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Sur la terre comme au ciel : Davide Enia

Sur la terre comme au ciel : Davide Enia

   Chaque décennie emporte avec elle une lutte ( la Guerre Mondiale pour certains, la guerre mafieuse pour d'autres). Fraternité d'homme face à l'absurdité du combat, la guerre sanglante rend muet des hommes, en terrasse d'autres et hypnotise les plus fidèles. La guerre se fige dans les poings du boxeur. Cette lutte se concentre dans deux hémisphères: celle du corps physique combattif et viril et celle du mental avec cette notion de résistance et de domination. 

 

    Ce roman relate, dans une quête d'identité, les fondements de la boxe. Bienvenue à Palerme en 1980, Davidù s'initie grâce à son oncle à la boxe. La dure réalité de la violence des guerres mafieuses se superpose aux retours en arrière sur l'évolution de la boxe. Le narrateur utilise à la fois le présent de narration pour camper son personnage principal dans cette réalité et à la fois des notions concrètes du passé qui donnent une crédibilité au héros. 

 

   Le bémol de ce roman est la difficulté à comprendre le schéma narratif. J'avoue avoir éprouvé des difficultés concernant la technique de passage d'un personnage à l'autre. Les passages principaux que j'ai appréciés se résument dans la vie de ce grand-père magnifique, simple, absent dans les mots mais tellement présent par son identité. Parfois des hommes brillent plus par leur charisme que par leur phrasé. Le grand-père est. (tout simplement). Certes les autres personnages partagent leur vie, leur évolution mentale à travers un sport technique et artistique. La violence du sport est temporisée par cette aventure humaine.

 

   J'ai apprécié la découverte de cette famille italienne ancrée dans ses racines. Les liens du passé, embrumé d'amour et de passion pour la boxe cimentent cette famille. Le lecteur entre dans cette Italie profonde et poétique. 

 

L'humiliation brûle plus fort que les coups reçus.
"Ce fut mon premier vrai combat de boxe. Je pensais que l'affrontement physique était surtout une question de puissance. Être celui qui frappe le plus fort, être le plus méchant. Les coups du Nègre non seulement défonçaient son adversaire mais ils étaient beaux à voir. Ce qui détruit, c'est ce qui est précis, et pas ce qui est fort. Il m'avait démoli la gueule. Il fallait qu'il soit mon maître."

Au bout de ces deux jours interminables, on apporta une ration d'eau. C'était la quantité pour trois jours, annoncèrent les gardes. Francesco D'Arpa sentit sur lui le regard des autres prisonniers: Les soldats lui reconnaissaient, au-delà de son grade, l'autorité pour prendre les décisions nécessaires à leur survie. Quand on est épuisé, on remet sa propre existence entre les mains d'un autre, en espérant qu'il aura assez de force pour ne pas tomber.

"C'est bizarre que nous, qui sommes sur une île, nous ne mettions pas nos morts sur des barques, la nuit, comme ça la mer les emporterait au loin et nous resterions à regarder les feux qui disparaissent à l'horizon de la vie.
- Les cimetières existent parce que savoir que le mort est dans un endroit précis, c'est une consolation.
- D'accord, mais quel autre endroit pourrait être plus précis que le coeur ?"

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