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Pourquoi j'ai pas mangé mon père : Jamel Debbouze

Pourquoi j'ai pas mangé mon père : Jamel Debbouze

Il y a des périodes où je délaisse les livres. Ne vous inquiétez pas cette crise est souvent courte et passagère !

Aujourd'hui, l'envie de rire l'emporte sur la lecture. Donc sans aucune hésitation, je me rends dans une salle obscure retrouver un homme des cavernes.

 

Le nouvel enfant du roi est attendu. On informe le roi d'un léger problème : deux garçons sont nés, l'un digne de sa descendance et l'autre est trop chétif, mais premier né. Avec le soutien maléfique d'une sorcière, il se débarrasse de l'enfant. Un singe est chargé de le tuer. Il le jette dans un énorme trou où un loup mutile le bras de l'enfant.

Cependant cet enfant a de la ressource et revient à la vie, soutenu par Yann, un ami albinos, très attachant. De cette histoire d'amitié se crée une quête de la vie. Les deux compagnons luttent pour leur intégration. Celle-ci se fera par la posture debout, la découverte du feu et de l'amour.

 

Louis de Funès est inimitable, les mimiques sont sidérantes. Djamel reste l’indétrônable bouffon qui anime valeureusement sa troupe.

 

Le spectateur se réjouit d'entendre les plaisanteries de cet aventurier du comique. Le réalisateur redonne une vie au grand funambule qui marqua son siècle. Merci pour Louis. Les plus jeunes se gargarisent des grimaces de l'acteur tandis que les adultes replongent dans leur film culte.

 

Ce film se veut certes ludique mais le spectateur décèle des problématiques de notre temps : les différences physiques, la peur de l’Étranger, les conséquences de nos découvertes....

 

Les graphismes adoptés donnent une symbiose à l'ensemble. Aucun détail n'est laissé au hasard. Les enchaînements de scène s'articulent parfaitement au tour d'un personnage unique et central : Jamel.

 

Chacun apprécie à sa juste valeur un film d'animation idéalement réalisé.

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Les derniers jours de nos pères : Joël Dicker

Les derniers jours de nos pères : Joël Dicker

Sur la route d'un romancier à succès, j'ai découvert le premier roman historique de Joël Dicker. Cet auteur est surtout connu pour son deuxième roman "La Vérité sur l'affaire Harry Quebert" en obtenant le prix Goncourt des lycéens.

 

Dans "Les derniers jours de nos pères", Joël Dicker revient sur un camp d'entrainement de l'armée britannique, Special Operation Executive SOE, créé par Churchill en 1940.

 

Qui reviendra vivant de ces missions d'infiltrations : Lara, la belle blonde, pianiste, Pal (Paul-Emile), le fils qui aime son père, Faron, le fou enragé ou Gros qui désire être aimé?

 

Avant d'être envoyés en mission en France, ces volontaires subissent un entrainement militaire intensif et sans concession. Ils apprennent à rester en vie, à tuer avec toutes les armes possibles ou à mains nues. Le saut en parachute dans des conditions extrêmes signe la fin de ce stage.

Des amitiés et des amours ficellent ce noyau dur. Les missions s'enchaînent. Ils rampent dans la campagne française. Ils sécurisent des points stratégiques de la Résistance. Ils rejoignent Paris pour sauver leur patrie. Ils luttent pour assommer l'ennemi.

Le but ultime est d'anéantir le IIIème Reich quitte à y laisser la vie.

 

Ce roman retrace la mobilisation anglaise pour sauver la France et l'Europe gangrénée par un ennemi abject. Aucune concession, aucun état d'âme ne doit perturber cette machine de guerre.

 

Le lecteur admet sans compromission des longueurs dans ce roman. Il doit rester attentif, espérer une action immédiate. La lassitude de l'entrainement journalier incite le lecteur à abandonner le livre. Certains, plus combattifs, continuent leur lecture dans l'espoir que les missions seront plus marquées. Ce sera peine perdue.

 

Nonobstant, le lecteur découvre une écriture attachante. La manière de décrire les personnages permet un attachement émotionnel et un désir de les accompagner dans cet entrainement et dans cette lutte. L'amour filial reste intact et le personnage de Pal symbolise toutes les craintes d'un père qui ignore l'engagement de son fils.

La peur, le mensonge par omission rejoignent la liste des personnages incontournables du roman.

 

Aucune comparaison ne sera effectuée car n'ayant pas lu son second roman, je ne peux me permettre cet affront.

 

Je vous conseille de lire ce roman pour pouvoir remarquer l'évolution de l'écriture narrative de cet auteur genevois.

Lesquels d'entre eux, en quittant la France, auraient pu imaginer qu'ils se sentiraient si vite aptes à la guerre? Car il faut le dire : ils se sentaient forts et capables, terriblement capables, de venir à bout de régiments entiers, et il leur sembla même qu'ils pourraient vaincre les Allemands. C'était insensé. Hier encore, ils étaient des enfants de France, assaillis et meurtris, et aujourd'hui déjà ils étaient un peuple nouveau, un peuple de combattants, dont l'avenir était entre leurs mains. Certes, ils avaient laissé derrière eux ce qu'ils avaient de plus cher, mais ils ne subissaient plus, ils feraient subir. Et, tout autour d'eux, la guerre prenait une ampleur démesurée, déchaînée et indomptable : en Europe, la Wehrmacht était aux portes de Moscou et, dans le Pacifique, Hong Kong était la cible d'une violente bataille déclenchée par les Japonais. Le 20 décembre, Denis lut à ses petits camarades un article racontant comment les Anglais, aidés des Canadiens, des Indiens et des forces volontaires de la défense de Victoria-Hong Kong, résistaient héroïquement depuis plusieurs jours à l'assaut des forces nippones.

- Mais qui est responsable de vous, alors ? Vous êtes pour la plupart des gamins. Je pourrais être votre père à tous. Qu'allez-vous devenir ? Des morts ? Mourir, ce n'est pas un avenir ! Je vous ai vus à Wanborough, le premier jour : des enfants, vous étiez des enfants ! Et j'ai été épouvanté. Des enfants ! Des enfants ! Et puis je vous ai vus grandir, devenir des Hommes formidables. Fiers, courageux, valeureux. Mais à quel prix ? Celui des écoles de la guerre. Vous étiez des enfants, vous êtes devenus des Hommes, mais vous l'êtes devenus en apprenant à tuer.

- J'ai envie qu'il voie Philippe... J'ai envie de lui parler... J'ai tant à lui dire... Mais comment, comment dois-je lui annoncer pour Pal s'il ne sait rien ?
- Je pourrais y aller avant si tu veux, proposa Stanislas. Avec Doff. Pour faire ça bien. Au nom du SOE. Avec les honneurs militaires et tout ce qu'il faut pour que le père réalise à quel point son fils a été un héros de la guerre.

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Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier: Patrick Modiano

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier: Patrick Modiano

Un "Modiano" dans mes mains!

Je ne pouvais rester inculte quand un auteur reçoit le prix Nobel de littérature.

 

Durant une après-midi ensoleillée, Daragane, un écrivain retranché dans sa solitude, est tiré de ses pensées par le son strident de son téléphone. Son carnet d'adresses a été rerouvé dans un café de gare. Le jeune homme au bout du fil insiste lourdement pour rencontrer cet ancien auteur.

Contraint d'accepter ce rendez-vous, Daragane se sent pris au piège de son passé. Le couple qu'il rencontre désire percer le mystère d'un meurtre datant de plus de vingt ans.

De quelle manière, Daragane est témoin ou responsable de ce meurtre? Le carnet contient des noms apparaissant dans le rapport d'enquête. Quels sont les souvenirs de cet auteur?

Patrick Modiano base l'intrigue dans les rues de Paris et de ses environs, mais aussi dans les méandres de l'oubli ou de l'amnésie. Un enfant déambule dans son passé par le biais de phrases entendues, de rencontres insolites et de promenades anodines. Cet enfant, élevé par une strip-teaseuse ou acrobate et accompagné par des hommes de la nuit, devient un écrivain. L’absence de souvenir devient un personnage aussi déroutant que ces images fugaces qui peuplent la mémoire de Daragane.

Certains considèreront que la rencontre de l'auteur avec son passé est maladroite, pas aboutie. Le lecteur reste sur sa faim. Il manque un dénouement plausible qui amène le lecteur à une compréhension réaliste de cette divagation.

Cependant, une divagation sur son passé n'est-elle pas vouée immanquablement à l'échec ? Les souvenirs sont souvent auréolés de sentiments trompeurs, de situations modifiées par notre sensibilité. Un retour sur son passé s'arrête, tronqué par un évènement du présent, d'où cette fin brutale et déconcertante. Mais ne révélons pas le stratagème exploité par Patrick Modiano.

Ce roman transcende la mélancolie des années qui fuient. Le narrateur est étouffé par son passé qu'il a enfoui dans les catacombes de son subconscient. Il refoule toute sentimentalité à l'égard de cette femme emblématique, sa mère, sa sœur, une femme de l'ombre. Sa vision est floutée.

Le narrateur vit avec cette angoisse de découvrir le cadavre dans le placard. Néanmoins, Patrick Modiano signe de nouveau un roman qui paralyse le lecteur et le force à se souvenir qu'un cadavre attend peut-être derrière votre porte.

La seule chose qui l'avait préoccupé après la perte du carnet c'était d'y avoir mentionné son nom à lui, et son adresse. Bien sûr, il pouvait ne pas donner suite et laisser cet individu attendre vainement au 42, rue de l'Arcade. Mais alors, il resterait toujours quelque chose en suspens, une menace. Il avait souvent rêvé, au creux de certains après-midi de solitude, que le téléphone sonnerait et qu'une voix douce lui donnerait rendez-vous. Il se rappelait le titre d'un roman qu'il avait lu : Le Temps des rencontres. Peut-être ce temps-là n'était-il pas encore fini pour lui. Mais la voix de tout à l'heure ne lui inspirait pas confiance. A la fois molle et menaçante, cette voix. Oui.

[...] Souvent, au cinéma, il fermait les yeux. Les voix et la musique d'un film étaient pour lui plus suggestives que l'image. Il lui revenait à l'esprit une phrase du film de ce soir-là, dite d'une voix sourde, avant que la lumière ne se rallume, et il avait eu l'illusion que c'était lui-même qui la prononçait : "Pour aller jusqu'à toi, quel drôle de chemin il m'a fallu prendre."

Daragane notait au fur et à mesure les paroles du docteur dans son carnet. C'était comme s'il allait lui dévoiler le secret de ses origines, toutes ces années du début de la vie que l'on a oubliées, sauf un détail qui remonte parfois des profondeurs, une rue que recouvre une voûte de feuillage, un parfum, un nom familier mais dont vous ne savez plus à qui il appartenait, un toboggan.

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J'ai trouvé un bel oeuf : Maurice Coyaud

J'ai trouvé un bel oeuf : Maurice Coyaud

Poème issu d'un recueil de Haiku, "Fourmis sans ombre", publié en 1978, par Maurice Coyaud, un illustre professeur et spécialiste des langues chinoises et japonaises, offre à ses lecteurs une vision magique et onirique du lapin de Pâques.

Dans la joie de courir dans les prés, on retrouve des enfants comme des adultes jubilant de découvrir cachés de manière plus ou moins discrète les oeufs recouverts de mille et une couleurs.

Il ne faut jamais quitter ces joies èphémères de l'enfance et de l'innocence.

 

J'ai trouvé un bel œuf bleu
bleu comme une rivière,
bleu comme le ciel
le lapin l'avait caché
dans l'herbe du pré.

J'ai trouvé un bel œuf jaune
jaune comme de l'or,
jaune comme un canari
le lapin l'avait caché
derrière un pommier.

J'ai trouvé un bel œuf blanc
Blanc comme la neige,
Blanc comme le muguet
Il était au poulailler,
alors moi, je l'ai mangé !

 

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