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Les oubliés : Christian Gailly

 Y a quelqu'un qui m'a dit de lire

 

 Les oubliés de Christian Gailly

 

 les-livres-0070.jpgDeux amis journalistes mènent des enquêtes sur des personnalités qui ont disparu des médias. Lors de leur dernière mission, un accident de voiture va bouleverser ce duo si bien rodé. Le hasard ôtera la vie à l'un des deux compagnons tandis que l'autre devra se reconstruire dans l'amour.

 

 Le roman débute par la description d'un accident de voiture violent. Les deux accidentés partaient pour effectuer un reportage sur une violoncelliste qui avait quitté la lumière précipitamment.

 Brighton souffre de la mort de son ami. Il n'admet pas de vivre encore. De survivre à cette absence le condamne à l'errance. Il écoute constamment les suites de Bach interprétées par Suzanne Moss. Il se noie dans ses souvenirs, périodes heureuses de son existence où la mort ne le submergeait pas.

 Seul le fait de terminer cette interview pourra lui rendre une once de bonheur.

 Le roman alterne le point de vue de Brighton relatant ses émotions et le point de vue omniscient du narrateur. Les émotions suivent une musicalité. Le lecteur pénètre dans l'émotivité de Brighton au rythme d'un violoncelle. Les mots forment une partition, laissent échapper des silences qui donnent corps à la gravité des oubliés. La structure des phrases est parfois modifiée pour rendre encore plus troublante cette conception de la mort.

 Brighton est un personnage qui se décrit sur deux tons : il veut mourir et vivre, comprendre et rester dans l'ignorance cependant le pouvoir de la vie domine sa raison. Sa seule échappatoire est d'aimer.

 Les oubliés sont à la fois des personnages connus délaissés par le public et à la fois des personnes de l'entourage du héros qu'il doit oublier pour pouvoir se construire et continuer à exister. Il abandonne à la crémation, son ami mais fuit aussi sa femme et l'amant de celle-ci. Il devient lui-même "un oublié".

 

 Voici quelques citations tirées du roman :

"Il était six heures du soir. Son heure noire. Chacun la sienne. Brighton c'était six heures du soir. Une heure entre deux autres. Indéfinie entre jour et nuit."

"Et vous? dit Brighton. Qu'est-ce qui s'est passé? Il est bien tard. J'étais inquiet. Elle : Je me suis évanouie dans la morgue. J'ai voulu l'embrasser. Il était glacé. Ça m'a tuée."

" Au format humain, rien. Il n'en restait rien. Un peu de cendre. Quelques débris d'os. Le tout dans un pot. C'est insupportable. La crémation est une pratique barbare. Une volonté d'anéantissement. La destruction totale de l'être. Comment peut-on supporter ça? Moi pas."

"Pleurait doucement. Il demanda pourquoi. C'est très simple. Depuis la mort d'Oskar. Ça faisait dix ans. On ne l'avait pas touchée. Pas une main ne s'était posée sur elle : On croit pouvoir s'en passer, dit Moss. Et en effet, on le peut. On y arrive, on s'en passe. On résiste, on est fidèle et le temps passe."

 

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Le Bonhomme de Pain d'épice: Jim Aylesworth et Barbara McClintock

 Noel-0068.jpg

 "Courez, courez, courez, Aussi vite que vous le pourrez, Jamais vous ne me rattraperez !" était la formule préférée dun bonhomme de pain d'épice, fraîchement sorti du four. Ce charmant bonhomme avait décidé de jouer un joli tour à la population. Il les taquinait et s'enfuyait à toutes jambes afin d'échapper à leurs crocs.

 Mais ce périple eut une fin, bien malheureuse. Ce que ce petit pain d'épice ignorait c'est que dans la vie, on trouve toujours plus malin que soi.

 

 Jim Aylesworth raconte son histoire de manière ludique. C'est une douce mélodie que chante le pain d'épice en faussant compagnie à ces affamés. Une vieille femme, un vieil homme accompagnés d'un boucher, d'une vache, puis d'une truie sale forment une armée malhabile qui se fait ridiculiser par un gâteau évadé du four.

 Les illustrations de Barbara McClintock expriment toutes les attitudes provocantes du biscuit. Barbara McClintock dessine chaque détail du paysage. Les expressions des personnages sont peintes avec une extrême justesse. Les personnages animaliers portent des vêtements comme des humains. Le seul qui reste nu est le biscuit.

 

 Pour Noël, faites très attention aux bonshommes de pain d'épice qui aiment courir !

 

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Le Dicton de Léon

 La générosité valorise ceux qui la partagent.

 

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Si :Tu seras un homme, mon fils : Rudyard Kipling

 Rudyard_Kipling.jpg

 Rudyard Kipling est connu principalement pour ses écrits pour la jeunesse dont le plus réputé reste "Le livre de la jungle". Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1907.

Rudyard Kipling écrit ce poème en  l'honneur de son fils qui est mobilisé durant La Grande Guerre en 1910. Son titre initial est "if" et ce texte a été traduit par André Maurois. John Kipling est mort sur le front en 1915 durant la bataille de Loos.

 Lors de la rédaction de cet écrit, Rudyard Kipling ignore la future disparition de son fils. Il est confiant dans les forces armées mais surtout il accorde à son fils un très grand crédit. Il pense que la guerre fait d'un jeune adulte, un homme.

 Ce poète anglais demande à son fils de rester fidèle à lui-même. Il ne faut jamais qu'un enfant se renie et renie ses parents. La fierté d'un père doit demeurer intacte face aux aléas du temps et des évènements. Cependant Rudyard Kipling se sent responsable de la perte de son fils car c'est lui qui insiste pour que John intègre l'armée et rejoigne le front.

 

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties

Sans un geste et sans un soupir ;

 

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,

Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre

Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre ;

 

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles

Travesties par des gueux pour exciter des sots,

Et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle,

Sans mentir toi-même d'un seul mot ;

 

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois

Et si tu peux aimer tous tes amis en frère

Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

 

Si tu sais méditer, observer et connaître

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;

Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,

Penser sans n'être qu'un penseur ;

 

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

Si tu peut être brave et jamais imprudent,

Si tu sais être bon, si tu sais être sage

Sans être moral ni pédant ;

 

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront,

 

Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

 

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PARENTS-ENFANTS: Pierre-Henri Tavoillot, préface de Catherine Dolto

  Y a quelqu'un qui m'a dit de lire:

 

 " Parents-Enfants" de Pierre-Henri Tavoillot

 

 les-livres-0054.jpgD'être parent reste un travail intensif qui marque tout une vie. Nul ne contestera que devenir parent est délicat. Il faut apprendre à donner tous les repères nécessaires à leur évolution. Il faut leur permettre de se développer de manière épanouie.

 Les parents guident leur progéniture dans la vie mais parfois commettent des impaires.

 Être parents laisse une part d'inconnu car cette responsabilité n'est pas innée malgré de nombreuses études qui troublent les mères sur le lien maternel qui se développe dès la naissance. Des textes d'auteurs connus démontrent avec aisance que cette notion de lien affectif est difficile à définir.

 

 Pierre-Henri Tavoillot propose cent textes qui retracent les liens "père-mère-enfant". Le lecteur retrouve des textes des enfants vers un parent ou d'un parent  déclarant son amour à son enfant. Des dialogues se croisent, se répondent ou s'opposent : cette manière de juxtaposer des textes symbolise la dynamique du recueil et surtout les relations paradoxales qui unissent pour l'éternité des hommes et des femmes.

 

 Voici quelques citations tirées de ce recueil :

 

 "Aucun dogme universel ne se dégage, si ce n'est le besoin, pour chaque enfant, d'être sécurisé affectivement. Car l'humain est un mammifère commençant sa vie dans une énorme dépendance quant à sa survie et un immense besoin de sens, de compréhension du système dans lequel on le place, c'est à dire de gestes et de mots donnant clarté et cohérence au vécu. Tous les mammifères ont besoin de recevoir de leurs géniteurs les codes nécessaires à la survie et, sans doute, la sécurité affective. Mais de tous les mammifères, nous sommes ceux chez qui ces deux contingences sont d'importance vitale : je veux  opposer là vie à survie."Catherine Dolto

 

 "En vouloir à sa mère n'est qu'une façon négative de s'accrocher à elle, toujours." : Nancy Friday

 

 " La jeunesse doit créer. Une jeunesse qui ne crée pas est une anomalie.": Ernesto Che Guevara


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Il était une feuille : Robert Desnos

 robert-desnos.jpg

 La période de l'automne qui me chagrine le plus se symbolise dans la chute des feuilles des arbres. Elles nous ont protégés durant tout l'été. Leur surface s'est imprégnée des rayons du soleil. Le vent souffle sur les branches et arrache une à une chacune d'elles.

 Ce que le poète de la nature ne doit jamais oublier c'est qu'au bout de chaque feuille, il y a la vie.

 Robert Desnos part de la feuille, transmet au lecteur toute sa symbolique. Il retrace le parcours de la vie végétale pour offrir une ode à la vie.

