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La fille quelques heures avant l'impact : Hubert Ben Kemoun

La fille quelques heures avant l'impact : Hubert Ben Kemoun

La fille quelques heures avant l'impact fige une photo de notre société actuelle dans une salle de classe. Les haines racistes, les tensions amoureuses et les colères refoulées se répandent dans une verve violente abondante que le professeur de français ne peut plus maîtriser. Les réprimandes et les exclusions ravivent les discordances mais ne soldent pas cette rancoeur. La haine peut mener à des dérapages sans précédent. La jalousie engendre une altercation. Le désir de pouvoir déclenche un incendie. La mort, est-elle une réponse à toutes les frustrations?

 

Hubert Ben Kemoun frappe fort. Un bel uppercut ! Le lecteur entre dans l'esprit et le corps d'Annabelle qui suffoque et tente de respirer. Le seul objectif est de comprendre le cheminement qui mène à cette mort certaine.Les jalons sont posés. Il reste à narrer les évènements déclencheurs de cette catastrophe. Hubert Ben Kemoun joue sur plusieurs points de vue : celui d'une adulte empêtrée dans sa vie amoureuse vouée à l'échec, celui d'une adolescente qui tente de survivre face à une mère dépressive et un père en prison, un ado. accompagné par des amis de tous les pays vivant dans une cité et un ado avec un père raciste... Toutes les strates de la société sont étalées devant le lecteur.

 

Ce roman écrit quelques jours avant les attentats du 11 novembre 2016 semble analyser les animosités existantes au sein même d'une salle de classe. Mais dans cette tempête de souffrance et de rage, l'auteur accorde une pointe d'espoir. Mokhtar et un ami retournent sauver les victimes de l'incendie. Dans les souffrances les plus horribles, il reste toujours quelqu'un sur qui compter. Et ce n'est pas toujours ceux qu'on croyait nos amis.

 

Ce roman doit être lu par des adolescents mais aussi des adultes qui veulent comprendre le monde dans lequel ils vivent et en tirer des conséquences judicieuses.

 

Il sait qu'il va mourir, et il a peur.
Peur de ce que cela veut dire, peur aussi de partir sans savoir pourquoi on l'a jeté par terre et roué ainsi de coups avec une pareille violence et une telle détermination.

Du vide, du rien. Du néant.
Je Néant Vide Rien...
J'allais exploser si je ne quittais pas cet endroit.
J'ai claqué la porte.
Sortir. Pas comme une fugue, plutôt pour vérifier si la vie normale, sereine et heureuse existait réellement dehors. J'en avais tellement besoin. Sortir, s'extraire, comme une mauvaise herbe ou une trémière dans un trou du goudron sur le trottoir. Sortir en espérant que ne me piétinent pas les semelles d'un imbécile passant par là.

Est-ce qu'on commence à mourir par les yeux? Est-ce par nos yeux que les diables de l'enfer engagent leur besogne?

Est-ce qu'elle est vraie cette histoire qui raconte qu'on voit défiler toute sa vie au moment de mourir? Je n'en sais rien. Mon existence avait été courte. Quinze ans, c'est rien, tellement peu.

En tout cas, ce n'est pas ma vie que j'ai vue défiler, mais une macédoine de choses, perdues dans un labyrinthe dans lequel j'allais mourir.

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