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La vérité et autres mensonges : Sascha Arango

La vérité et autres mensonges : Sascha Arango

   Méfiez-vous de tout ! Les écrits déroutent la vérité, mais quelle vérité ? La vôtre ? Celle des faits? ou votre volonté à la masquer?

 

   Un auteur de génie se retrouve confronté à un dilemme : avouer la vérité à sa femme sur sa liaison et la naissance d'un futur enfant ou se débarrasser de l'élément perturbateur. Son choix est enfin arrêté cependant la suite des évènements risquent de corrompre les éléments. 

 

 Qui est donc Henry ? D'où vient-il ? Et ce cadavre encombrant (pas celui dans le placard, quoique? mais celui plongé dans la mer) ? Ce camarade de retour du passé? Et enfin, cette police bien conciliante à son égard? 

 Sans aucun doute, vous y perdrez votre latin (si vous l'avez possédé un jour- cela reste votre part de vérité-.)

 

 Ce thriller questionne tous les fondements du principe de vérité. Le lecteur est promené comme un pantin dans les divagations du protagoniste. Les détails de l'histoire perturbent le lecteur qui engrange de nombreuses difficultés sur le caractère insaisissable, narcissique et pathologique du narrateur. Néanmoins, la volonté de connaître la vérité taraude le lecteur.

 

 Rien à faire : Vous lirez ce roman policier jusqu'au bout !

(...)Il serait resté invisible - un art en soi. Certes, la lutte pour la vie est excitante, c'est le manque qui donne du prix aux choses, l'argent perd sa signification dès lors qu'on en possède en abondance. Tout cela est vrai. Mais l'ennui et l'indifférence ne sont-ils pas un tribut acceptable en échange d'une vie de bien-être et de luxe, et en tout cas préférable à la faim, à la souffrance et aux dents gâtées? On n'a évidemment pas besoin d'être célèbre pour être heureux, d'autant qu'on confond trop souvent popularité et valeur, mais depuis qu'Henry avait quitté l'obscurité où se meut tout un chacun pour entrer dans la lumière de l'homme d'exception, il jouissait d'une existence incomparablement plus confortable. C'est pourquoi il ne s'occupait depuis des années qu'à maintenir le statu quo. Il n'était pas question pour lui d'en obtenir plus. Là-dessus, il demeurait réaliste. Même si c'était ennuyeux.

Il décida de vérifier. Au kilomètre huit, il tourna en direction de la falaise - au milieu de rentrer à la maison, ce qui aurait été beaucoup plus raisonnable, mais tout amateur de polar sait que les meurtriers reviennent fréquemment sur les lieux de leur crime, où ils se font arrêter. Ils le font parce qu'ils sont sentimentaux, parce qu'ils sont curieux de savoir, comme tout être humain, certains le font par vanité et d'autres par regret, ils suivent l'appel de leur conscience. Une dernière catégorie le fait par scepticisme, ceux-là ne veulent pas croire qu'ils ont vraiment été capables de commettre un tel acte. Quant à Henry, après sa visite à la morgue il était arrivé à la conviction que la police croyait à un accident. Il n'y avait donc aucune raison de ne pas aller vérifier où gisait sa femme et ce qu'il était advenu d'elle entre-temps. C'est ce que Martha aurait attendu de lui, pensait-il.

Henry Hayden disparut sans laisser de traces avant la parution du roman. Contre toute attente, le livre ne fut pas un best-seller. Les critiques écrivirent que la fin était perturbante et bizarre. Un an après la disparition de Hayden, Obradin Basarié reçut une carte postale non signée, sur laquelle il était écrit à l'encre marron, d'une écriture fine :
Toujours seul plutôt que jamais.

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