Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Nikolski : Nicolas Dickner

Nikolski : Nicolas Dickner

   En route ! Que vous soyez voyageur de grands chemins, aventuriers dans les grandes plaines, à la recherche de votre identité, ce livre est pour vous ! Ne soyez pas avare, si l'angoisse des grands espaces vous paralyse, pas de problème, vous pouvez voyager à travers les livres. Cependant, les livres peuvent aussi prendre les chemins buissonniers pour atteindre tous les lecteurs.

   Noah, né dans une roulotte, part à la recherche de l'identité de son père avec comme point de départ une dernière carte postale. Joyce, largue les amarres, fuit sa famille à la recherche d'une aïeule flibustière. Le narrateur, libraire, campe dans son univers et vit à travers les écrits.

   Durant la narration, le lecteur découvre que les protagonistes seraient issus de la même famille. Nicolas Dickner pousse le vice jusqu'à créer des rencontres fortuites entre les personnages sans qu'aucun indice ne soit dévoilé entre eux. 

 

   Le lecteur s'attache rapidement aux personnages comme à une bouée qui émerge de la mer. Les lieux, les pays traversés incitent à la découverte de soi et de l'autre. La notion de père cimente les chapitres. La quête d'identité sacralise le roman. Dans la recherche de son identité, les personnages retracent les itinéraires d'une vie. Ils cherchent à combler un vide. Très jeunes, ils sont en lutte pour retrouver un être, se créer un avenir néanmoins cette aventure spirituelle s'ancre sur des dépotoirs, des objets oubliés et usés et de vieux livres. Le roman initiatique atteint son apogée quand chacun découvre sa vraie personnalité et désacralise son passé énigmatique.

   Aucune pause n'est concédée, même les livres racontent leur propre histoire. 

 

   Ce roman est jubilatoire et regorge de retour à l'enfance (un pirate, une boussole qui indique Nikolski, pas tout à fait le nord, une carriole...). Le lecteur aurait espéré de vraies rencontres cependant cette idée de lier ses histoires sans se rencontrer.

 

    Bienvenue dans ce monde imaginaire et poétique d'un premier roman!

Une minute plus tard, Noah se retrouve seul au bord de la route avec un sac à dos béant, une vieille carte des Caraïbes chiffonnée dans la main et une boule d'asphalte dans l'estomac. Il respire profondément, plie la carte et la glisse dans une poche de chemise. Puis il ajuste son sac à dos et se met en marche vers l'est, les yeux plissés, droit vers le soleil qui rase encore l'horizon.

Pour Maelo, un immigrant peut être égaré, confus, réticent, épuisé, exploité, peut refuser de s'adapter, sombrer dans la déprime, croupir dans la nostalgie - mais jamais il ne doit s'abaisser à être orphelin.

Joyce a l'impression de vivre en marge d'un monde précieux et insaisissable. De l'autre côté de cette fenêtre, les évènements se produisent par eux-mêmes, sans que l'on puisse les arrêter ou influencer leur logique propre. Chaque seconde, chaque instant se déroule pour la première et la dernière fois. Impossible d'interrompre ce processus, de revenir en arrière ou d'enregistrer une copie de secours.

La respiration de Joyce couvre la vitre de buée. Le monde extérieur estompe lentement, la réalité semble de plus en plus relative. Elle essuie la fenêtre avec sa manche. De l'autre côté de la rue, la fillette hirsute a terminé ses devoirs de mathématiques et elle range ses cahiers dans un sac à dos aux couleurs vives.

Rendez-vous sur Hellocoton !
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :