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Leila l'oiseau : Stéphane Sapin

 

La lecture d'un roman s'apparente parfois à l'enfance par le truchement de la technique narrative du conte de fée.

Marty, un garçon en manque de repère, découvre, lors d'une aventure en Antarctique avec une équipe scientifique dirigée par son père, un magnifique oiseau bleu. Cet oiseau recèle un extraordinaire secret.

Alan, un anthropologue, raconte une histoire légendaire provenant de Syrie. Elle relate la mystérieuse histoire d'amour d'une princesse qui fut cryogénisée dans la glace et dont son amant ne pourra la sauver.

L'aventure prend réellement son envol, quand Alan et Marty, deux grands rêveurs, décident d'accomplir la prophétie, contre les avis négatifs des scientifiques.

Ce roman surfe sur toutes les références du conte, de la belle princesse inaccessible, en passant par le méchant malfaisant qui veut anéantir le bien et enfin le baiser salvateur.

La technique s'apparente à un combat du bien contre le mal, de la science contre l'irrationnel. Cette symétrie est parfois trop présente ce qui attribue au roman quelques lassitudes.

L'écriture est agréable. Le lecteur scrute le moment où l'oiseau prend son envol. La structure narrative commence doucement, puis augmente en vitesse pour enfin se concrétiser.

Ce roman se veut poétique et moderne.

Stéphane Sapin, à travers ce premier roman, révèle le bonheur de garder une âme d'enfant. Cette magie du conte qui manque dans nos vies trop rivées sur les nouvelles technologies.

Voici quelques citations tirées du roman:

"Depuis fort longtemps, une étrange histoire se raconte de génération en génération sans que jamais jusqu'ici quelqu'un ne la saisisse sur le papier, car le héros a échoué dans sa mission de sauver l’héroïne. Elle demeure encore là, quelque part, à attendre d'être délivrée..."

"-Je ne prétends rien, je veux juste dire que cet oiseau pourrait faire parti d'un monde qui trouve sa source entre la réalité et la légende. Maintenant, je ne puis rien affirmer. Pour pouvoir le faire il faudrait tenter l'expérience jusqu'au bout."

"- Comment ne pas en avoir? Le doute c'est le propre de la foi, les certitudes sont dans les faits et l'on a plus besoin d'en douter puisque cette expérience est démontrée. La foi c'est justement de porter crédit à quelque chose qui doit exister au-delà des preuves, par intuition. C'est entre le oui et le non, et mon espérance tend vers le oui, c'est tout ce que je peux dire."

Leila l'oiseau : Stéphane Sapin
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Le Dicton de Léon

La nature a le pouvoir de dominer l'homme et par cette simple volonté remet l'homme à sa place sur la planète.

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Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu : film de Philippe de Chauveron

 Le racisme garde toujours une part de tabou. Cependant, Philippe de Chauveron, par le biais de clichés raciaux, donne une vision moderne et humoristique de ce phénomène.

L'idée majeure est de lier des beaux-frères issus de l'immigration qui n'hésitent pas à se "vanner" sur leurs origines. Il n'y a aucun malaise dans leurs débats animés. A cette entente normale s'opposent des beaux-parents bourgeois, catholiques et gaullistes. Trois de leurs filles sont unis à un Chinois, un Arabe et un Juif. L'espoir des Verneuils repose donc sur la petite dernière qui doit épouser un catholique. Mais, le choc est brutal quand ils découvrent que Charles est noir.

Les dialogues sont mijotés aux petits oignons. Les répliques figent, perturbent et troublent sur un rythme endiablé. Les personnages caricaturaux symbolisent le monde des diversités. Chacun a sa place dans ce monde. Le spectateur admirera les liens brutaux mais tellement humains et francs entre les hommes. Les petits-enfants nés de cette mixité sont fantastiquement beaux. Le spectateur s'attardera sur les mimiques de chaque personnage et rira davantage.

Un bon film qui ne choquera pas les enfants des cités qui baignent dans cet univers où les différences raciales sont monnaie courante et où les blagues raciales ne sont jamais des blagues racistes.

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Farce à Pâques : Françoise Bobe

Devant cette abondance de chocolat, d'oeufs, de poules, il est très difficile de résister. Cependant tous les oeufs ne se ressemblent pas et peuvent réserver quelques surprises. Françoise Bobe, conteuse et poète, emporte l'imaginiare des enfants et des adultes dans un monde féérique et bienfaisant. Ses textes sont traduits dans de nombreuses langues. Elle demeure un écrivain proche de ses lecteurs en organisant ou participant à des lectures.

Laissez-vous happer par ce monde de beauté. en lisant Farce à Pâques!

