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Je vis l'oiseau qui le soleil contemple: Joachim Du Bellay

Je vis l'oiseau qui le soleil contemple: Joachim Du Bellay

Joachim Du Bellay est reconnu comme un poète des illusions perdues et souvent comparé à Musset. 

Lors d'un voyage en Italie, suivant son oncle le Cardinal Jean Du Bellay, il est admiratif de Rome et de son histoire. Cependant la béatitude est de courte durée et il se rend très vite à l'évidence : ses souvenirs idéalisés de Rome ne sont qu'illusoires. Il ne claironne plus la magnificence de la civilisation romaine mais sa décrépitude. Il s'attarde, avec mélancolie, sur sa disparition.

 

Ce poète s'interroge sur l'image de l'Idéal. A trop vouloir atteindre la lumière (la connaissance) l'homme ne risque-t-il pas de se brûler les ailes. Ce texte poétique reprend le mythe d'Icare qui s'est brûlé les ailes. L'oiseau symbolise l'homme en quête de connaissance. Le volatil suit les traces de sa mère puis s'en détourne pour prendre son propre envol et rejoindre sa lumière.

 

Ce poème s'apparente à la fois à une admiration (retour à la civilisation romaine et à sa projection) et à la fois à sa destruction (tant sur le plan physique que symbolique).

 

Je vis l'oiseau qui le soleil contemple

D'un faible vol au ciel s'aventurer,

Et peu à peu ses ailes assurer,

Suivant encore le maternel exemple.

 

Je le vis croître, et d'un voler plus ample,

Des plus hauts monts la hauteur mesurer,

Percer la nue, et ses ailes tirer,

Jusqu'au lieu où des dieux est le temple.

 

Là se perdit : puis soudain je l'ai vu

Rouant par l'air en tourbillon de feu,

Tout enflammé sur la plaine descendre.

 

Je vis son corps en poudre tout réduit,

Et vis l'oiseau, qui la lumière fuit,

Comme un vermet renaître de sa cendre.

 

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