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Givre Noir : Pierre Pelot

 les-livres-0010.jpgPour quoi j'ai craqué pour ce nouveau roman policier ? Trois raisons s'attardent à mon esprit . Premièrement, c'est une collection que j'apprécie "Vendredi 13". Deuxièmement, pour son auteur Pierre Pelot qui est vosgien et textio, pour l'histoire. Car quoi de plus palpitant de mener une enquête des plus déconcertantes.

 J'arrête de vous faire piaffer d'impatience et vous dévoile l'intrigue, mais pas trop. Un roman policier est avant toute chose truffé de suspense.

 Nell est une enfant unique et orpheline. Elle est élevée par son oncle et sa tante dans une maison sinistre et délabrée du Sénégal. Sa tante présente à sa famille, un ami de son fils. (son fils s'est suicidé, il y a quelques années) . Nell s'inquiète de la relation entre Dustin et Mado, sa tante. Elle découvre, bien malgré elle, une passion dévorante entre les deux acolytes. Stany, son oncle, est un personnage loufoque et immature qui possède des usines en France, gérées par un neveu. Nell décide de saccager les projets de meurtre perpétrés contre son oncle. Arrivera-t-elle à ses fins? La mort poursuivra-t-elle sa folle aventure?

 Seule une lecture assidue dévoilera la violence de la mort !

 

 Pierre Pelot développe une tragédie meurtrière avec des touches successives de passion destructrice.Un combat de femmes, prêtes à tout pour dominer son adversaire. C'est une guerre puissante où les nerfs sont mis à rudes épreuves. Il entoure ses personnages d'une chaleur étouffante et oppressante. Cette chaleur moite qui colle à la peau, échauffe les esprits jusqu'au désir de mort. Les nerfs sont à vif dans cette maison où les personnages se liquéfient.

 Une tension parentale extrême tient en haleine le lecteur. Le pouvoir intergénérationnel s'intensifie. Chacun veut dominer l'autre, le faire plier sous son poids. Dans ce roman, il n'y a pas de héros, il y a un foisonnement d'anti-héros. Chaque anti-héros devient un court instant le héros.

 La puissance des dialogues, la verve des personnages tentent de stabiliser l'autre, le pousser dans des retranchements. Chacun porte en en lui une tragédie. Ces tragédies individuelles sont précipités dans un chaos morbide.Le dialogue des corps est révélateur de la force souveraine de posséder. Les danses sont érotiques et envoûtantes. La gestuelle devient machiavélique, possessive. Aucun homme ne peut résister à ces femmes dominatrices et charnelles.

 Les passions amoureuses sont présentes et violentes. Pierre Pelot désigne tous les styles de liaison amoureuse. Le désir de posséder s'imbrique dans ce schéma apocalyptique. Désirer jusqu'à la mort ou sa mort. L'abandon est le signe de l'échec, le meurtre: le signe d'une consécration.

 Prévoyez une bouteille d'eau, la chaleur sera torride dans ce roman!

 

 Voici quelques citations tirées du roman:

 

 "- Le problème est là, Dustin : après une certaine heure. Le café n'est pas en cause, au fond. Tous les problèmes surgissent après une certaine heure, quand ce n'est pas avant. Les problèmes particulièrement insolubles montrent le nez avant et s'épanouissent après, trop tard. Mon cher Dustin...Dustin, hein? Pour l'état civil?"

 

 " - Hier, dit Stany, elle voulait stranguler son prochain, et ce matin elle riait en essayant de tenir sa poitrine en place. Ne t'inquiète donc pas pour elle. Nell a vingt ans, Mado, l'âge des premières traces de calamine sur la fragilité. Tu te fais du souci pour rien. Dustin est du genre candidat permanent à la chevalerie. Têtu et obstiné. Ça se lit dans son oeil. Quelqu'un sur qui on peut compter, voyons. Ça se lit au néon, en lettres de feu, dans son sacré oeil."

 

 " - Tous les genres de personnes peuvent se suicider. Surtout celles dont ce n'est pas le genre et qu'on imagine à cent lieues de le faire."


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L'été du livre de Metz

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Un vent d'Amérique souffle sur la Lorraine !!

 

Prenez vos agendas afin de noter un rendez-vous incontournable de la littérature. L'Été du Livre de Metz donne une vision de l'Amérique les 27,28,29 mai 2012, Place de La République.

 

 Ce salon existe depuis 1965 et a connu de nombreuses évolutions grâce au souffle d'une passionnée de littérature Madame Pulh-Demange.

 Cette année, la barre franchit un nouveau palier en invitant des auteurs de littérature américaine tels que:

 

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 Tom Franklin : Le retour de Silas Jones, Albin Michel, Janvier 2012

 

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 Corine Sombrun :Sur les pas de Geronimo, avec Harlyn Geronimo, Albin Michel, 2008

 

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 Benjamin Percy :Le Canyon, Albin Michel, Février 2012

 

 Attention ! Le Sud de l'Amérique est un axe intéressant. Pour marquer un évènement d'une telle ampleur, l'invité d'honneur est un vrai poète des mots qui se fait rare en France :

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Luis Sepùlveda accompagné de Daniel Mordzinski : Dernières nouvelles du Sud, Métailié, 2012

 

Une femme donne ses lettres de noblesse à cette littérature outre-manche et nous fait découvrir de nouveaux talents :

Anne-Marie-Metaille.jpg

 Anne-Marie Métaillé

 

 La littérature de jeunesse et la BD restent incontournable dans ce salon qui regorge de "croqueurs" d'images, de conteurs et de faiseurs d'histoire. A vous de découvrir des auteurs qui vous feront rêver, douter ou réfléchir !

 

 Un très bon week-end de lectures et de découvertes !


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L'aimer ou le fuir : Delphine de Malherbe

 Y a quelqu'un qui m'a dit de lire

 

 L'aimer ou le fuir de Delphine de Malherbe

 

 les-livres-0008.jpgColette, Colette ?! Ce nom ne vous est pas inconnu mais avez-vous percé le mystère de ses écrits? Delphine de Malherbe propose à son lecteur de rentrer en psychanalyse par le biais d'une discussion entre Colette et un psychanalyste dont le nom n'est pas dévoilé. Cette auteure laisse planer un voile de mystère sur l'identité de ce docteur car ne seriez vous pas, un instant, ce confident, tant espéré?

 

 Par l'entremise de cet entretien, le lecteur entre dans le monde de Colette. Les amateurs de littérature la rangeront dans la liste des auteurs sulfureux, mais est-ce là bien sa place?

 Colette raconte avec pudeur et parfois désir sa volonté de fuir ou d'aimer un homme. Cet homme est son beau-fils, qui est âgé de dix-sept ans. Colette a fêté ses quarante-sept ans. Le nombre des années (trente), qui les séparent, déstabilise cette artiste renommée. L'inceste reste un point important dans son parcours analytique. Mais cet homme, jeune, reste le fils de son deuxième mari et non le sien.

 Colette revient sur son passé amoureux, ses passions et ses destructions. Elle parle de manière détachée de son amour irréel, chaotique et destructeur pour son premier mari. Celui-ci est responsable de sa mort sentimentale. Elle décrit avec minutie et sans aucun tabou ses ébats amoureux, sa soumission à l'autre. Colette donne tout : son corps, sa littérature et son âme à ce dominateur. Elle réussit à le quitter à cause ou grâce à une liaison de trop.

 Colette se reconstruit par ses écrits. Elle travaille pour oublier tant dans les mots que tant la gestuelle de son corps. Elle livre son corps sur scène, fait l'amour avec son public qui la désire.

 Elle raconte sa deuxième rencontre amoureuse, moins sulfureuse mais basée sur un équilibre amoureux. C'est à cet instant de sa vie qu'elle élève son beau-fils comme son fils.

 Elle décrit de manière succincte sa liaison avec des femmes. On la qualifierait de nos jours de "bi-sexuelle", mais les mots sont tabous à cette époque. Colette dévoile au monde ce qui se chuchote dans les alcôves.

 Succombera-t-elle à cette passion insensée ?

 

 Ce roman donne un regard différent sur les frasques jouissives de Colette. La confidence se dessine sur un ton badin. Le lecteur vit à cet instant tous les malheurs amoureux de cette femme. Elle l'affirme dés le début du roman que le lecteur entre dans une tragédie grecque. J'ajouterai sur un style moderne. Une femme déchirée entre un amour aveugle, bienfaiteur et le regard mauvais de l'autre (les gens, l'entourage, la famille). Colette passerai inaperçue au regard des moeurs de notre siècle. Le peuple lui octroierait le doux nom de "couguar".

 Mais la vie de Colette ne se résume pas à sa vie sentimentale, elle mène une carrière littéraire et théâtrale reconnue et critiquée.

 Delphine de Malherbe s'attarde sur le style littéraire de Colette. Elle se dénude la nuit et se transforme en chroniqueuse judiciaire ou en critique de théâtre. Elle écrit pour exister. C'est un souffle rédempteur qui souffle dans ses poumons. Durant ces périodes d'écriture, elle devient une autre et se permet tous les outrages.

 Ce roman donne envie de découvrir cette femme que certains qualifieront de frivole et d'autres de femme en prise avec sa passion amoureuse donc destructrice.

 

 Voici quelques citations tirées du roman :

 

" - Les gens n'aiment que le mystère. Tu seras comme eux. Tu n'aimeras que les gens mystérieux."

" Je peux vous assurer aujourd'hui, que, dans la vie d'une femme, un chapitre se clôt quand l'interdit surgit."

" Il y a deux sortes de femmes, m'apprend Picasso. Les machines à souffrir et les déesses.  Je me demande si je ne vais pas alterner ma vie durant le statut de l'une puis de l'autre."

" L'écriture dessine le monde avant de l'expliquer. Elle livre un instantané."

" Bertrand voudrait que je me conduise comme une héroïne. Mais un écrivain est un handicapé. Il raconte ce que les autres taisent. Il ment : il laisse croire qu'il a vécu et qu'il sait le monde d'un regard tranchant. Il cherche des réponses sur son incapacité à vivre, à aimer. Mieux vaut pour lui apporter à son lecteur un minimum d'évasion, de réflexion. J'assume. Je tâche d'être utile.Je hais les artistes qui pleurent sur eux-mêmes. Un créateur dois se tenir droit, hésiter entre la noblesse et la tristesse de son destin, et s'arrêter à ce sentiment-là. µUne oeuvre n'existe que pour dire à ses admirateurs que ça va mieux, on peut échapper à la vie, il existe une alternative."


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Aventure sans pareille d'un certain Hans Pfaall : Edgar Allan Poe

 les-livres-0006-copie-1.jpgPrêts pour l'aventure ! Edgar Allan Poe initie ses lecteurs à la navigation spatiale dans un ballon, assez particulier.

 

 Le pilote est un homme nommé Hans Pfaall qui décide de fuir ses compatriotes afin d'échapper à ses créanciers. Un jour, cet homme disparaît en même temps que ses créanciers sans laisser aucune adresse. Les rumeurs, les plus folles, circulent au sujet de cette mystérieuse disparition. Pendant cinq ans, des enquêtes sont menées mais les indices disparaissent et cette disparition part aux oubliettes. Le temps travaille.

 un beau jour, à Rotterdam, un ballon confectionné de papier journal et conduit par un liliputien, jette une lettre à l'intention du bourgmestre. Celui-ci lit avec assiduité le pli remis. Hans Pfaall raconte avec précision son aventure spatiale. Il dévoile sa rencontre avec des êtres vivants sur la lune. Il décrypte tous les phénomènes astrologiques et météorologiques. C'est une mission incroyable. Tellement incroyable que le bourgmestre décide de donner aucune importance à ces révélations. Est-ce la fin de la lettre qui fait naître le doute quant à la véracité de cette épopée ? Découvrez ce parcours audacieux et posez-vous de véritables questions quant à la nature exacte de ces révélations !

