Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Parmi les disparus : Dan Chaon

Parmi les disparus : Dan Chaon

Connaître l'Amérique, c'est connaitre ses propres origines. D'où on vient pour pouvoir se construire et participer à la construction de la société. Cependant de nombreuses études ont déterminé que notre enfance, notre éducation ou l'absence des deux influaient sur notre vie d'adulte.

 

Dan Chaon arpente le côté obscur de ses personnages, dans le Nebraska. La quête de l'identité est l'élément fondateur de l'écriture de cet auteur américain. Il déambule dans les rues américaines à la recherche du passé de ses personnages, des angoisses imposées incognito par leur éducation et de l'influence démoniaque de leur entourage. Cet auteur développe les côtés psychotiques de leurs pensées. A travers ses personnages en perte d'identité originelle, il recherche sa propre origine.

 

Dan Chaon rejoint des auteurs comme Émile Zola qui argumentait sur ce fait indéniable que nos éducations, nos familles, nos rangs dans la société pesaient sur nos choix de vie . L'alcoolisme abreuvant les parents influençait le penchant des enfants pour l'ivresse. Deplus, si nous fuyons notre situation primaire, celle-ci réapparaît à un moment inattendu dans notre nouvelle vie. A trop vouloir fuir le passé, il vous rattrape!

 

Ces textes sont vivants, poignants parfois tristes mais toujours puissants de véracité. Les personnages sont empêtrés dans une vie vouée à l'échec. Le destin néfaste s'abat sur cette Amérique qui rejette ceux qui ne réussissent pas. Deux Amériques se profilent à l'horizon: celle du faste et des lumières et celle plus prolétaire qui se noie dans sa condition.

 

La question reste posée : Peut-on échapper à ce qui nous a construit?

 

Ce passage particulier me rend toujours philosophe. Je ne sais pas très bien qui est cet individu à qui s'adresse le jeune garçon, cet être futur qu'il imaginait. J'ignore s'il est vivant. Nous pourrions devenir tant de personnes différentes et, entre l'adolescence et la trentaine, nous laissons derrière nous tant de gens qu'il nous est difficile de savoir qui nous sommes. Combien de versions de nous-même abandonnons-nous au cours des années ? Combien finissent quasiment oubliées, qui marmottent, suffoquent dans quelque pièce de notre conscience, semblables à de vieux parents souffrant d'une affection pulmonaire mortelle ?

(...) Peu importe ce que vous faites. En fin de compte, vous allez être jugé, et tous ces moments où vous ne vous montrez pas extrêmement digne sont ceux dont on se rappellera, avec précision, le moindre détail accablant. Puis, bien sûr, ces choses seront déformées, exagérées, passées et repassées au ralenti, jusqu'à finir par devenir l'essence de votre être : votre caricature.

C'était bizarre car c'est à elle, l'infirmière, que Dennis finit par penser plutôt qu'aux pin-up en double page avec leur chimérique silhouette couleur fauve et leur regard vide d 'expression. Quand Dennis rapporta son tube à essai, une espèce de regret le fit frissonner. Les yeux de l'infirmière étaient si tristes que, l'espace d'un instant, le jeune homme eut la certitude qu'elle savait qu'il avait pensé à elle. Depuis, il lui est arrivé de se dire que tout bébé issu de ça serait autant celui de l'infirmière que le sien.

Rendez-vous sur Hellocoton !
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :