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Nos 14 novembre : Aurélie Silvestre

Nos 14 novembre : Aurélie Silvestre

    Texte dérangeant et violent par la tristesse de son propos : comment se reconstruire quand des terroristes viennent d'abattre de sans froid un mari, un frère, un père, une cousine, une amie...

    Aurélie raconte avec pureté et profondeur le calvaire de l'attente, l'annonce sans appel de la mort et son profond désir de continuer à vivre pour ses enfants : un de trois ans (qui ne comprend pas pourquoi son père ne jouera plus avec lui) et un à naître (pour qui il faudra faire vivre un père mort trop tôt).

   Par cet écrit, elle s'oppose au terrorisme en luttant par son optimisme. Elle insuffle, par le biais de son courage, une volonté de continuer de vivre à ceux marqués par les attentats qui ont ensanglanté la France : pays des droits de l'homme et de la liberté.

 

     Ce livre est un hommage aux voix silencieuses qui souffrent d'avoir subi une violence démoniaque. Il faut continuer à aimer la vie, à hurler sa liberté de penser, à courir les spectacles, les expos, rire et chanter.

    La structure du livre se scinde en trois parties, la première raconte l'effroyable tragédie, la seconde raconte une rencontre amoureuse et un désir de vivre et la troisième développe une rage de vivre difficile, fragile mais heureuse.

 

    Un livre magnifique qui redonne espoir ! A lire absolument !

PS : pour les émotives prévoir des mouchoirs : pour moi la boîte est vide

Matthieu est mort.

Il va falloir le répéter beaucoup pour y croire vraiment.

Matthieu est mort. Matthieu est mort.

Je ne sais pas où part mon esprit à ce moment-là, dans quel coin de ma sidération, ou de ma peur, il se cache. Mon corps comprend le premier : je me mets à vomir et à vomir encore.

Apprivoiser l'absence, le manque, accepter une autre forme de présence, parler au fantôme, voir les signes qu'il envoie. Voilà ma nouvelle vie pour le moment.

J'avance, je recule, je tombe, je me relève. J'essaie de prendre les choses comme elles viennent.

Quand on me demande comment on fait pour se reconstruire après qu'il nous est arrivé une chose pareille je réponds " On ne se reconstruit pas, on continue, c'est tout."

Je bois un autre verre. Ma tête tourne.

Je peux bien faire tomber mon armure le temps d'une soirée.

Je pose sur ma tête la casquette "cowboy" que Marie vient de m'offrir et je ris, je ris à toutes les blagues.

Aujourd'hui j'ai trente-cinq ans et j'aime comme avant.

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