Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Fairytail : Hiro Mashima

 BD-0005.jpgLe manga est une bande dessinée japonaise qui répond à des caractéristiques particulières issues de la culture japonaise moderne.

 J'ai découvert une série de manga plébiscitée par la jeune génération, les 10-12 ans, : Fairytail de Hiro Mashima. Le concept est particulier: le livre se lit à l'envers. Cela est assez perturbant au début de la lecture puis cela devient un véritable jeu.Mais par ce choix, le lecteur respecte le sens de lecture japonais (précision donnée par l'auteur)

Hiro Mashima explique à la fin de son premier volume qu'il indiquera à son lecteur ses techniques de travail et ses choix d'aventures.

 

 Cet auteur emmène son lecteur dans un monde imaginaire agrémenté de magie.Natsu et son chat Happy doivent mettre hors d'état de nuir Salamander. Ils rencontrent dans cette aventure une jeune fille prénommée Lucy, magicienne de son état, qui désire appartenir à une guilde. Par "guilde", l'auteur définit des associations permettant aux magiciens d'exercer leur art pour rechercher des objets ou régler des comptes. La plus célèbre et la plus controversée porte le nom de Fairytail. Natsu est un fidèle membre de ce groupe. Cette confrérie élucide des crimes et résout les problèmes des citoyens

 

 Les traits des personnages sont succints, fins. La bande dessinée a pour couleur: le noir et le blanc. Les dialogues sont rapides,courts, dynamiques pour précipiter le lecteur dans la rapidité de l'action.

 

Le livre est composé de plusieurs chapitres qui décrivent chacun une aventure particulière. C'est assez intéressant de se laisser embrigader dans une guilde de magicien.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Marie chez les nudistes #20

 Après deux heures harassantes de dandinage de popotin, je rejoins avec difficulté ma chaise. J'ai droit enfin de boire pour me désaltérer. Mes demoiselles (rarement des dames quoique maintenant on doit dire pour tous les membres du sexe féminin : madame), je vous félicite du courage que vous mettez à faire vivre vos défilés. Je sais aujourd'hui que ce métier n'est pas pour moi. Bon, je conçois que je le savais depuis que ma taille pantalon frôle le 46. Je ne suis pas sensée ignorer qu'il existe des mannequins pour femme forte. Mais ma décision est prise et irrévocable : ce défilé sera le premier et le dernier.

 Séverine décide de faire les dernières finitions. La "french" aux pieds et aux mains, c'est mieux d'être coordonnée. Ce n'est tout de même pas l'élection du meilleur maquillage de clown. Elle me vaporise une brume légère qui est aussi un fixateur de maquillage. Les détails fignolés, l'équipe peut affronter la scène.

 Pourquoi doit-on venir une heure avant le début du spectacle ? Le roi de la scène donne son explication. Les candidats d'un soir doivent répéter afin d'éviter les catastrophes. Il commence par distribuer des pancartes avec des numéros qui permettent de définir un ordre de passage. Heureusement, que l'organisation n'avait pas eu l'idée saugrenue de nous peindre le chiffre sur la fesse, car j'aurais eu le sentiment d'un veau qui part pour l'abattoir.

 J'ai le ventre qui gargouille, les mains moites. Je transpire. Il faut que je me canalise car le spectacle ne débute que dans une heure. J'obtiens le numéro neuf. Nous sommes une vingtaine sur l'estrade. Tous les styles sont représentés. Je souris à des concurrentes qui se présentent dans la même catégorie que moi. Aucun sourire en retour. La concurrence va être rude. J'entends mon numéro, fais un tour et retourne à ma place. La chorégraphie s'enchaîne.L'organisation est assez satisfaite et nous renvoie en coulisse.

 J'ai envie de faire pipi. Vue la file devant les toilettes, je ne suis pas la seule prise d'angoisse. Le temps se fait long. J'ai la main sur la clenche de la porte du trône quand l'animateur nous rappelle sur scène. Dilemme dans ma grosse tête, pipi toilette ou pipi sur scène. Pas le temps de donner ma réponse, une animatrice me saisit par le bras et m'ordonne de rejoindre le groupe. Il faut que je tienne le coup.

 L'animateur, sur une musique tendance, lance l'élection. Sa voix est passionnée. Il fait hurler la salle pour contrôler que son applaudimètre fonctionne. Il annonce la première candidate qui a l'habitude de défiler, elle se dandine, sourit, effectue un demi-tour avec grâce. J'ai envie d'applaudir mais ce n'est pas mon rôle. Elle obtient un bon score.

 Les filles enchaînent, j'ai franchement des difficultés à me concentrer. Le public scrute chacun de nos gestes, notre manière de nous tenir en attendant notre tour. Je me tortille, j'ai des difficultés à soutenir tous ces regards. J'ai chaud puis froid. Cette envie d'uriner ne cesse de me hanter. J'ai des crampes à l'estomac. C'est une sensation pire que de passer le BAC. Au moins aux épreuves du baccalauréat, les candidats sont habillés. (cela rapporte des points). Ici aucune sortie de secours.

 Je sors de ma rêverie quand la candidate numéro 8 tombe sur l'estrade. Elle en perd sa pancarte. Je constate qu'elle porte des talons plus hauts que les miens. Je pensais avoir opté pour des échasses mais il existe le modèle double échasse, réservée à la gazelle de compétition.

 Une fois, la jeune dame sortie sur un brancard, mon numéro résonne. Je prends une grande bouffée d'oxygène et me lance. Je suis fière, le port de tête très haut (n'est pas girafe qui veut), je regarde le public que je ne vois même pas. Je souris de toutes mes dents "ultrabrite", je marche en cadence, au rythme de la musique. Je m'autorise un demi-tour sans tomber, ni vaciller. Je retourne à ma place, soulagée et heureuse.

 Le reste du défilé se passe agréablement. Je regarde la bande qui me soutient. J'ose même faire un signe. Je deviens une habituée de la scène. Le public nous remercie de notre participation. Nous attendons encore quelques minutes pour connaître les résultats. Des candidates se regardent de manière hostile. Est-il nécessaire de les informer que ce défilé n'apparaîtra pas sur leur CV pour une future embauche ? A moins de postuler pour un travail nécessitant ce style de compétences. Mais dans ce genre de job, on juge sur pièce. Je ne figure pas dans leur angle de mire car je ne suis pas une adversaire redoutable.

 L'animateur annonce enfin les résultats. Dans ce genre de cérémonie, le présentateur débute par le plus petit prix pour finir par la reine du bal. La quatrième dauphine est le numéro 9. Bêtement, je cherche la numéro 9 et constate que l'on vient me chercher. Je souris comme une bécasse. Je suis devant mes camarades. Puis, les trois autres dauphines sont nommées. Elles sont radieuses et méritent leur place. Me concernant, je doute de la qualité de l'applaudimètre qui a du avoir un haut le coeur. La reine est, comme je l'avais prédis, la première candidate. Elle reçoit une couronne, vient nous embrasser.

 Je suis aux anges, ébahie par ma victoire (qui reste douteuse)  et surtout par mes victoires. Cette élection est équilibrée quatre taille 36 et une taille 46. Les poids sont équitables. La parité doit être respectée surtout dans le show-bizz. Mes amis se jettent sur moi et me félicitent.....

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Destination cauchemar : Gudule

 Jeunesse-0004.jpg

 Gudule, en partenariat avec Dankerleroux (illustrateur), emmène son lecteur dans une histoire palpitante pour les enfants de 8-9 ans.

 Si cela est ton cas, accroche-toi ! Lola adore ses parents, mais rien ne va plus à la maison. Sa mère cache un secret, ce qui a le don d'agacer son père. Il est persuadé qu'elle a un amoureux. Lola veut percer le secret. Elle découvre, avec frayeur, que sa mère est une zigouilleuse de vampires. Sa maman s'attaque au plus connu de tous, celui qui sévit dans les Carpates: le comte Dragula. Réussira-t-elle à tuer ce monstre sanguinaire en lui transperçant le coeur avec un pieu ? Lola sortira-t-elle sans égratignure de ce cauchemar ?

 Je te laisse le soin de le découvrir.

 Attention, méfie-toi de tes rêves qui peuvent se transformer en cauchemars ! AH! ,AH!, J'entends les pas du bossu qui traine dans le corridor, cache-toi avant qu'il ne te voit !!!


Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

J'ai vendu ma bagnole à un Polonais : Pierre Gagnon

 les-livres-0003.jpgVous vous demandez pourquoi ce choix de lecture et voici la réponse: j'ai été attirée par le titre "J'ai vendu ma bagnole à un Polonais". Vous conviendrez qu'il n'y a rien d'anecdotique à vendre son véhicule à un Polonais, pas plus qu'à un Libanais ou un paysan du cru. Mais, sur le chemin du retour, cette petite phrase a eu le don de titiller mon esprit en l'abreuvant de nombreuses histoires concernant cette vente.

 Pierre Gagnon est un musicien québécois, qui s'essaie à la littérature. Il est connu au Québec pour son premier livre "5-FU" et en France, particulièrement, pour son oeuvre "Mon vieux et moi" où il abordait avec délicatesse la vieillesse et ses conséquences.

 Dans ce recueil de nouvelles, Pierre Gagnon se veut plus léger. Il dépeint les évènements élémentaires d'une vie, avec ses doutes, ses erreurs. Il met en évidence les travers de l'homme. Cet auteur renvoie à son lecteur son comportement parfois fantaisiste, parfois infondé.

 Quand Il décrit les personnages, ils ressemblent au lecteur car il a rencontré cette situation à un moment donné de sa vie. A-t-il bien agi ou au contraire a-t-il fui sa réalité?

 Dans ce livre, le lecteur rencontre la mort, la sienne et celle des autres; la vie, sa contemplation ou la volonté de la vivre à toute vitesse. Les scènes décrites appartiennent au quotidien : emmener une personne âgée dans une maison de retraite, vendre sa voiture, regarder une personne différente de vous....

 C'est un moment de lecture agréable qui effleure les moments agréables de toute une vie et les accidents de celle-ci.

 

 Voici quelques citations tirées du recueil :

 

 " La réadaptation de la victime fut longue et pénible, celle du champion n'eut pas lieu. le premier termina sa course en fauteuil roulant, l'autre ne roula plus jamais."

 " Pardon pour cette belle et grande famille unie au point d'en oublier le plus discret d'entre les siens, en se contentant d'être si peu humain et si vulgairement vivante. Ainsi soit-il !"

 " Mes petits doigts s'agrippaient au grillage et, bien qu' aveuglé par le soleil montant, j'observais ces hommes tristes et malheureux, montant dans leurs voitures pour se rendre au travail. Pareils à hier, pareils à demain.

 Alors, je compris de la vie qu'il faut tout tenter pour se la faire à notre goût. Aussitôt levé !"


Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Liliane est au lycée : Norman Baillargeon

 Y a quelqu'un qui m'a dit de lire

 

 Liliane est au lycée de Normand Baillargeon

 

 les-livres-0002.jpgDurant mon adolescence, des professeurs, des intellectuels m'ont souvent reprochée de ne pas avoir de culture générale. Je ne pouvais m'indigner car la culture générale restait pour moi un bien grand mot, une bien grande énigme. Est ce que je la possède maintenant ?

 Aujourd'hui je découvre cet essai qui tente de justifier l'existence de la Culture Générale et ses limites. Normand Baillargeon, professeur à l'Université du Quebec à Monréal, enseigne à ses étudiants les sciences de l'éducation. Il est essayiste, sceptique et chroniqueur. Dans cet essai, il redéfinie la Culture Générale. Il reconnaît que la culture générale est issue de connaissances acquises au fil du temps, qui restent pour un seul homme limitées. La culture générale, malgré son nom, reste restreinte. Elle détermine des points de connaissances, des concepts, des oeuvres à connaître. Pour dresser cette liste de connaissances, une sélection doit s'opérer et elle s'effectue par le rejet de matières (qui peuvent faire partie, elles aussi, de cette culture générale). Donc des dilemmes se posent quand à la légitimité de cette culture française élitiste.

 Ce professeur reconnaît le bien fondé de chaque connaissance, si elle permet à l'homme de comprendre le monde qui l'entoure. Elle influence la manière de structurer un discours, de transmettre ses idées. Cette culture générale s'acquiert de jour en jour, en acceptant de se fourvoyer, de travailler sur des idées passées et d'intégrer des nouveaux concepts.

 "Cultivons notre propre jardin" et cessons d'accabler le commun des mortels sur son manque de culture générale, car il possède des connaissances que vous êtes susceptible d'ignorer.

 

 Voici quelques citations tirées de cet essai:


 " Mon amie Marie-France m'a raconté qu' enfant, elle n'avait pas bien compris le titre du livre dont parlait le professeur en classe : L'Iliade et L'Odyssée d'Homère étaient devenus Liliane est au lycée !"

