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Le crime du comte Neville : Amélie Nothomb

Le crime du comte Neville : Amélie Nothomb

Amélie Nothomb nous invite à pénétrer dans son humble demeure, par le biais d'une prophétie. L’hôte retrouve sa fille égarée chez une cartomancienne, qui annonce à celui-ci qu'il tuera un des invités durant la dernière fête célébrée au Pluvier, car le château est en vente.

 

Durant la première partie du roman, Neville réfrène ses idées de meurtres mais ses insomnies perturbent ses nuits. Dans un deuxième temps, il sélectionne un invité susceptible de correspondre à ses critères de meurtre. Cependant, les règles de bienséance ne dérogent pas aux lois de l'aristocratie belge. Tuer accidentellement permet de demeurer respectable mais tuer avec préméditation engendre une ignominie et un abandon de la noblesse.

Sa fille propose de résoudre le problème de son père en lui offrant sa vie. En découle un dialogue futuriste et filial qui oppose un père aimant son enfant et une adolescente déçue par la vie. Le dénouement du roman se réduit à quelques paragraphes comme les derniers rythmes d'une valse ou d'un concert de Schubert.

 

Amélie Nothomb possède cette faculté de nous faire entrer dans son univers par une porte dérobée. Dans son dernier roman, publié, certes, à chaque rentrée littéraire, elle utilise le roman d'Oscar Wilde qu'elle modernise et adapte à l'aristocratie belge.

 

J'avoue que cette lecture n'est pas fastidieuse et permet au lecteur de se détendre pendant une petite heure. Le rythme linéaire laisse très peu de place à l'imprévu. La déception s'opère dans la chute du roman où l'intrigue s'achève brutalement. Le lecteur, attend-il une fin plus tragique? La question reste à déterminer.

 

La note positive se ressent dans le fait de découvrir des personnages lambda dans un univers méconnu durant un moment propice à la détente. Le lecteur suit les divagations de l'auteur sans vraiment s'attacher aux personnages.

 

Le lecteur retiendra l'idée de découvrir un des romans fétiches d'Oscar Wilde :"Le Crime de Lord Arthur Savile".

- Vous allez bientôt donner chez vous une grande fête, dit-elle.
- En effet.
- Lors de cette réception, vous allez tuer un invité.

Soudain, il eut une idée qui lui parut exceptionnelle : il suffisait de choisir dès à présent qui il allait tuer. Mais oui! Quand on reçoit des centaines de personnes, on ne les apprécie pas toutes. On en déteste même un certain nombre dont on envisage parfois la disparition avec délectation.

- Dans ma tête, c'est tout le temps comme ça depuis plus de quatre ans. Et ce n'est pas le pire. Le pire, c'est que je ne ressent plus rien depuis mes douze ans et demi. Et quand je dis rien, c'est rien. Mes cinq sens fonctionnent très bien, j'entends, je vois, j'ai le goût, l'odorat, le toucher, mais je n'éprouve aucune des émotions qui y sont liées. Tu n'as pas idée de l'enfer que je vis. Bernanos a raison, l'enfer, c'est le froid. J'habite à demeure le zéro absolu.

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