 Cette description s'apparente à l'être humain qui ne serait rien sans la terre qui le nourrit.

 Robert Desnos est un poète surréaliste qui a participé aux expériences de sommeils hypnotiques. Durant ce laps de temps, l'auteur écrit ses sensations. "Il était une feuille" est tiré du recueil "Fortunes".

 

Il était une feuille avec ses lignes -
Ligne de vie
Ligne de chance
Ligne de cœur -
Il était une branche au bout de la feuille -
Ligne fourchue signe de vie
Signe de chance
Signe de cœur -
Il était un arbre au bout de la branche -
Un arbre digne de vie
digne de chance
digne de cœur -
cœur gravé, percé, transpercé,
Un arbre que nul jamais ne vit.
Il était des racines au bout de l'arbre -
Racines vignes de vie
vignes de chance
vignes de cœur -
Au bout des racines il était la terre -
La terre tout court
La terre toute ronde
La terre toute seule au travers du ciel
La terre.

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Le Père Noël et les enfants du désert : Jacques Vénuleth

 Jeunesse-0065.jpg

 La saison du Père Noël commence à pointer le bout de son nez. Les décorations de Noël ornent les grands magasins. Les rues des villes et des villages redorent leurs habits de lumière pour nous faire pénétrer dans la féerie de cette fête.

 Les bibliothèques regorgent de jolis livres de Noël. Je vais vous parler d'un roman qui a retenu toute mon attention : "Le Père Noël et les enfants du désert".

 Le Père Noël, tiré fièrement par son attelage, emporte sa cargaison de jouets qu'il doit livrer durant la douce nuit du 24 décembre. La tâche s'avère délicatement quand il rencontre une tempête de sable. Il perd tous les cadeaux dans le ciel et arrive par le biais de nombreuses manoeuvres à stopper ses rennes sur une dune. Le Père Noël, d'abord sonné, se remet de ses émotions; il contrôle son attelage et constate déçu que les enfants n'aient pas de cadeaux sous le sapin.

 Des enfants du désert ont assisté à l'accident et observent, médusés, la scène. Pour eux, le Père Noël est un sinistre inconnu. Les présentations se font difficilement mais les enfants comprenant la souffrance des enfants occidentaux privés de cadeaux, décident d'aider le Père Noël. En moins de temps qu'il n'en faut, un attelage de chameaux remplace les rennes, les enfants du désert ont rempli la hotte de cadeaux insolites. Le voyage peut reprendre sa route, la livraison se fait sans encombre.

 De retour de sa tournée, le Père Noël, un peu bourru et borné, reçoit la visite d'un âne qui lui raconte la vie difficile de ces nomades. Il comprend qu'il doit les remercier de manière digne. Ce sont les rois mages qui se chargeront de livrer une jolie récompense à ces enfants courageux.

 Cette histoire regorge d'humour. Le Père Noël est vraiment très particulier et les rennes, les fennecs et les chameaux n'ont pas leurs langues de leurs poches.

 La description des personnages est assez coquasse. Le Père Noël est obligé de troquer son costume rouge et blanc contre une djellaba bleue et un foulard sur la tête.

 Les enfants vont se régaler en lisant ce roman.


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tout ce qu'il voudra : Sara Fawkes

 les-livres-0062_NEW.jpgParlons un peu de sexe ! Loin de moi, l'idée de vous choquer; mais ceux qui suivent mes écrits, savent que j'aborde tous les styles littéraires. Les livres érotiques féminins tiennent le devant de la scène en cette deuxième partie de rentrée littéraire.

 Certains et certaines pensent immédiatement à un roman dont je tairais le nom et dont l'auteur passe d'un plateau de télévision à l'autre.

 Je vous dévoile quelques indices sur l'auteur, Sara Fawkes, qui a commencé par écrire cette histoire torride sur son blog. Elle a été lue par des milliers de personnes. Ces livres sont actuellement publiés aux États-Unis et plébiscités par le prestigieux magazine "New York Times". En France, seuls deux livres sont actuellement en vente et les deux derniers tomes paraîtront au mois de décembre. Un joli cadeau à glisser sous l'oreiller !

 

 Lucy est une intérimaire qui classe inlassablement des dossiers dans un bureau miteux. Certes, quand on doit rembourser un emprunt et survivre aux USA, il faut apprendre à s'adapter. Lucy a un faible pour un inconnu dans l'ascenseur qu'elle croise tous les matins. C'est le rayon de soleil qui lui permet de fantasmer le restant de la journée.