 

 Edgar Allan Poe est un génie de la nouvelle américaine. Il accapare son lecteur, lui fait découvrir un autre univers (celui de la nature). Il berce son lecteur de termes astrologiques, de matériaux scientifiques et de calculs impressionnants. Le lecteur ne doute pas de la véracité de l'épopée. Il est plongée dans un monde merveilleux et burlesque.

 Les phrases sont très longues car synonymes d'une démonstrations scientifiques abouties. Le lecteur perçoit un besoin de participer à cette aventure insensée. Il devient lui-même le créateur de ce voyage, il en dessine mentalement les plans. Les termes mathématiques deviennent intarissables et limite insupportables pour les littéraires. Cette envolé lyrique de termes scientifiques rend le voyage encore plus extraordinaire.

 Il faut remercier Charles Baudelaire et Stéphane Mallarmé pour les traductions de cet auteur américain de talent, considéré comme un des maîtres du surréalisme.

 

 Bon voyage lunaire !

 

Des bribes des nouvelles :

 

" Dans cette disposition d'esprit, désirant vivre encore, et cependant fatigué de la vie, le traité que je lus à l'échoppe du bouquiniste, appuyé par l'opportune découverte de mon cousin de Nantes, ouvrit une ressource à mon imagination. Je pris enfin un parti décisif. Je résolus de partir, mais de vivre, - de quitter le monde, mais de continuer mon existence, - bref, et pour couper court aux énigmes, je résolus, sans m'inquiéter du reste, de me frayer, si je pouvais, un passage jusqu'à la lune."

" Parfois des horreurs d'une nature plus noire, plus effrayante, s'introduisaient d'elles-mêmes dans mon esprit, et ébranlaient les dernières profondeurs de mon âme par la simple hypothèse de leur possibilité."

 " Elle [la lune] se développait au-dessous de moi comme une carte,- et, quoique je jugeasse qu'elle était encore à une distance assez considérable, les aspérités de la surface se dessinaient à mes yeux avec une netteté très singulière dont je ne pouvais absolument pas me rendre compte. L'absence complète d'océan, de mer, et même de tout lac et de toute rivière, me frappa, au premier coup d'oeil, comme le signe le plus extraordinaire de sa condition géologique."

 

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Des chrétiens et des Maures : Daniel Pennac

 Y a quelqu'un qui m'a dit de lire

 

 Des chrétiens et des Maures de Daniel Pennac

 

 les-livres-0004.jpgUn enfant, le Petit, décide d'entamer une grève de la faim pour retrouver son père. Cet enfant est atteint de "bartlebisme", il "préférerais son papa". Benjamin Malaussène, son frère aîné, veut lui venir en aide et se confie à Loussa, un ami amoureux de littérature. Benjamin et Loussa vont se tourner vers la littérature pour découvrir la véritable identité de ce géniteur inconnu.

 

 Déstabilisant est un adjectif qui qualifie avec justesse ce roman. Le lecteur pénètre dans l'appartement exigu d'une famille atypique; la famille est composée d'une mère et de nombreux enfants nés de pères différents et absents. Le drame se concrétise quand un enfant désire connaître son père invisible. Daniel Pennac promène son lecteur dans une histoire de bons sentiments où cette famille sauve un shérif d'une mort certaine.

 Ce roman contient deux romans : l'histoire de ce sauvetage miraculeux qui donne naissance au Petit et cette même histoire qui est un roman écrit par Isaac Sidel. La coïncidence est subtile et étrange : ce fameux shérif est aussi Isaac Sidel qui a traversé la vie de cette famille.