 "Ces vertus - humilité, faillibilisme, perspective critique - sont à mes yeux parmi les plus importantes vertus que devrait procurer le fait de posséder une authentique culture générale."

 " Notre époque est pressée, mais la culture demande du temps. D'où le fort attrait de ces promesses de raccourcis qui permettraient d'acquérir rapidement de la culture générale. Mais comme on sait : il est des raccourcis qui rallongent et des avances qui donnent du retard."

 " Mais la philosophie, depuis Platon, pose la question de la nature même de l'égalité, elle a introduit pour la penser des distinctions conceptuelles incontournables qui n'ont cessé d'alimenter les réflexions de tous, y compris des économistes, des sociologues et des littérateurs.

 Le fait que les questions que pose la philosophie le soient à ce niveau, joint à celui que les réponses proposées restent typiquement ouvertes et débattues, tout cela fournit deux indications quant à la place de la philosophie dans la culture générale."


Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Seul contre tous : Hubert Ben Kemoun

 Jeunesse-0001.jpg

 Si tu es en sixième ou en cinquième au collège, ce livre est un moyen de comprendre les dégâts engendrés par une rumeur.

 Baptiste est un élève fraîchement débarqué du nord de la ville et il doit se faire de nouveaux potes dans son école primaire. Les débuts sont toujours un peu inquiétant mais, au bout de quelques heures, le nouvel arrivant discute avec de nouveaux camarades. Mais Baptiste va être condamné par des élèves pour une faute qu'il n'a pas commise. C'est grâce à sa volonté de faire éclater la vérité et l'aide d'un adulte qui réussira à faire taire la rumeur.

 Il faut que tu saches que si des enfants salissent ta réputation, il y aura toujours un adulte pour te comprendre et t'épauler. Il ne faut jamais garder le silence, il amplifie le problème.

 A l'heure d'internet, de facebook, de twitter, une petite phrase anodine ou un acte malfaisant peuvent engendrer de vrais drames. Restez vigilant sans verser dans la psychose.

 Si tu as un frère ou une soeur en primaire, aborde le sujet avec eux car cela les concerne aussi. Les instituteurs (trices) peuvent lire ce roman et expliquer aux enfants les souffrances issues d'une rumeur.


Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Marie chez les nudistes #19

 La nuit doit porter conseil et m'aider à prendre une décision. Cette nuit fut courte et prolifique. Ma décision est prise, je participerai à cette élection. Je reconnais que si je n'y vais pas, je le regretterai. Le but de ma mission est de vaincre tous mes tabous et d'avancer dans ma vie. Si je fuis à la moindre mésaventure, je ne vois franchement pas l'intérêt de mon voyage.

 Bon, une élection ne se gagne pas en restant sur ses acquis physiques. Il faut embellir le modèle. Et là, attention les yeux, il y a du boulot ! Primo, respirer un bon coup. Un air pur revivifie le corps. Je me concocte un planning digne d'une reine du mannequinât. Bon, les mannequins ont des habitudes que je n'ai pas. Déjà au niveau de la quantité de nourriture ingurgitée, on ne mange pas dans la même cantine. Il faudrait trouver un juste milieu mais hélas je ne le trouverai pas aujourd'hui. Ce sera peut-être ma prochaine mission. Bon, je vais passer à un domaine qui me plaît et à elles aussi : les soins du corps.

 Une bonne douche fraîche pour raffermir mes chairs et je file, mes baskets aux pieds, faire le tour du camping en petites foulées. Durant mon  footing, je rencontre des amis qui sirotent un café. D'autres me rejoignent et me remercient de cette initiative. Après une heure de course, chacun rentre chez soi pour se désaltérer.

 Je m'affale sur le transat extérieur, munie d'un grand verre d'eau. J'essaie de retrouver mon souffle. Je sens qu'à chacune de mes bouffées mes poumons s'échappent de mon corps. Je félicite les sportifs qui maîtrisent leurs corps. J'ai encore du boulot car mes pratiques sportives remontent aux calandres grecques. N'est pas Marie-José Pérec qui veut.! D'accord on a le même prénom mais pas le même corps d'athlète. Je joue dans les poids lourds, elle est dans la catégorie poids léger.

