Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le Dicton de Léon

La reconnaissance de ton prochain ne doit jamais nuire à ta propre personnalité.

Voir les commentaires

Dis raconte moi une histoire (suite)

 Je restais incrédule dans mon fauteuil. J'étais dans une impasse: que croire? surtout qui croire? Il fallait réfléchir encore et encore à tous les scénarios possible. Ne pas céder à des conclusions hâtives ou des hypothèses douteuses. Il fallait rester objective, mais face à ce débordement d'informations, de faits nouveaux et aussi de doutes; la panique reprenait le dessus.

 La première chose à faire mettre mon revolver dans mon sac avec ses munitions, fermer la porte à clef (était-ce nécessaire car mon visiteur était entré sans laisser la moindre trace d'effraction?), agir comme un vrai détective sans les outils. Je pris donc un sac de congélation, une paire de gant mappa pour garder les empruntes que l'homme avait laissé sur la tasse. Il fallait que j'en sache beaucoup plus sur cet individu qui connaissait Stella aussi bien que moi. Certes il pouvait être un de ses amis ou un de ses ennemis, à ce stade de connaissance, je ne pouvais le définir dans telle ou telle catégorie.

Je me demandais comment j'allais demander à mon voisin inspecteur de vérifier l'identité d'un tueur à gage. Plus je réfléchissais, plus mes paupières étaient lourdes.

 Je me réveillais en sursaut quand j'entendis carillonner à ma porte. Je regardais l'heure et constatais qu'il était déjà huit heures. J'avais du m'assoupir. J'ouvrais la porte encore dans un léger brouillard. C'était monsieur Stylet, fraîchement rasé et en pleine forme. Je lui proposais de prendre un café. Il accepta, s'installa sur un tabouret dans la cuisine. Il prit de mes nouvelles. Je lui confirmais que j'avais peu dormi et que j'avais pas mal cogité. Il me proposa de l'accompagner sur cette enquête, je devenais son assistante. Il me conseilla de prendre une douche et de me changer car nous allions immanquablement rencontrer des personnes importantes qui côtoyaient mon amie. Dans ce genre de milieu, on doit d'être correctement vêtu. Il n'avait pas tord. En un  tour de main, je me transformais en femme du monde sans excès. Ma tenue eue l'air de lui convenir.

 Nous devions en premier lieu repasser au commissariat pour collecter des informations quant aux circonstances du décès. Je pensais à glisser le verre dans mon sac. Durant le parcours en voiture, je me motivais pour garder mon sang froid devant le corps meurtri de mon amie. Arrivé dans le hall du commissariat, nous nous dirigeâmes directement à l'accueil, monsieur Stylet me fit faire un badge me permettant de circuler librement dans ce lieu d'investigation. Devant la porte de la morgue, je pris une grande bouffée d'oxygène sous l'oeil dubitatif de l'inspecteur. Il devait penser que j'allais encore me retrouver dans ses bras. Mais, cette fois-ci j'étais prête à tout affronter. Nous saluâmes le même médecin qui nous avait reçu la première fois. Il me regarda longuement. L'inspecteur lui confirma que je participais de très prêt à l'enquête, qu'il pouvait me faire confiance et me donner toutes les informations concernant cette affaire. Il sollicita mon approbation quant au fait de découvrir le corps. J'acquiesçais après un dernier regard au sol. Il le fallait, je devais revoir les coups portés et en connaître le nombre, l'objet qui avait été utilisé et les raisons de cet acharnement....

Voir les commentaires

Dis raconte moi une histoire (suite)

 Je le regardais fixement attendant le début des histoires qu'il avait à me raconter. Il me regarda à son tour et enfin me donna son nom. Il se prénommait Gustave Rutrop et avait comme activité tueur à gage. Mes yeux soutenaient son regard.

Il avait été engagé par une personne que fréquentait Stella et ils s'étaient rencontrés lors de soirées très branchées.

Il précisa que tous deux détonnaient dans ce monde de luxe. On sentait qu'ils avaient besoin d'être reconnus.

- "je me souviens de la première fois que nous nous sommes rencontrés: je venais de finir un contrat au Zaïre, un très beau pays. Elle m'a abordé avec son petit sourire en coin. Elle était très jolie. Nous avons sympathisé tout de suite. Je vous rassure nous étions des amis. Elle connaissait mes activités et ne me jugeait pas. Nous passions des soirées à nous raconter nos vies. Vous vous doutez bien que c'est pour cela que je connais votre existence et le lieu où je pouvais vous rencontrer.

- Si vous étiez d'aussi bon ami, pourquoi j'ignorais votre existence avant que vous ne débarquiez dans la mienne?

