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Une américaine instruite : John Cheever

Une américaine instruite : John Cheever

Plongeons dans une famille américaine de classe moyenne! Durant un été ensoleillé, la famille Pommeroy se réjouit de se retrouver dans la villa de vacances à Laud's Head. Ils sont unis depuis la noyade accidentelle du père de famille. Dans cette famille idyllique, un élément dénote : Lawrence. Cet enfant, devenu adulte refuse toute la beauté du monde, ne perçoit que les horreurs et juge chacun des actes de ses frères et sœurs. Sa présence dérange. Il se crée une atmosphère lourde de suspicion et sourde d'incompréhension face à ce frère hors norme.

Le cadre, huis clos, d'une villa délabrée, agrippée à flanc de montagne et qui risque l'effondrement symbolise les liens familiaux qui s'étiole.

Le lecteur ressent cette tension palpable d'un regard inquisiteur et malveillant. La faute est proche. Qui affrontera avec plus ou moins de tact les condamnations perpétuelles et incessantes de ce frère moralisateur et froid? L'amour et la haine sont bien des sentiments similaires.

 

John Cheever pénètre dans l'univers d'une famille qui a réussi socialement et qui tente de garder des liens familiaux privilégiés. Ce désir inconditionnel de s'aimer, fixé par la mère, s'avère mener un des protagonistes à une solution violente. De ce point de vue, l'auteur détermine que dans une famille chaque membre est différent et se construit différemment Le pouvoir de l'amour filial a ses propres limites.

 

Cette nouvelle possède un rythme soutenu accentué par cette tension exercée par un membre de la famille. Cette puissance narrative se veut progressive. Le narrateur fixe ses personnages dans un tableau. Il décrit leurs situations personnelles et professionnelles, permettant ainsi aux lecteurs de s'attacher aux membres de cette famille. La pluralité de caractère permet une adhésion plus sentimentale.

 

L'animosité envers Lawrence est décuplé par l'adhésion du lecteur à cette famille qui veut croire en un amour filial infini.

 

N'oubliez pas de suivre le vent froid de l'Est qui menace et ravive bien des tensions!

 

Dans la nouvelle "une américaine instruite", le lecteur pénètre dans une famille où l'intelligence accapare une place importante aux dépens des propres membres de cette famille. Le culte de l'intelligence est-il annonciateur de mauvais présages? John Cheever arpente les limites de la connaissance absolue et redéfinit les vrais fondements d'une famille.

Y réfléchissant tandis que je montais l'escalier avec les lourdes valises de Lawrence, j'ai réalisé que nos antipathies sont aussi profondément ancrées en nous que nos passions les plus tendres et je me suis souvenu qu'un jour, vingt-cinq ans plus tôt, alors que j'avais frappé Lawrence sur le crâne avec une pierre, il s'était relevé et était allé tout droit se plaindre à notre père.

Oh, que eut-on faire avec un tel homme? Que peut-on faire? Comment dissuader son œil de chercher, dans une foule, la joue criblée d'acné, la main infirme; comment lui apprendre à percevoir l'inestimable grandeur du genre humain, l'âpre beauté de la vie? Comment poser son doigt sur les vérités inflexibles devant lesquelles la peur et l'horreur sont impuissantes?

"Ce n'est pas mon style de faire le ménage", avait décrété Jill, et il était assez intelligent pour voir ce que sa remarque avait de fondé; assez intelligent pour ne pas attendre de son épouse qu'elle modifiât l'image de femme instruite qu'elle se faisait d'elle-même. C'était la source d'une grande partie de sa vitalité et de son bonheur.

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