 Le temps de reprendre mon souffle et Séverine passe devant mon transat. Elle m'invite à déjeuner avec sa famille. J'accepte car je n'avais franchement pas la volonté de me préparer un repas. Les joies des vacances ne pas faire de repas. Séverine régale ses invités, elle aime profiter de ses vacances pour préparer de bons petits plats à sa famille. Durant le reste de l'année, elle travaille tout le temps et sort des plats préparés du congélateur qu'elle jette dans le micro-ondes. Les enfants apprécient réellement de manger sainement durant les vacances. Je la rassure, je vis seule; j'ai du temps mais je déteste faire un repas pour une seule personne. Donc je fais souvent appel à Marie. Un homonyme qui m'apporte mon repas quotidien.

 Le déjeuner se prolonge dans l'après-midi. On se repose à l'ombre d'un cyprès. On sirote du thé glacé, on se raconte nos vies. Elle a beaucoup plus de chose à raconter que moi. Séverine me demande enfin si je ne suis pas angoissée à l'idée de participer au concours. J'avoue avoir enfuie au fond de ma mémoire ce détail. Mais l'idée me plonge dans un stress que j'ai du mal à cacher. Elle me propose de m'aider pour mes préparatifs.

 Je choisis une paire de chaussures plates, j'ai trop peur de m'allonger sur la scène ou pire tomber sur le public tranquillement attablé. Séverine me tend une autre paire qui a des talons plus hauts et compensés. Mes yeux s'écarquillent. Elle insiste. Je tente l'impossible. Je sangle mes chaussures, me lève, tangue un peu mais résiste. Je fais quelques pas, puis m'assois. Je dois m'entraîner. Séverine me confirme que c'est mon seul atout séduction. Il faut savoir marcher avec des talons et tourner du popotin. Je recommence ma démarche, et recommence encore et encore. Je veux être éblouissante ce soir. Vu ma technique de marche, il faut que je m'entraîne. Imaginez une otarie (celle du dessin animé : Madagascar, pour vous aider à visualiser) qui se déambule avec des échasses. C'est moi ! Bon, j'ai encore deux heures pour ressembler à une icône. Le maquillage est sophistiqué car Séverine a de nombreux talents dont celui d'avoir travaillé dans un salon d'esthétique. Mon visage est lumineux, mes années s'envolent. J'ai vingt ans. Un pur bonheur ! 

Allez, il faut se remettre à marcher. La fille de Séverine nous prête son Mp3, qu'elle relie à des enceintes et en avant la musique. Je frôle la foulure plusieurs fois mais je dois lutter et vaincre le ridicule....

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Mars : Maurice Carême

 

 maurice-careme.jpg

 Je fais partie de ces personnes qui aiment célébrer le Printemps. Cette douce saison permet la renaissance, le début de la vie. Le soleil pénètre les nuages. Les fleurs ouvrent leurs jolies corolles, parfument délicatement l'air. Les oiseaux racontent, à travers leurs chants, les voyages qui ont parcouru durant ce long hiver. Oui, c'est ma saison préférée car elle annonce la venue du soleil de l'été.

 Cette fois, je laisse les vers de Maurice Carême fredonner, à vos oreilles délicates, le doux chant des pinçons. Ce poète remet à l'honneur le mois de Mars qui accepte de porter en son sein le jour de la naissance du Printemps.

 

Mars


Il tombe encore des grêlons,
Mais on sait bien que c'est pour rire.
Quand les nuages se déchirent,
Le ciel écume de rayons.

Le vent caresse les bourgeons
Si longuement qu'il les fait luire.
Il tombe encore des grêlons,
Mais on sait bien que c'est pour rire.

Les fauvettes et les pinsons
Ont tant de choses à se dire
Que dans les jardins en délire
On oublie les premiers bourdons.
Il tombe encore des grêlons …

 

Maurice CARÊME - La lanterne magique

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Du domaine des Murmures : Carole Martinez

 

 Y a quelqu'un qui m'a dit de lire :

 

 Du domaine des Murmures de Carole Martinez

 

IMG-copie-2.jpgAu détour d'un roman, le lecteur perce le secret des Croisades, cette volonté chrétienne de dominer le monde par ses croyances.

 Carole Martinez donne sa vision du Moyen-Âge avec ses superstitions, ses conquêtes religieuses dictées par Dieu et les hommes. Elle dévoile au lecteur la foi d'une jeune femme, Esclarmonde, qui décide de défier son père en refusant de se marier. Esclarmonde a quinze ans quand elle brave les interdits de son père et décide d'être emmurée et de ne faire plus qu'un avec Dieu. La seule ouverture qui lui reste sur le monde est une fenestrelle qui lui permet de recevoir un repas et de l'eau. Elle voue un culte sans entrave au seul être qui domine le monde : Dieu.