 Daniel Pennac pose la question de la place du réel et de la fiction dans notre vie quotidienne. Ces deux entités peuvent-être dissociées ou liées de manière sensorielle. Quand le lecteur dévore un roman, n'entre-t-il pas dans une autre réalité ? Cette réalité éphémère disparaît quand le lecteur pose son livre; il entre dans une autre réalité celle de sa propre existence.

 Daniel Pennac déstabilise son lecteur en utilisant un titre qui prête à interprétation. Les chrétiens et les maures peut signifier les chrétiens et les arabes. La déduction donnerait à penser que ce roman est aussi un roman sur la tolérance car la famille est constituée de multiples ethnies et le quartier de Belleville est peuplé de nombreuses races qui s'aident dans les moments difficiles. C'est un monde solidaire que dépeint cet auteur amoureux de la littérature. La littérature est présente dans les quartiers. C'est une note positive que souligne Daniel Pennac. La culture multi-raciale est présente et permet de connaître et de respecter les personnes différentes.

 Daniel Pennac accorde à son lecteur un très bel hommage à la littérature et lui donne une place légitime dans tous les milieux sociaux.

 Ce roman doit être lu par des adolescents afin de les faire réagir à la fois sur le respect des autres et à la fois sur les joies de lire.

 

 Voici quelques citations tirées du roman:

 " Et, tant que j'y étais, j'ajoutai que je n'étais pas moi-même atteint de bovarysme, que je savais parfaitement faire le départ entre ce qui relevait de la littérature et ce qui ressortissait à la pathologie, que Bartleby, en l'occurrence, ne jouait ici que le rôle d'une métaphore, mais lumineuse comme une fusée de détresse."

 " Pour faire bref, je me suis vu avec une mère en deuil, une soeur mourant d'amour, à quoi on se proposait tout simplement d'ajouterun inconnu agonisant et détenteur d'une vérité convoitée par les pires tueurs de la capitale."

 " - Maintenant, tu peux me foutre à la porte si tu veux, mais les faits sont les faits : le juif américain que ta mère a ressuscité, le père de ton petit frère aux lunettes roses, est le personnage principal de ces quatre romans. Je te les laisse. Ils sont à toi. Cadeau. Une belle lecture au demeurant, tu verras...magnifique."


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OH! MERDE! : Cha

 BD-0003.jpgCette BD n'est pas à mettre entre toutes les mains. Si vous aimez les dessins décalés, provocateurs, il vous faut acquérir ce petit bijou.

 Cha s'attaque à des banalités quotidiennes qu'elle démonte, désacralise. La lecture de son personnage "Gwenaëlle la baby-sitter" donne le frisson. Si vous avez des enfants que vous confiez à une baby-sitter , vous adorerez l'histoire des trois petits cochons mais ferez jurer à votre employée de ne jamais raconter la véritable histoire de ses petits animaux.

 Cette dessinatrice décape au vitriole tous les sujets. Elle croque avec violence et humour les tabous féminins. Elle met ses personnages en situation. Par ce biais, elle condamne les défauts de notre société moderne.

 Les dessins sont succincts, les détails minimisés. Le lecteur accorde de l'importance aux traits faciaux des personnages, aux répliques cinglantes.

 Cha tient un blog "Ma vie est une bande dessinée" :link

 Bon voyage dans le monde fantastique de Cha.


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Marie chez les nudistes (fin)

 Je descends de l'estrade et de mon nuage. Je reçois avec convoitise les louanges sur mes exploits de scène. Je remercie chaleureusement Séverine qui a oeuvré à mon succès. J'avoue être bien dans ma peau, heureuse voire euphorique.

