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Dis raconte moi une histoire (suite)

 20h15 sonnait déjà quand je franchissais la porte du restaurant. Mon amie devait être arrivée à l'heure comme à son habitude. Je ne me ferais jamais à l'idée du concept de ponctualité. on m'avait souvent répété que même à l'heure de ma mort, j'aurais le culot d'arriver en retard. je leur répondais avec un aplomb sans faille que je gagnerais au moins cinq minutes de vie en plus. Je pense que cette réplique avait le don d'agacer tout le monde mais elle avait aussi le don de stopper la conversation quant à mes bonnes manières ou mon manque totale d'éducation.

 je m'approchais du maître d'hôtel afin que celui m'indique la table où mon amie avait sûrement commandé l'apéritif. Elle connaissait mes choix en matière d'alcool. je ne faisais guères dans l'originalité, une coupe de champagne brut. Pour elle,elle avait sûrement pris un Manhattan, c'est ce qui se buvait dans la jet-set actuellement. Donc quand on côtoie ce monde, il faut suivre la mode qui peut changer le matin même, souvent quand une V.I.P. avait pris une cuite la veille et qu'elle avait du mal à sans remettre. On lui conseillait de changer de breuvage, aussitôt elle obtempérait et une nouvelle mode était lancée. Trop de stress pour rester dans le monde in. Mon amie Stella ( de son vrai nom Suzette comme les crêpes avait dit son propre père restaurateur de son état) était devenue in dans le jargon du monde de la mode.

 Le maître d'hôtel, coincé dans son costume trois pièces, me demandait d'épeler mon nom afin de commettre aucune erreur. Je prononçais mon patronyme avec conviction et intonation "Sophie Leauclaire" Certes rien d'original mais facilement repérable dans toute la liste des Stella, Brenda,Brendon,John... et j'en passe. Je reconnais sans ambages qu'il ne sonne pas star américaine ou vedette de téléréalité. Après avoir compulsé sa liste, il me fit signe de le suivre. Ce que je fis avec légèreté et grâce (oui, je ressemble parfois à une femme du monde) pour mettre en lumière ma tenue vestimentaire qui m'avait coûté la bagatelle d'un  demi salaire. Quand on aime le luxe, on ne compte pas.

 Arrivée à ma table, je fus surprise de ne point voir mon amie assise. Je demandais au serveur si mon amie avait laissé un message à mon attention. Sa réponse fut nette non. intuitivement, je dégainais mon portable dernier cri, pianotais sur le clavier tactile afin de faire défiler les derniers messages, aucun provenant de Stella. Je décidais de l'attendre, pour la première fois les rôles étaient inversés....

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Le parfum: Patrick Süskind

Y a quelqu'un qui m'a dit de lire


"Le parfum, histoire d'un meurtrier" de Patrick Süskind



 Ce9782253044901 roman est une quête initiatique, un  parcours emblématique, celle d'un homme à la recherche d'une identité.

Cette identité ne prendra naissance que dans la mort et la possession du parfum de l'autre.

Que ferions-nous si nous étions inodore donc irrémédiablement banni du monde?

Ces crimes vous semblent-ils banals quand leur but suprême est d'exister?

Nous vivons, malgré notre intelligence, dans un monde animalier. Dans chaque phrase de ce roman s'évapore nos odeurs celles que nous avions oublié et qui nous ont permis d'exister mais aussi l'absence de parfum qui nous ferait commettre l'irréparable.


Voici quelques citations tirées du roman:


" l'évidence du parfum possède une conviction irrésistible, elle pénètre en nous comme dans nos poumons l'air que nous respirons, elle nous emplit, nous remplit complètement, il n'y a pas moyen de se défendre contre elle."


" Le parfum réel s'use au contact du monde. Il est évanescent!"

 


" L'odeur humaine est toujours charnelle, c'est donc toujours une odeur de péché..."


Y a quelqu'un qui m'a dit de voir le film


"Le parfum" de Tom Tykwer sortit le 04 octobre 2006


 le.parfumCe parfum, ces odeurs malgré le travail fourni par les acteurs, ne transpirent pas dans son adaptation cinématographique. Le réalisateur s'attache aux actes importants du roman et en suit l'intrigue. Mais celle-ci ne se résume pas à une suite d'assassinat. L'acteur Ben Whishaw n'est pas assez anodin pour représenter Jean-Baptiste Grenouille, un être sans couleur car sans odeurs.

 

Je vous laisse juger par votre propre ressenti et par vos propres goûts.

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Les bleus

Désolée les gars, je ne voulais pas vous accabler.

Mais vous avez vraiment abusé.

Vous n'avez plus qu'à vous excuser,

devant votre public humilié!


Et un et deux et trois, zéro!

vous êtes devenus ces zéros!

En 1998, vos coéquipiers nous ont fait rêver, vibrer.

