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La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert: Joël Dicker

La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert: Joël Dicker

Pas de critique à mon encontre quant à mon retard mémorable sur cette lecture. De mes collègues et passant par la femme de ménage, mes amis et enfin ma famille, tous m'ont parlé de cette pépite.

Après avoir débuté par son premier roman "Les derniers jours de nos pères", je m'armais de courage quant à l'épaisseur de la tache (664 pages: c'est un pavé) à accomplir.

Je pénétrais donc dans ce nouveau roman sans aucun a priori.

Marcus Goldman, un auteur en mal d'inspiration, retourne confier son mal-être à son mentor, l'illustre Harry Quebert, auteur à succès mais aussi professeur à l'université.

Harry Quebert va être accusé du meurtre d'une adolescente de 15 ans enterrée dans son jardin depuis 1975. Nola Kellergan aurait été la maîtresse, la muse de l'auteur.

Marcus Goldman, convaincu de l'innocence de son ami, fonce dans une enquête captivante et pleine de rebondissements. Les suspects se dévoilent, puis leur innocence est reconnue mais des zones d'ombre persistent. La fameuse voiture noire qui emmène Nola vers les bois, cette femme assassinée dans sa cuisine, les relations étonnantes voire déroutantes qu'entretenaient Nola avec les hommes de cette petite ville du New Hampshire.

Le lecteur est pris au piège des pages qui s’égrainent devant lui. Qui a bien pu tuer cette enfant innocente ou non? La reine du bal qui refuse d'être laissée pour compte au profit d'une gamine. Le révérend qui ne supporte plus les relations que sa fille entretient avec un écrivain de trente ans. Le chauffeur, défiguré après un passage à tabac, qui tombe amoureux de cette gamine aux cheveux blonds.

Les énigmes s'enchainent, les ragots, les lettres anonymes brouillent les pistes. Le lecteur devient ce détective (cet écrivain) qui va jusqu'à douter de la véracité de la relation d'amour unissant une ado. avec un auteur.

Pris au piège de l'enquête, entant que lecteur, il vous est impossible d'abandonner ce roman sans connaître la fin car elle recèle le point final de l'enquête. Invariablement vous reviendrez sur votre propre déduction car vous n'aurez pas pu éviter de juger, d'accuser et de remettre en doute tous les protagonistes. Chaque personnage possède son secret, ses angoisses.

Ce roman retrace aussi la vie quotidienne des petites villes américaines où les citoyens semblent se connaître mais connaissent-ils réellement celui à qui servent le café du matin, celle qui sourit en relevant son courrier dans sa boîte aux lettres ou le révérend qui officie chaque jour à la paroisse ou les forces de l'ordre qui verbalisent les infractions. Chacun possède un pouvoir que les autres ignorent. Qui observe qui?

Le ton agréable permet de suivre l'enquête avec aisance. La structure du roman repose sur un squelette intéressant qui s'articule sur l'ossature de la création littéraire et sur le schéma d'une enquête. Deux quêtes s'affrontent celle de la création littéraire (assimilé à un combat de boxe, un combat contre soi-même) et celle de découvrir le vrai coupable de ce meurtre atroce.

Ce livre, que vous l'ayez lu, que vous le lisiez maintenant ou dans des mois, restera un sujet de conversation vivant car chaque lecteur donnera son avis, évoquera ses indices qui l'auront induit en erreur. Cependant quoi qu'il advienne vous resterez abasourdi par la Vérité.

Donnez-moi vos premiers soupçons, votre premier coupable !

- Oh, bien sûr. Vous savez, vous avez beaucoup de potentiel, mais au fond, ce que j'ai lu, c'est mauvais. Très mauvais, à vrai dire. Ça ne vaut rien. C'est d'ailleurs le cas pour tous les autres textes de vous que j'ai pu lire dans la revue de l'université. Couper des arbres pour imprimer des torchons pareils, c'est criminel. Il n'y a proportionnellement pas assez de forêts pour le nombre de mauvais écrivains qui peuplent ce pays. Il faut faire un effort.

- Ta gueule, ma fille. C'est moi que je cause. Prenez note, Monsieur l'écrivain à la con. Si vous avez une once d'honnêteté, écrivez la vérité sur Harry Quebert : c'est le dernier des salopards, c'est un pervers, une crevure et un meurtrier. Il a tué la petite Nola, la mère Cooper et, d'une certaine façon, il a aussi tué ma Jenny.

Vous voyez, Marcus, notre société a été conçue de telle façon qu'il faut sans cesse choisir entre raison et passion.
La raison n'a jamais servi personne et la passion est souvent destructrice. J'aurais donc bien de la peine à vous aider.
- Pourquoi me dites-vous ça, Harry?
- Comme ça. La vie est une arnaque.
- Vous avez finir vos frites?
- Non. Servez-vous si le cœur vous en dit.
- Merci, Harry.
- Ça ne vous intéresse vraiment pas, ce que je vous raconte?
- Si, beaucoup. Je vous écoute attentivement Numéro 14 : la vie est une arnaque.
-Mon Dieu, Marcus, vous n'avez rien compris. J'ai parfois l'impression de converser avec un débile.

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