On décide de célébrer dignement mes premiers pas dans le monde du mannequinat. Mes amis m'octroient la place de reine de la fête. Ils me posent milles questions comme une star d'Hollywood que je ne serais sans doute jamais. Mais jamais a quitté volontairement mon dictionnaire. Tout est faisable dans la vie si tu acceptes de vivre à fond les expériences. Je réponds aux sollicitations de chacun comme une diva. Je leur confie que j'ai failli uriner sur scène. On me fait remarquer que je n'ai pas perdu mon humour. C'est encore une chose que j'ai découverte : j'ai de l'humour.

 Le repas se compose de pizzas et de rosé : les bases d'une dernière soirée en camping. Je ris à gorge déployée. J'entends avec une certaine pointe de revanche, la prof d'aquagym me féliciter de cette victoire. Saura-t-elle un jour que ce n'est pas une victoire mais une revanche sur ma vie ? Je n'ai pas franchement envie de lui raconter. Balthazar me fixe avec un regard insistant. Quoi, j'ai encore de la sauce tomate sur le décolleté. Désolée, je n'ai pas de décolleté; c'est vue directe sur les chutes du Niagara. C'est évident mes seins n'ont plus la forme de poire. Mon corps, lui par contre, se transforme en poire plus ferme. Cela a du bon de se bouger l'arrière-train. Il me sourit car il constate que mes yeux se situent plus haut. Il me félicite enfin. Sitôt, les agréables propos prononcés, la bimbo de la piscine se transforme en sensue et s'accapare le bellâtre.

 Aucun problème, dans mon séjour, je n'avais pas prévu de ramener une valise supplémentaire. Chaque chose en son temps, mes prochains objectifs seront de profiter de la vie, de trouver chaussure à mon pied (rencontre.com j'arrive !).

 Les heures s'écoulent rapidement, les conversations se tarissent. On se fait la bise devant les bungalows. Les amis se promettent de s'écrire. Le fera-t-on ? Certains partiront dans la nuit car ils ont beaucoup de kilomètres à parcourir. Pour les valises, pas de problème pour plier les vêtements, on n'en avait pas. C'est assez pittoresque de sortir sa tenue pour se rhabiller et revenir dans cette société tellement codée.

 Je rentre une dernière fois dans mon lieu de villégiature qui m'a permis de vivre cette expérience formidable et de rencontrer des gens géniaux qui vivent sans a priori. Je range mon fatras, passe un coup de balai. Je nettoie les sanitaires. Le mobilehome doit être rendu propre afin de permettre à d'autres nudistes de vivre leur moment de bonheur. Je n'ai pas envie de dormir. J'ai défroissé mon pantalon et ma chemise. J'attrape une culotte et un soutien gorge (drôles d'ustensiles). Je m'allonge enfin sur le lit, je repense à mes moments de doutes, à mes conversations, à mes fous-rires. J'ai passé un séjour inoubliable.

 Demain sera une épreuve supplémentaire : quitter un lieu qui m'aura appris à exister.

 Le jour du départ est arrivé, je glisse sous la douche. Je laisse ruisseler l'eau sur mon corps dénudé. Je suis heureuse. Je m'habille. J'avoue avoir une drôle de sensation en remettant ma culotte. Enfin, je ne peux pas décemment me balader sans cet accessoir. Je me souvenais pas de cette friction de mes fesses sur le tissu. Il faudra que je change ma garde robe. Je suis enfin prête, le coeur lourd je me dirige vers l'accueil pour rendre mes clefs.

 Les derniers campeurs s'embrassent. Séverine pleure dans mes bras. Je lui promets de lui envoyer un texto dés mon arrivée. Je lui donne mon adresse mail. Je salue tout le monde, il faut vraiment que je rentre.

 Lundi, je retournerai dans mon entreprise et attention les yeux ,en femme qui aime croquer la vie.


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Les combustibles : Amélie Nothomb

 Y a quelqu'un qui m'a dit de lire

 

 Les combustibles d'Amélie Nothomb

 

 les-livres-0007.jpgAmélie Nothomb pose de nombreuses questions cruciales sur la littérature : Quelle place accordez-vous au livre dans votre vie?, Si vous deviez conserver qu'un seul livre, lequel sauveriez-vous ?, Le livre vaincra-t-il la mort? Existe-t-il de bon ou de mauvais roman ?