 Mais Dieu met sur sa route de bien dures épreuves. Dans sa geôle, elle comprend les difficultés qui tyrannisent son peuple. Elle écoute à travers ses barreaux les malheurs qui tiraillent les êtres pleins de dévotions. Cette sainte a un pouvoir sur son pays et ses hommes. Par sa simple volonté, elle repousse la mort hors de son territoire. Mais, la mort ne laisse jamais sa proie. Elle attend tapis dans l'ombre. Esclarmonde réussit-elle à faire cohabiter dans un seul esprit les lois des hommes et sa croyance en Dieu?

 Carole Martiinez, au son d'une chanson de lais, redonne ses lettres de noblesse au roman historique. Son roman est un songe emprunt de croyance et de guerre intestine. L'homme se retrouve face à l'Être Suprême avec ses doutes, ses erreurs et sa volonté d'être sauvé de la damnation.

 Cet écrivain décrit l'atmosphère du XI-XIIème siècle, où la religion est un élément central de la grande Histoire et du roman. C'est une ambiance à la fois austère, celle d'un couvent, d'une retraite et à la fois une vive effervescence dans les combats pour reprendre Jérusalem. A travers les cauchemars de cette recluse, le lecteur découvre la violence des guerres de religions, la folie des hommes au milieu du désert. Cette femme cloîtrée est un voyage dans ce siècle soumis à la dictature; celle de l'homme sur la femme, du suzerain sur ses vassaux, des religieux sur les hommes...

 Carole Martinez aborde tous les pans de ces siècles avec une poésie qui subjugue son lecteur. Celui-ci se laisse enfermer dans cette cellule de pierre pour en sortir plus libre et plus heureux d'être un homme libre. Les mots sont justement choisis avec de nombreuses utilisations de termes anciens qui donnent un cachet et une crédibilité supplémentaire au roman.

 Dans ce roman, cette auteure pose la question de la légitimité de certaines croyances et la part de l'homme dans la création et la divulgation de ces croyances.

 Ce roman obtient le Prix Goncourt des lycéens 2011 et confirme la maturé des adolescents-lecteurs qui savent déceler un talent.

 

 Voici quelques citations tirées du roman:

 " L'amour déraisonnable des petits était affaire de femmes, les hommes se détournaient de leurs filles surtout, vivant dans une autre sphère, celle du féminin, de son mystère, de sa faiblesse,de sa misérable imperfection. Les hommes se devaient d'aimer mieux, sans débordement, sans mollesse, ils prenaient soin de leur progéniture à distance et leur parole était comme la lame d'un glaive."

 " L'enfantement n'était pas seulement une torture physique, mais une peur attachée comme une pierre à une joie intense. les mères savaient la mort déjà à l'oeuvre dès le premier souffle de leur enfant, comme accrochée à leur chair délicate. Souviens-toi que tu es poussière!"

 " Les jours se succédaient, les terres et les cités, le royaume de Hongrie et l'Empire byzantin et Andrinople, et les sermons de Thierry II galvanisaient les troupes du Tout-Puissant, justifiant par la Bible le sang répandu, mal nécessaire que tout cela, hurlait-il aux guerriers, puisqu'il avait bien fallu sacrifier les premiers-nés d' Egypte pour gagner la Terre sainte."

 "J'ignorais qu'il arrivait que le menu peuple, aveuglé par la terreur, commît des meurtres pour qu'un saint ne quittât pas son pays. J'aurais dû voir que ma présence s'était changée en un vrai trésor et comprendre que, vivant ou mort, le corps d'un saint gardait tous ses pouvoirs."

 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

La mer noire : Kéthévane Davrichewy

 IMG-copie-1.jpgLa mer noire, mer intérieure, encerclée par la Bulgarie, la Géorgie, la Roumanie, la Russie, la Turquie et l'Ukraine est le sujet pictural de prédilection d'Ivan Aïvazovski. Dans la "neuvième vague", il peint un naufrage sur la Mer Noire.

 Kéthévane Davrichewy décrit un naufrage dans son deuxième roman, celui d'un amour intouchable. Ce roman est issu de son histoire familiale, précisément de ses grands-parents qui ont vécu l'exil.