- Stella était assez cachottière, mais elle m'avait donné vos coordonnées au cas où un incident se produirait.

- un incident! le mot est faible! Je vous rappelle qu'elle est morte, elle n'est pas partir faire une ballade!

- Je sais ce qui est arrivé, mais j'ignorais qu'elle avait de si gros ennuis, sinon je me serais chargé moi-même de réduire à néant ces tueurs.

- Ce sont des barbares, mutiler son corps à ce point!

- Je n'ai pas vu le corps, mais c'était aussi terrible que cela?

- Oui! j'en suis encore retournée. Je n'ai pas pu soutenir mon regard et j'ai perdu connaissance.

- Il faudrait que je puisse le voir.

- Bien sûr, on va entrer discrètement dans un commissariat plein de flics, leur dire que vous êtes un tueur à gage et que l'on veut voir le corps de mon amie qu'un de vos congénères à vider de son sang!

- Non, il faut faire cela de façon plus anodine. Il faut que je reconnaisse le travail pour trouver le barbare et lui régler son compte.

- Je suis d'accord qu'on lui règle son compte! mais qu'est ce que je raconte. Il y a un commissaire qui est chargé de mener l'enquête et il a l'air de prendre l'affaire au sérieux. On pourrait aller le voir, il habite deux étages plus haut?

- je ne suis pas encore prêt. Je vais voir si je peux obtenir des informations complémentaires via mes connaissances. Vous ne lâchez pas le commissaire d'un pas et on se retrouve chez vous pour confronter nos indices.

- et si j'ai besoin de vous, je siffle et vous apparaissez! Qu'est-ce qui me dit que ce n'est pas vous le tueur?

- Ma parole et celle d'un tueur est d'or. A plus, il faut que je parte.

- Au revoir."

 

Le temps de finir ces mots, la porte s'ouvrait et se refermait sans un bruit.....

 

Voir les commentaires

Dis raconte moi une histoire (suite)

 En traversant le hall de notre immeuble, je me souvenais de ma petite boite fleurie posée, avec désinvolture, sur la table. Il fallait éviter qu'il pénètre dans mon appartement ou la ranger sur un autre meuble en toute banalité. Je n'eus pas la nécessité de mentir car arrivés devant ma porte, il me fit les recommandations d'usage: fermer la porte à clef, ne pas répondre à n'importe qui et surtout le prévenir au moindre élément susceptible de faire avancer l'enquête. Il me fit remarquer qu'il ne sortirait plus cette nuit et que le numéro de son appartement était le numéro 13. Il me fit un dernier sourire avant de disparaître par la porte de l'escalier.

 Je glissais la clef dans la serrure avec hésitation. Je tremblais, pas un frisson d'angoisse mais un frisson de pressentiment. Je fermais la porte derrière moi et je glissais le long comme épuisée, incapable de soutenir mon corps affaibli par tant de panique. Je fermais les yeux et laissais couler des larmes sans prendre la peine de les sécher.

 Quand une main caressa ma joue, je fis un bond, mes yeux s'ouvrirent et un faible son sortit de ma bouche. Celui-ci fut étouffé par cette même main qui venait de me caresser ma joue avec délicatesse. L'homme me fixait et me fit signe de ne pas crier quand il enlèverait sa main. J'acquiesçais mais à peine commençait-il à l'ôter que j'émettais un autre son plus aigu. Il me prévint qu'il était là dans mon intérêt, que s'il avait voulu mettre fin à mes jours, mon compte aurait été réglé depuis belles lurettes. Je réfléchis et fis signe que je ne crierais pas. Il enleva délicatement sa main. Je constatais que celle-ci aurait pu me broyer le cou sans que j'émette aucun bruit. Son visage me sembla moins ingrat. Il m'aida à me relever. Je lui demandais ce qu'il faisait chez moi, comment il était entré, pourquoi il la persécutait. Toutes ces questions se bousculaient dans ma bouche. Il me regarda et attendit que je reprenne mon calme. Je me tus enfin et il me demanda de faire du café car l'histoire risquait d'être longue.

 Après un temps de répit, lié à la préparation du café, je lui tendis sa tasse bouillante d'où s'échappait une légère fumée. Je le fit s'asseoir dans un fauteuil et m'installais en face pour ne rien perdre de la conversation.

 Il prit une grande gorgée de café et fit une grimace. J'avouais que je ne savais pas faire le bon café. Cela détendit l'atmosphère qui devait insupportable....