 C'est dans un huis-clos étouffant qu'un professeur, son assistant et la maîtresse de celui-ci se confrontent sur le thème de la littérature et la place de celle-ci dans leur existence. La joute verbale est dominée par un professeur qui donne sa dernière leçon de littérature.L'écart générationnel entre les trois personnages permet de donner un avis plus contrasté sur les perceptions et les passions littéraires de chacun.

 Les protagonistes sont obligés de brûler des livres pour survivre. La scène se déroule sous les bombardements. Dans la pièce qu'ils occupent, seul le poêle est encore vivant. Les livres crépitent dans de courtes flambées. Les dialogues sont emprunt de violence, d'amour, d'humour. Le cynisme du professeur donne une vision de la responsabilité des livres sur ces lecteurs, mais aussi une description du comportement des hommes face à leur mort. La destruction des livres mènent à la destruction de l'humanité.

 

 Cette pièce de théâtre résonne dans le coeur du lecteur, dans sa soif de posséder ou de lire tous les romans. Mais face au froid qui réduit l'homme à l'état d'animal, le passionné de littérature devient  l'ordonnateur de cet autodafé. La conscience du lecteur est mise à rude épreuve. Amélie Nothomb titille son lecteur, le pousse dans ses derniers retranchements, le questionne dans son rapport aux livres. Cette férue de littérature réussit dans ce dialogue à donner un sens ultime à la littérature : celui de sauver l'homme du monde animal.

 

Les scènes sont marquées par l'amenuisement des livres dans la bibliothèque. Il symbolise la mort inéluctable des trois personnages. Le temps, qui s'écoule, sonne la défaite. La guerre est perdue, le dernier livre rend ses dernières lampées de chaleur. L'homme ne peut pas vivre sans écrit, il est temps pour lui de mourir.

 

 Cher lecteur, posez-vous la question suivante : "Quel livre emporteriez-vous sur une île déserte?" Tous les livres sont admis car il n'y a ni de bons ni de mauvais romans. Il y a juste des lecteurs passionnés et des auteurs enthousiastes.

 

 Voici quelques citations tirées du livre :

 

" Mais non, Daniel ! Que cette guerre vous ait au moins appris l'intolérance ! Sinon, elle n'aura servi à rien." [le Professeur]

" Un examen très spécial ! Un examen d'autodafé ! Je suis votre professeur d'autodafé, mon cher Daniel, j'occupe une chaire d'autodafé à l'université de..." [le Professeur]

" Oui. Et puis c'est si confortable de continuer à salir la réputation d'un livre. Aucun risque que le bouquin se venge : c'est ça qui est bien avec la littérature. On peut tout se permettre. Vous me dégoûtez, Professeur ! "[Daniel]

 "Éduquer un lecteur ! Comme si on éduquait un lecteur ! Vous n'êtes plus assez jeune pour proférer de pareilles bêtises. Les gens sont les mêmes dans la lecture que dans la vie : égoïstes, avides de plaisir et inéducables. Il n'appartient pas à l'écrivain de se lamenter sur la médiocrité de ses lecteurs mais de les prendre tels qu'ils sont. S'il s'imagine qu'il va pouvoir les changer - s'il peut encore, malgré la guerre, s'imaginer une chose pareille -,eh bien, c'est lui qui est un romantique imbécile, et non celui qui aime lire Blatek."


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Une vie en plus : Janine Boissard

 Y a quelqu'un qui m'a dit de lire :

 

 Une vie en plus de Janine Boissard

 

 une-vie-en-plus.jpgJanine Boissard transporte son lecteur dans un rêve celui que chaque femme contemporaine a envie de réaliser : Arrêtez de courir.