 Elle aborde, aux travers des rêveries d'une grand-mère, le pays de ses origines géorgiennes. Tamouna est une grand-mère, forcée de quitter son pays pour fuire la dictature russe. Kéthévane Davrichewy aborde le thème de l'amour éternel, de l'intégration et des incompréhensions de l'Histoire.

 Sous forme de rêveries, Kéthévane Davrichewy raconte l'histoire d'une rencontre amoureuse d'adolescents. Tamouna a quinze ans quand elle tombe amoureuse de Tamaz, durant son dernier été à Batoumi. La famille de Tamouna est obligée de s'exiler en France, à Paris, pays du bonheur. Hélas, cette ville tellement idéalisée dans la culture slave devient le tombeau de Tamouna.

Celle-ci vit ou plutôt laisse la vie la guider dans un village près de Paris. Les Géorgiens exilés vivent en communauté. Ils sont solidaires, se marient entre eux. Ils se côtoient mais jamais personnes n'évoquent le passé trouble, la violence infligée à leur peuple. Chacun reste muré dans son silence. Chacun porte dans son coeur un bout de son pays natal. Tamouna emporte avec elle son pays et le seul amour de sa vie.

 Certes, elle se marie, a des enfants, continue à rendre visite à sa famille qui ne cesse de s'agrandir. Elle a des nouvelles de Tamar qui a fui la dictature. Il est devenu architecte aux États-Unis, a des enfants. Mais elle continue à vivre dans ses souvenirs. Elle revoit quelquefois son amour de toujours. Ils s'aiment mais la vie les a séparé. Ils ont une liaison durant trois jours et trois nuits.

 Ils se revoient une dernière fois, seuls, durant le dernier anniversaire de Tamouna qui fête ses quatre-vingt dix ans. Elle meure apaisée d'avoir aimée et de l'avoir revu.

 Tamar est l'homme qui fait découvrir l'amour à Tamouna et se sera le dernier à lui avoir fait l'amour.

 

 Ce roman est une histoire d'amour calme et préservée. Le lecteur ne pénètre pas dans une tragédie grecque mais dans un doux songe amoureux. Les méandres de la guerre qui les séparent n'entachent pas l'amour idéal qu'ils se promettent l'un à l'autre dans un silence. Ils continuent à vivre l'un avec l'autre mais l'un sans l'autre. Les lettres écrites par Tamouna pour son amant idéalisé, vénéré, sont d'un romantisme romanesque et poétique. Celles-ci ne seront jamais envoyées, aggrafées dans un cahier qu'elle détruira des années plus tard. Geste encore plus émouvant.

 Kéthévane Davrichewy accompagne son récit amoureux de pincées d'histoire. Le lecteur découvre la Géorgie mais pas vraiment les raisons de la dictature russe. La Géorgie livre ses coutumes, ses croyances. Cette auteure apporte une explication au besoin de rester en communautés même dans un pays qui lui offre son hospitalité. Le thème de l'intégration est posé et la question récurrente des apatrides reste en suspend. Personne ne connaît de réponses : les exilés aiment leur pays mais ne peuvent y retourner; ils aiment la France mais ne parviennent pas à prendre cette nationalité car ce serait renier leurs racines.

 C'est un roman doux, attendrissant qui redonne ses lettres de noblesse à l'amour et permet à une fille d'immigrés d'essayer de comprendre sa propre histoire.

 

 Quelques citations tirées du roman:

 " Les côtes géorgiennes se sont évanouies dans la mer Noire. Je me bouche les oreilles. Les sanglots de la petite fille me sont insupportables. Je voudrais sortir sur le pont, prendre l'air, et vomir dans la mer. Nous sommes bloqués à l'intérieur. J'étouffe. La voix de Déda résonne derrière moi. La main de mon père se pose sur mon épaule. Je ne sais pas de quand date la décision de quitter le pays."

 "Son courage me séduit. Par honnêteté envers lui, je ne vais plus t'écrire. Je n'ai pourtant pas cessé de t'aimer. J'ai cessé de t'espérer."

 " Ai-je eu raison de lui mentir? Je ne l'ai pas laissée décider. Qu'aurait-elle voulu faire du temps qui lui restait si j'avais dit la vérité? Mentir toujours. On n'avait fait que ça. Mentir sur la disparition de notre père, mentir sur le retour possible, mentir sur nos amours. Nos vies ne sont que mensonges."


Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

1 2 > >>