette bouleversante et barbare descente aux enfers.

- Écrire, dit-il. Écrire des best-sellers. Rien que des best-sellers. Des romans historiques, des romans où des nègres coucheront avec des blanches et ne seront pas lynchés, des romans avec des jeunes filles pures qui réussiront à grandir intactes au milieu de la pègre sordide des faubourgs.

Je veux brûler la maison, Lee. Notre père l'avait construite. Nous lui devons tout ce que nous sommes. C'était presque un Blanc, pour la couleur, Lee. Mais, souviens-toi qu'il n'a jamais songé à renier sa race. Notre frère est mort et personne ne doit posséder la maison que notre père avait construite de ses deux mains de nègre.

Ceux du village le pendirent tout de même parce que c'était un nègre. Sous son pantalon, son bas-ventre faisait encore une bosse dérisoire.

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marion 06/05/2015 06:14

Qu'est ce que j'aime ce roman!

toujoursalapage 13/06/2015 11:46

Il donne vraiment à réfléchir. J'avoue être du même avis.