Devant moi, trois coquetiers.
Dans les trois coquetiers,
Trois oeufs bien droits posés !

Celui-là est en bois :
Je n'y goûterai pas !
Mais il est doux contre ma joue.

Celui-là est ouvert...
Toc-toc-toc, c'est l'oeuf coque,
Que je mange à la petite cuiller.

Celui-là est en chocolat :
C'est l'oeuf que je préfère.
Je le garde pour mon dessert.

Farce à Pâques : Françoise BobeFarce à Pâques : Françoise Bobe

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La nostalgie heureuse : Amélie Nothomb

Y a quelqu'un qui m'a dit de lire :

"La nostalgie heureuse" d'Amélie Nothomb

 

Amélie Nothomb se remet en scène. Elle raconte à son lecteur son retour au Japon, pays qu'elle a quitté dix-sept ans avant.

Elle propose à France 5 de retourner sur les traces de son enfance. L'idée la comble à la fois de joie et d'angoisse. L'auteur précise qu'un retour dans le passé peut engendrer des désagréments car ce que notre mémoire conserve est très sélectif. La mémoire peut enjôler des évènements anodins ou améliorer les lieux traversés.

Son intention de retourner au pays de son enfance est un sujet qu'elle ose à peine aborder avec ses parents. Elle fait des recherches sur les personnes qui ont compté dans sa jeunesse.

Son voyage se divise en deux sensations ambivalentes le bonheur de redécouvrir un pays en constante évolution et l'angoisse de ne pas être reconnue et aimée.

 

Ce roman accorde au lecteur la satisfaction de découvrir l'univers intérieur d'un auteur qu'il apprécie. Le lecteur comprend la nécessité d'Amélie Nothomb de se dévoiler et surtout de se justifier d'avoir offensé le pays du soleil levant dans son roman "Stupeur et tremblements" et l'envie de retrouver l'amant de "Ni d'Eve ni d'Adam".

Ce livre se lit rapidement. J'apprécie moins les romans où l'auteur se met en scène car je préfère garder une part de mystère les concernant.

Il est évident que sa technique littéraire est infaillible. Le lecteur pénètre rapidement dans son univers. Dans ce roman bref, il manque les descriptions de l'espace qui apporteraient des indices plus complets de son état d'âme. Certes, sa visite sur le site de Fukushima insiste sur cette catastrophe difficile à soutenir.

L'auteur accepte le respect du secret des sentiments des Japonais. Ils ne s'épandent jamais sur leurs états d'âme. En ce sens Amélie Nothomb rejoint et appartient à cette culture japonaise qui s'oppose à la vision occidentale de la nature et l'exteriorisation des sentiments.

 

Voici quelques citations tirées du roman:

"Quand on me retrouvait, on me demandait la nature de ce chagrin et je répondais :"C'est la nostalgie"

Bien plus tard, j'ai découvert que celle-ci était méprisée en Occident, qu'il s'agissait d'une valeur passéiste toxique. La cruauté du diagnostic ne m'en a pas guérie. Je demeure une nostalgique invétérée."

"Tokyo m'évoque la logorrhée d'un maniaque : je ne vois pas la structure du discours, je ne parviens à dégager ni une phrase ni une ponctuation, je ne peux que me laisser traverser par ce flot inexorable et absurde. Je peux reconnaître un quartier comme je peux identifier un verbe, mais je ne sais pourquoi il est là. Je veux demander : "Qu'est-ce que tu racontes?" mais Tokyo ne me laisse pas en placer une. Alors, je me résous à ma perte."

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Le Dicton de Léon

A trop vouloir posséder, l'homme oublie d'apprécier les plaisirs simples que lui offre la vie.

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Gladiator Boy , Naissance d'un héros : David Grimstone

Passons à un cours d'histoire ! Je blague! J'ai senti une pointe d'inquiétude mais ce n'est rien en comparaison à la terreur ressentie par Décimus Rex et ses compagnons de galère.

Ces enfants ont été enlevés par des marchands d'esclaves qui veulent en faire des gladiateurs. Ils les enferment dans des cellules lugubres, froides et humides. Ils vivent dans le noir. Ils mangent une soupe immonde qui date de quatre jours. Ils sont affamés.

Les geôliers les terrorisent. Ils organisent des épreuves dangereuses avec des courses sur des cendres brulantes. Ce premier volume se solde par un combat entre deux enfants dans l'arène de Rome.

Une belle histoire d'amitié qui doit survivre dans un univers hostile. Le livre contient des dessins qui relatent l'action.