Voir les commentaires

Y a quelqu'un qui m'a dit

Y a quelqu’un qui m’a dit de lire:

"Hors de moi" de Didier Van Cauwelaert


001-copie-1
Un homme sort du coma, rien d’extraordinaire vous me direz, mais celui-ci est persuadé d’être Martin Harris. Une exception de taille car cet homme existe déjà. Il va se mettre en quête pour révéler sa propre identité. Difficulté impressionnante, quand la vie quotidienne se ligue contre vous. Les souvenirs se mêlent à la réalité, le cerveau associe des images du passé et du présent, ce qui rend la tâche encore plus compliquée. Et si la personne que vous croyez être, n’était pas la vraie, que feriez-vous?
 Le rythme des révélations donne un tempo rapide au roman.

Quelques citations tirées du roman:

« Je marche comme un automate entre les gens pressés et les touristes, cherchant malgré moi un visage connu, un commerçant qui m’aurait vu avec Liz, n’importe quel témoignage auquel me raccrocher »

« D’où votre illusion aujourd’hui de posséder la « mémoire complète » de l’homme sur lequel vous avez effectué un transfert »

« Un souvenir peut être trompeur, on peut interpréter la réalité, se raconter des histoires, mais pas quand cela touche aux repères essentiels d’une vie, aux détails qui les soutiennent »

Voir les commentaires

Les Yeux jaunes des crocodiles

Y a quelqu'un qui m'a dit de lire

 

"Les Yeux jaunes des crocodiles" de Katherine Pancol

 

001

Destin de femmes ou le désir d'exister dans une rage de vaincre l'adversité. Deux soeurs que tout oppose, vont se retrouver autour d'un but commun "un livre". Cette écriture permettra à l'une, experte en XIIème siècle de s'émanciper et l'autre d'admettre qu'elle n'existe qu'à travers les projecteurs braqués sur elle. Les projecteurs mettront la lumière sur l'échec de sa vie. Les rôles s'inversent. Les personnages secondaires ont une place importante dans ce roman et pourraient, à eux seuls, être des héros.

Katherine Pancol décrit avec minutie et clairvoyance les relations homme-femme.

Dans chacun de ses personnages, vous découvrirez une partie de vous même que vous ignoriez. La détermination de chaque femme ne vous laissera pas de marbre.

 

Voici quelques citations tirées du roman:

 

"Ne pas perdre le sens du temps qui passe et se dépense sans qu'on y fasse attention"

" Je ne crois pas à Internet, je crois à la vie, à la chair de la vie, je crois au désir que la vie charrie, et si le désir se tarit, c'est que tu n'en est plus digne"

" Y a que nous, les petits et les humbles qui connaissons cette prosternation devant l'argent! On ne l'empoche pas comme un dû ou une rapine, on le sublime, on l'idolâtre."

" Seul l'homme qui s'est trouvé, l'homme qui coïncide avec lui-même, avec sa vérité intérieur, est un homme libre"

" c'est une personne, la vie, une personne qu'il faut prendre comme une partenaire"

 

Voir les commentaires

Dis raconte moi une histoire (suite)

 Je reprenais connaissance, allongée sur un canapé, en présence de Valentin Stylet, du docteur et d'une charmante assistante du docteur. Elle avait sans doute été appelée d'urgence car les hommes dans cette situation ont toujours besoin d'une aide féminine. Elle m'avait fait respirer des sels qui éveillaient les sens. Je la remerciais d'un sourire ou d'une grimace, je l'ignorais. Elle s'éloigna pendant que je me remettais de mes émotions. Je m'en voulais d'avoir eu cette réaction mais je n'avais pas l'habitude de voir des cadavres et encore moins celui de mon amie.

 Le docteur avait pour consigne de découvrir que le visage de mon amie, mais il avait retiré le drap jusqu'à ses pieds. Je ne pus soutenir mon regard sur ce corps lacéré. Je restais figée sur la vision de ce corps si parfait et réduit à néant par un fou sanguinaire. Son visage était resté intact, on avait la sensation qu'elle se reposait. Son visage angélique s'opposait à cette vision d'horreur. Je ne pouvais dénombrer le nombre de blessures qui jonchaient ce corps, jadis splendide et qui avait fait beaucoup de jalouses et de jaloux.