 Et oui, femme moderne se conjugue à de nombreux modes : mère, femme amante, employée exemplaire ! Janine Boissard décide d'accorder à la femme hyper-active un moment de détente. Fini les mails urgents, le patron qui râle, les enfants impatients, le mari délaissé, on passe dans le domaine du lâché-prise.

 Adeline, femme comblée, qui mène de front une famille, une carrière accaparante, a décidé à l'âge de 39 ans de s'occuper exclusivement de sa famille. Pas un vain mot la famille. Elle a besoin de se ressourcer, de prendre le temps de comprendre sa famille et ses charmants enfants qu'elle n'a pas vu grandir.

 Le premier jour de sa vie de famille va se dérouler différemment de ce qu'elle avait espéré. Les joies de rencontrer, une voisine très envahissante ! Adeline ne remerciera jamais assez cette visite impromptue. Celle-ci va lui permettre de renouer avec un rêve d'adolescence brisé. La rencontre de Mathis avec Adeline donnera naissance à un opéra-rock. Rock comme la famille parfaite qui déchante au rythme des humeurs de chacun. Mais le lecteur est entré dans l'univers de "Happy housewife". Les soucis de la vie quotidienne trouvent toujours des fins heureuses. N'est-ce pas là, déjà, un doux rêve?

 Mesdames, voici un livre qui vous fera oublié votre vie trop bien remplie. Certaines lectrices gardent en elles la culpabilité de ne pas avoir pris le temps de s'arrêter. Mais rassurez-vous Janine Boissard vous accorde ce moment de détente.

 Ces 522 pages donnent un regard nouveau sur le désir des femmes, qui ont mené une carrière et une famille à bout s de bras, de prendre le temps de vivre. Ce roman est ancré dans la vie quotidienne. Janine Boissard s'attaque à tous les aléas que les adolescents peuvent rencontrés, les soucis de couple, les voisins trop envahissants, les rêves à accomplir... Cette histoire se déroule sur le fond d'un beau quartier : Saint Cloud. Évident, une référence au joli quartier de Desperate Housewife.

 Ce roman se dévore comme un bon gâteau et permet aux rêves du lecteur de laisser libre court à son développement.

 

Voici quelques citations tirées du roman :

 

 " Je ne crois pas au hasard, ni aux coïncidences. Je crois que le destin ne cesse de nous adresser des clins d'oeil, à nous de savoir les déchiffrer pour modifier le tracé d'une vie que je me refuse à penser écrite à l'avance."

 ""Le serment d'être  celui-là..." (Victor Hugo). Les beaux mots de la tragédie venant spontanément aux lèvres des acteurs de cet "horrible fatras qu'est la vie" (Samuel Beckett)."

 "D'Épinal, les images? Elles vous tombent dessus où que vous soyez au moment où vous ne l'attendez pas, ne les espérez plus, et vous prennent sous leur charme. "Charme : enchantement magique", affirment le dictionnaire au pissenlit ainsi que les bienheureux qui croient, à juste titre, aux bonnes fées et gentils génies."

 " Quoi d'étonnant si l'on se souvient du plus beau vers du refrain : "Vole vers l'utopie..." Seule l'utopie permet aux chimères de se réaliser, j'en suis le témoin."


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Sans jamais...

 

Sans jamais la comprendre,

 j'aurais aimé la vie.

 Sans jamais réellement raconter,

 j'aurais parlé.

 Sans jamais rien exprimer,

 j'aurais pensé.

 Sans jamais le désirer,

 j'aurais grandi.

 Sans jamais émettre aucun son,

 j'aurais crié.

 Sans jamais avoir versé une seule larme,

 j'aurais pleuré.

 Sans jamais adresser aucune prière,

 j'aurais supplié.

 Sans jamais vouloir le combler,

 j'aurais contemplé ce vide.

 Sans jamais vouloir briser mes rêves,

je les aurais cachés.

 Sans jamais avoir existé,

j'aurais vécu....

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