 

 

Gladiator Boy , Naissance d'un héros : David Grimstone
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Exposition de photographie de Vivian Maier

Exposition de photographie de Vivian Maier

Vivian Maier, photographe américaine, méconnue de son vivant, reçoit un très bel hommage à travers une exposition unique en Suisse. Elle arpente les rues de Chicago et New York. Elle capte à travers son objectif les images fugaces de la vie quotidienne. Les années 50-60 se décantent sous les yeux admiratifs des visiteurs. Chaque photographie marque la ségrégation, la séparation entre les noirs et les blancs.

1) Chicago Area 1968, 2) Winnetka, IL April 1968, 3) Chicago 1961, 4) Untitle 1955
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La confrontation : Angel Corredera

    Y a quelqu'un qui m'a dit de lire:

 

 La confrontation d'Angel Corredera

 

 corredera.jpgLa violence d'un attentat est une expérience insupportable qui peut toucher tous les individus. Que ce soit du côté des victimes ou des proches, la confrontation avec l'agresseur reste une épreuve.

 Samuel M. est un activiste d'un mouvement politique qui a choisi la manière forte pour faire bouger le gouvernement. Cette détermination s'accompagne d'une radicalisation qui se solde par des centaines de morts. Ce terroriste raconte d'une manière plate, avec une totale absence d'émotion, son adhésion aux violences. Il est enfermé dans une cellule et revient sur son parcours. Il est conscient de son implication et argumente sa destinée et les éléments qui l'entraine dans sa chute.

 

 Ce roman dérange par son ton plat. Le lecteur est décontenancé. Il se trouve dans l'impossibilité de vouloir comprendre ce dévouement destructeur mais a le devoir de percer ce mystère. La confrontation de l'homme face à ses crimes ne lui permet pas de réaliser la violence du geste. Le narrateur entre dans une sorte de mutisme, une bulle où seule sa vision des choses est logique. Il est devenu l'arme du crime, froid et sans âme. Ce personnage est instrumenté. Il s'apparente au détonateur des bombes qu'il a posées.

 

 Il se met en opposition permanente avec ses victimes. Il dénombre placidement les corps démembrés comme une oeuvre d'art, son oeuvre d'art.

 

 Angel Corredera efface tous sentiments de culpabilité. Le terroriste n'a pas d'humanité. Aucune compassion n'émane de lui. Dans son monologue intérieur, il ne cherche pas à s'absoudre de ses crimes. Il reste absent de son procès comme invisible; seul son enfermement le confronte à ses actes. Cependant de cette confrontation avec lui-même ne naît aucun dégoût.

 

 Dans ce roman, se dessinent deux confrontations : le bourreau face à ses victimes et le bourreau face à lui-même. Mais celle qui domine reste le rapport à soi.

 

 Voici quelques citations tirées du roman:

 

 "[...] Je n'ai jamais tiré le moindre avantage de mes manoeuvres, je n'ai jamais rien reçu en retour. On m'a assez reproché de prendre les choses à la légère. Je m'en tenais à la coordination des attentats, avec une prédilection particulière pour les interventions en milieu urbain, plus anonymes. Quant aux attaques individuelles et les séquestrations, elles n'étaient pas mon fort, même si je n'ai jamais renoncé à la perspective d'un enlèvement ; mettre un nom sur un visage regardé en face peut vous conduire à établir un rapport désagréable avec la victime. Je préfère, à tout prendre, éviter ce genre de situation embarrassante."

 

 "Ces moments de délire militant mis bout à bout n'entrouvraient aucune porte inédite sur ma culpabilité. Ils offraient juste un éclairage définitif sur mes actes. Ils créaient encore plus de ressentiment ches les victimes et les proches. J'ai d'ailleurs senti leur présence pesante dans mon dos. Cette impression de confinement me faisait transpirer. Toutes ces images, il suffisait de les mettre bout à bout pour m'enfoncer un peu plus."

 

 "Il n'est pas question de se plier à l'ordre établi, mais, je l'avoue, l'enfermement ressemble de plus en plus à une sorte de contrat naturel, une survie planifiée qui permet d'entretenir l'illusion de notre propre liberté.On ne saurait agrémenter nos embryons d'existence d'un confort plus pervers. Il plane sans cesse dans les cellules une incertitude qui me rappelle que, d'une manière ou d'une autre, je sortirai d'ici différent de celui que j'étais avant d'y être entré. Mal en point sans doute, mais surtout différent, changé au point de me tenir déjà, par moments, pour un inconnu avec lequel je ne peux même pas envisager de dialoguer, puisque détaché de moi-même, je n'ai qu'une idée fixe, c'est de récidiver. Mais je ne tiens pas plus que ça à tenir ce genre de propos devant le juge d'instruction et bien sûr, j'éviterai, le moment venu, de la formuler de vive voix pour éviter des malentendus inutiles."

 

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