 Le fantasme se concrétise un matin où ils se retrouvent seuls dans cet ascenseur. Une relation érotique stimule la libido de Lucy et de cet homme dont elle ignore tout. Ils se recroisent dans divers lieux insolites et cette relation est toujours aussi intense.

 Lucy est convoquée par son "big-boss" dont elle ignore l'identité. Elle se retrouve tétanisée devant ce bellâtre et se liquéfie de honte. Le milliardaire lui propose un contrat qu'elle ne peut refuser: devenir son assistante personnelle.

 Assistante personnelle est un vaste emploi qui peut se révéler troublant.

 

 Sara Fawkes utilisent tous les clichés qui font rêver les femmes modernes et accomplies : le milliardaire et l'intérimaire. Le lecteur remarque avec délicatesse que les lieux insolites ne le sont guère. Le fantasme de l'inconnu dans l'ascenseur ou dans le garage semble appartenir à un roman-feuilleton que nos grands-mères lisaient.

 L'écriture est lisse et le lecteur se laisse facilement surprendre par des détails anodins. Ce que le lecteur retiendra est la part d'inconscience et de peur qui ornent les pensées de Lucy. Le point de vue s'axe sur les remarques et les sensations éprouvées par l'intérimaire. Jeremiah, le milliardaire, est un simple révélateur de libido, cependant, le lecteur doit garder à l'esprit que c'est lui l'instigateur de cette liaison.

 Ces deux premiers tomes se lisent rapidement et de manière agréable. J'avoue attendre le dénouement et j'espère une fin inattendue.

 

  Voici quelques citations tirées du roman:


  les-livres-0063.jpg "Cela me ressemblait si peu. J'avais toujours été attirée par le sexe, mais sans trop savoir pour autant comment satisfaire mes désirs. Adolescente sans grâce, les garçons ne m'avaient pas invitée à sortir avec eux; sorte de souris insignifiante, je n'avais pas été conviée aux fêtes lycéennes ni même universitaires. Les rares petits amis que j'avais eus, pour peu qu'on puisse les qualifier ainsi, s'étaient peu attardés dans mon lit. [...]"

"Quelle alchimie étrange et incontrôlable ce type déclenchait-il en moi? Quel don possédait-il pour parvenir à révéler ainsi une facette de ma personnalité que j'ignorais?"

"Jeremiah me rendait nerveuse. En sa présence, je perdais confiance en moi. Dès qu'il était là, je me mettais à imaginer des scènes érotiques que je n'avais lues que dans des romans ou envisagées dans mes fantasmes. Rien d'embarrassant tant qu'il restait un inconnu croisé une fois par jour dans l'ascenseur. À présent, il fallait que je me le sorte de la tête, ce qui était plus facile à dire qu'à faire. Il était devenu un pivot essentiel de ma libido, et mon corps refusait de l'oublier. Même le désarroi où me plongeait la situation ne m'empêchait pas de réagir à la proximité de cet homme - des réactions physiques qui étaient d'ailleurs la cause du pétrin dans lequel je m'étais fourrée."

 

 

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C'est loin d'aller où : Sébastien Joanniez

 Jeunesse-0064.jpg

 Cette sentence "C'est loin d'aller où" symbolise la quête de retrouver son moi intérieur. Sébastien Joanniez aborde le thème de la mort à travers le point de vue d'un adolescent. La perception de la mort est encore plus troublante. Cet adolescent se pose de nombreuses questions sur l'au-delà.

 Après avoir commis un incendie de poubelle, Mathieu s'aperçoit que son blouson a subi des dommages. Rico lui propose d'inventer une bagarre où son blouson sera volé. Pour être plus crédible, Rico frappe Mathieu à la tempe. Á cet instant tragique, le destin de Mathieu bascule.

 Il erre dans un au-delà dont il ne connaît pas les règles. Il ne reste que son âme qui vagabonde dans un labyrinthe éclairé par des lumières incandescentes. Il court, fuit et revient inlassablement à son point de départ.

 Mathieu rencontre une jeune fille, Anna, qui s'est jetée du troisième étage de son immeuble. C'est une fille sombre qui ne cesse jamais de pleurer.

 

 Dans ce roman, Mathieu cherche à vivre, s'opposant ainsi à Anna qui ne désire plus affronter les obstacles. Les discussions entre les deux adolescents sont violentes, poignantes. Chacun défend son point de vue avec hargne. Ils sont plongés dans une incompréhension totale d'un univers qui leur échappe. Ils doivent trouver leur place mais comment se situer dans un monde dont les règles sont inexistantes.