 L'inspecteur tentait de savoir si j'allais bien. Questions stupide, j'étais dans un état second. Je ne comprenais pas, j'avais envie de hurler ma rage mais plus aucun son ne pouvait sortir de ma gorge nouée par le chagrin, l'incompréhension et la panique. Il me souleva par le bras, passa son bras sous ma taille pour me soutenir et me conduisit dans son bureau en utilisant, cette fois, l'ascenseur. Il me vautra dans le premier fauteuil de son bureau, se dirigea vers une armoire, versa dans un verre un breuvage ambré qu'il me tendit. Je pris le verre dans mes mains tremblantes que j'avais des difficultés à maîtriser. Il m'ordonna d'un ton doux de le boire, cela allait me remettre d'aplomb. Je portai le verre à mes lèvres et bus une grande lampée. L'alcool me brûla la gorge et parcourut tout mon corps, ce qui me réchauffa et me fit sursauter, surprise par la force de ce whisky. Monsieur Stylet me souriait pour me réconforter. Il décida de me raccompagner chez moi, afin que je dorme un peu. Il me poserait des questions plus tard. J'avais besoin de m'éclaircir les idées et surtout de me remettre du choc.

 Nous prîmes sa voiture, une peugeot RCZ, noire, féline qui lui ressemblait. Cette voiture possédait une puissance et un charisme qui ne laissait pas de marbre. Je me demandais comment un inspecteur pouvait s'offrir un tel engin. Il répondit à la question sans que je lui aie posé, sans doute parce qu'il avait vu mon visage prendre son air interrogateur. Il fallait impérativement que j'arrive à maîtriser mon sourcil droit qui montait sans que je le contrôlasse quand j'émettais un doute sur quoique ce soit. Il me confirma qu'il était le directeur de cette grosse brigade et qu'il était issu d'une famille très fortunée. Cette réponse suffit à me rassurer, momentanément....

Voir les commentaires

Dis raconte moi une histoire (suite)

  Remise de ma première émotion, je saluais le malotru qui n'avait pas daigné tenir la porte de l'ascenseur de mon immeuble. Je constatais que la toute première impression qu'il m'avait donnée n'était pas erronée. Il était assez joli garçon et devait savoir en jouer. Mais cette image avait été gommée par sa muflerie. Je ne l'aurais jamais imaginé inspecteur mais plutôt cadre dans une grande société. Le vieil adage dit toujours l'habit ne fait pas le moine mais de nos jours les tenues vestimentaires étaient un moyen de se montrer et surtout d'être apprécié. Il me fixait depuis quelques minutes et décida enfin à me poser les questions d'usage.

 Je déclinais mon identité, mon lieu d'habitation (qu'il connaissait déjà) et commençais à raconter mon aventure. Il ne posa aucune question jusqu'à la fin de mon récit. J'évinçais le passage du beretta, ce n'était après tout qu'un petit mensonge par omission.

 Il me demanda de lui confier la photographie afin de compléter son dossier. J'étais étonnée par la rapidité avec laquelle j'avais été reçue. Je lui demandais de quel dossier il parlait.

Il prit un air sombre et s'approcha de moi. Il s'assit sur son bureau en bois d'ébène et se pencha dans le but de me faire une confidence. J'avais envie de lui dire qu'il pouvait parler sans crainte car même si j'avais hurler à me rompre les cordes vocales, personne ne serait venue me secourir. Je me courbais aussi afin d'entendre distinctement ce secret.

 -" je suis désolée de vous informer de cette terrible nouvelle: le corps de votre amie a été découvert dans une ruelle sombre. Nous ignorions son identité car nous n'avions pas retrouver de papier d'identité près d'elle.

- vous êtes sûr que c'est elle?

- maintenant que j'ai la photo entre les mains, j'en suis convaincu": son visage avait recouvert un air triste et de compassion.

De la compassion, j'en avais nul besoin. Mon amie était morte et je n'avais pas pu la sauver. J'étais anéantie, bouleversée. Elle m'avait demandé de l'aide et j'avais été incapable de la secourir. Après un long sanglot étouffé au fond de ma gorge, les yeux rougis de larmes, je tirais une force méconnue de mon être pour lui poser à mon tour quelques questions. Je voulais savoir ce qu'il s'était passé mais je me heurtais à un mur qui ne répondait que par haussement d'épaule. A la fin de ma série de questions, je me situais au même point de départ sur cette ligne d'infinie possibilités.

Je lui ordonnais de me montrer le corps dans le but de confirmer qu'il s'agissait bien de Suzette, ma Stella.

 Il se leva, me tendit un mouchoir et me prit le bras. Nous nous dirigeâmes vers une porte dérobée que je n'avais point remarquer lors de mon entrée. Un petit escalier exigu nous mena directement dans les sous-sols du commissariat.