En 2010, il ne nous reste plus qu'à vous blâmer.


Les zéros se sont alignés sur vos chèques,

pour revenir avec des échecs.

Vous étiez notre porte drapeau

Avec vous, la nation est partie en flambeau!


Vous répondez aux questions des télévisions en fanfaron.

Alors que, dans les vestiaires, vous insultez sans contre-façon!

Cessez la mascarade!

On vous a pris en embuscade.


Trop individualiste pour jouer en équipe,

trop payé pour être compétitif,

Allez expliquer, dans les cités, à nos gamins dubitatifs

qu'il faut respecter les règles pour être toujours combatifs.


Ne vous rejettez pas le ballon,

celui qui n'a jamais touché vos talons!

Vos maillots n'ont pas l'odeur de la sueur,

mais bien celle du déshonneur!


Pour toute une génération, vous étiez des exemples,

Vous devenez des exceptions!

Entraîneur et joueurs vous n'en possédez que le titre!

Sur vous la France clôt le châpitre!




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Soi retrouvé

La mort est une fin en soi

quand le soi n'existe plus.

Plus un son, plus un souffle,

que les pleurs de ceux qui

sont encore présents.

Présents dans cette obscurité

qui n'est qu'un absurde désir de fuite.

Fuite d'une vie trop dure

trop compliquée pour ceux

qui ont cessé de s'aimer.

Le soi n'a laissé qu'un corps

sans âme à qui on s'évertue

de donner un air vivant.

Corps froid, rigide, livide sans passion.

Cette passion qui avait déjà

quitté ce corps depuis des années.

Immobile, inerte mais enfin en paix:

Soi retrouvé

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Dis raconte moi une histoire (suite)

Moi, je n'espérais qu'une fin de journée.

 Après des heures difficiles à la recherche de l'inspiration, la fin de journée commençait à poindre. Certains rangeaient leurs affaires afin de faciliter le passage de la femme de ménage, d'autres moins sympathiques prenaient leur veste en laissant le soin à l'employée (payée pour cela) d'effectuer la corvée. Chacun allait de son commentaire sur les caprices de la météo. Je les observais avec un léger rictus. On se serait cru dans une maison de retraite où chaque pensionnaire donnait son avis sur les effets climatiques et le dérèglement de celui-ci: "ma pauvre Lucette, on n'a plus de saison!". Je m'éloignais sans dire un mot. A la sortie de l'immeuble, je remontais le col de ma veste car je détestais sentir la pluie ruisseler le long de mon cou. Je baissais les épaules afin de protéger mon visage. L'arrêt de bus était situé à quelques encablures de rue, assez loin pour que je sois trempée au moment de monter dans celui-ci.


 Arrivée devant mon immeuble, je fouillais dans les poches de ma veste qui n'avait pas eu le temps de sécher afin d'y dénicher les clefs de mon appartement. Il y avait bien des années que j'avais cessé de les mettre dans mon sac car je perdais mon temps à les chercher et je finissais par vider mon sac sur le trottoir.

 Au moment où j'allais introduire la clef dans la serrure, la porte se dérobait pour laisser place à un bel inconnu, que je faillit embrocher. Il me salua et disparut au coin de la rue. Un peu perturbée par cette apparition, j'entrais dans mon appartement, j'ôtais mes souliers qui n'en portaient plus que le nom mais n'en avaient plus du tout l'aspect. Je filais sous la douche à la fois pour me réchauffer mais aussi pour me préparer car le temps filait à grand pas. Ensuite, je glissais dans une petite robe Victor&Rolph  et des chaussures Galiani. Un dernier regard sur ma montre et une dernière retouche de maquillage, je montais dans un taxi qui filait déjà vers mon rendez-vous....

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Réunion d'hypocrites

Arrêtons les bavardages inutiles autour de ton tombeau.

Cessons les balivernes,

endiguons le fléau des mots inproductifs,

balayons la nécessité de se lamenter,

sur les tombes de tous nos semblables.


Je ne blâme personne

pour qui le glas sonne.

A l'heure de la mise en bière,

il n'y a pas de quoi être fière

de son passage éphémère sur terre.


Homme! tu ne sèmes que désolation et misère.

Mais à l'heure du bilan,

ce n'est guère brillant.

Tu n'as pas su aimer

mais tu t'es idolâtré.


Je ne vous accable pas

vous qui respirez ici-bas.

Continuez de gravir l'échelon social

au nom d'un idéal aujourd'hui glacial.


Sur ta pierre tombale

toujours les mêmes inscriptions banales.

Toujours les mêmes couronnes fleuries

qui encombreront cette pierre aprauvrie.


De retour à la terre,

saches que tu n'avais qu'une seule chance,

de rendre ton passage riche en abondance.

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Le Dicton de Léon

L'art doit être un acte de réflexion et non une contemplation de soi.

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