 Mathieu est un personnage volontaire; il s'oppose aux personnages rencontrés durant ce parcours initiatique.

 La mort devient poétique. Les champs lexicaux de la douceur et de la lumière englobe tout le roman. Le lecteur adhère au héros car il se trouve plonger dans une sphère de la "vie" qu'il redoute car personne ne connaît de réponse à sa propre fin.

Le lecteur ignore comme le héros s'il est mort ou s'il est dans un coma. L'enfermement de l'âme dans un corps paralysé accentue cette sensation de malaise.

 Ce roman peut être lu par des adolescents à partir de 16 ans car la mort reste un sujet tabou qui peut heurter la sensibilité d'un public trop jeune. Certes, le texte est très beau mais laisse planer une part de doute sur cet au-delà invisible.


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Tout du Tatou : Pierre Hanot

 les-livres-0060.jpgVous me direz une prostituée noire qui se fait violer par un pervers, cela est monnaie courante. Mais Fatimatou n'est pas du style à laisser son violeur en liberté. Elle ignore que sa plainte va se retourner contre elle.

 D'un autre côté, elle n'est pas seule dans une embrouille. Zoran, lui, par ailleurs a atteint les sommets du grand banditisme corse. Il faut se méfier quand on abat un "néo-nazi" possédant une drogue redoutable: le V13. Comprenez bien que ce vendredi 13 fait atteindre le nirvana aux plus toxicomanes en revanche la chute est brutale.

 Dans ce roman policier, qui tire les ficelles? Le lecteur doit slalomer entre les proxénètes, les bipolaires, des motards néonazis et des flics douteux. L'enquête s'avère difficile. Hélas, dans ce genre de milieux, la fin est souvent tragique. La manière forte se décline de manière douce ou bestiale.

 On ne décide pas de devenir dealer, cette vocation est acquise depuis le plus jeune âge. Si un paquet transite dans les mains d'un novice, il sera nécessaire de lui expliquer le maniement des armes car ceux de l'autre camp feront tout pour le récupérer.

 Ce roman est rythmé par des assassinats, des courses-poursuites, des fuites et des rencontres de dernière heure. Les dialogues sont intenses, violents et justes. Le lecteur devient Zoran qui tente de faire affaire avec la mafia et qui désire échapper à son destin en devenant riche. Cependant, il ne choisit pas le bon moyen d'y parvenir. Si son désir de vie paisible le taraude, c'est la mort qui se profile à l'horizon.

 Les actions s'enchaînent retenant le lecteur en haleine.

 Pierre Hanot remet en doute la confiance que l'on peut avoir entre collègues de travail quel que soit le côté de la barrière où le héros se situe. Dans ce roman, il n'y a pas de héros proprement défini, il pullule d'antihéros qui vivent sur le fil du rasoir. Chacun possède une part d'ombre et la criminalité regorge de personnage en rupture avec la société.

 Vous décrocherez de ce polar qu'à la dernière page car vous ne pourrez rester dans l'ignorance du destin de Fatimatou et de Zoran.

 

Voici quelques citations tirées du polar:

 

"Quand tu viens de la cité de la Paix, le bidonville de Douala, et que tu as vécu dans la misère, les jérémiades des faces de craie, ça te fait doucement marrer.

France, terre d'accueil, quelle arnaque ! Fadimatou n'avait pas choisi le trottoir par vocation : dès son arrivée à Montreuil, elle avait dû se débrouiller avec ce qu'elle avait sur elle."

"Fadimatou, une Africaine pour l'exotisme et Pamela, une rousse diplômée SM et fétichisme. Avec elles, il couvrait l'ensemble la palette, United colors, le Benetton du tapin. Elles démarchaient sur le web, il garantissait le contrôle parental, la régulation des flux et engrangeait les dividendes."

"-Pas si pourrie que ça! avait protesté Lucky. Pourquoi tu crois que ça s'appelle V13? Vendredi 13, jour de chance : un snif et tu décroches le gros lot, la super cagnotte de la déglingue ! Deux atouts en un, le yoyo, tu planes et tu speedes : tu vois des trucs géants puis tu pars en piqué, haute voltige ! V13, la défonce certifiée Peenemünde, de la bombe volante ! Reconditionné, ce crystal hallucinogène vingt fois plus puissant que n'importe quelle méthamphétamine s'écoulera comme des petits pains ! Si tu marches dans la combine, après les treize kilos, y en aura trente, puis deux cents. Bénéfice net, la retraite à quarante piges."

 

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