L'inspecteur Stylet Valentin ouvrit une porte métallique et me la tint pour que je puisse passer. Cet excès de gentillesse lui donnait un air sympathique. Nous entrâmes dans une pièce où une lumière violente m'aveuglais. Il faisait horriblement froid car dans une morgue la température doit être inférieure à zéro degré afin de conserver les corps dans le meilleur état possible. L'inspecteur appela un docteur en criminologie afin qu'il découvre le visage de la dernière victime arrivée durant la soirée. Je pris une énorme bouffée d'air et fis signe que l'on pouvait ôter le drap. Une chaleur envahit mon corps et une lueur sombre encombra ma vision.

 

Voir les commentaires

Le Dicton de Léon

La Passion de l'écriture

se réduit-elle à une simple aventure?

Voir les commentaires

Dis raconte moi une histoire (suite)

J'étais enfin prête. J'avais posé la boîte fleurie de ma mamie avec son contenu en évidence sur la table. Préalablement, je m'étais assurée que mon beretta était bien chargé et que j'aurais assez de munition au cas où la guerre serait déclarée. J'avais fait confiance à mamie qui avait eu l'intelligence d'acheter deux boîtes de cartouches (une femme prévoyante, il faut aussi savoir qu'elle avait vécu durant la guerre). Je buvais un dernier café et je sortis.

 De nouveau sous la pluie, je me dirigeais vers le commissariat de mon quartier. C'était un commissariat fraîchement rénové. Il avait sûrement du faire partie de la liste de ceux à rénover en priorité.Je me postais devant et remarquais qu'il était fermé. Je fus forcée de constater que ce service public et de sécurité avait des horaires définis et que malheureusement il y avait des horaires définis pour se faire braquer, violer ou tabasser. Passez 22 heures, il nous était conseillé de nous rendre dans un autre commissariat d'un autre quartier. Ma tension avait gravi un échelon supérieur.

Je me concentrais de nouveau pour visualiser la carte qui nous indiquait où nous étions (le gros point rouge vous êtes ici: sans blague, merci de l'info!) et je regardais le parcours à suivre pour atteindre mon autre destination (ils auraient pu aussi indiquer les horaires d'ouverture afin que les malfrats puissent commettre leurs larcins sans être perturbés par le bruit des sirènes: le service public n'est plus ce qu'il était!). Je repartais avec un sentiment de mépris. Il fallait que je relativise, je n'allais sans doute pas être au bout de mes surprises.

 Tourné enfin à droite, mon GPS avait parfaitement fonctionné; pas que je doutasse de mon intellect. mais comme j'étais assez perturbée par ma journée qui ne s'achevait pas, des doutes pouvaient apparaître. Arrivée devant un grand escalier impressionnant du même type de ceux des tribunaux, je marquais un temps d'arrêt. Il fallait vraiment avoir quelques choses d'important à déclarer pour gravir les marches. c'était mon cas. Je pénétrais dans un hall de type grec, ses colonnes d'origine qui soutenaient l'édifice avaient le don d'impressionner. Mes pas m'emmenèrent jusqu'au guichet principal où une brigade entière s'était, sans aucun doute, donné rendez-vous. Une personne devant moi répondait aux questions posées par l'agent. Un autre agent se déplaça dans ma direction et me convia à venir me présenter.

-" Bonsoir, Madame

- Bonsoir, Madame l'agent, Je me présente je suis Sophie Leauclaire et ce que j'ai a déclarer est assez particulier.

- Racontez-moi et je vous dirigerais vers la personne qui sera à même de vous aider"

 Je racontais le début de mon histoire, quand la policière, charmante avec ses jolis yeux noirs, arrêta mon récit. Elle prit le téléphone, composa un numéro interne, expliqua brièvement ma situation. La fin de sa conversation était ponctuée que d'affirmation. Elle raccrocha, me sourit et me demanda de la suivre. Elle me fit patienter dans un couloir qui desservait un nombre impressionnant de bureau capitonné (on aurait pu tuer un homme sans silencieux, personne n'aurait entendu).

L'attente fut longue avant qu'une jeune secrétaire ne me fit entrer dans un superbe bureau feutré. Je m'installais dans un fauteuil confortable, la secrétaire me proposa un café que j'acceptais avec empressement. J'étais, une fois encore, seule avec mes angoisses. Au bout de quelques minutes, la porte derrière moi, s'ouvrit. Un frisson parcourut mon échine, mais je me contrôlais. Il ne pouvait rien m'arriver dans un bâtiment policier. Je laissais la personne traverser le bureau avec  nonchalance. De dos c'était un homme, il ne portait pas d'uniforme mais avait une carrure impressionnant (pas celle d'un bodybuilder mais une jolie musculature). Il se retourna pour prendre possession de son fauteuil. La surprise fut impressionnante à la fois pour moi mais aussi pour cet inspecteur....

Voir les commentaires