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#EnjoyMarie: Marie Lopez (Enjoy Phonex)

#EnjoyMarie: Marie Lopez (Enjoy Phonex)

« Salut les filles ! » phrase mythique utilisée par les Youtubeuses des temps modernes.

 

J’avoue avoir été attirée par ce phénomène car gribouillant moi-même quelques anecdotes ou avis littéraires, la découverte de cet univers ne pouvait rester insensible à mes envies.

Immédiatement étonnée par le succès rencontré par cette jeune demoiselle Marie Lopez (Enjoy Phoenix) et l’admiration des adolescentes pour cette nouvelle icône de réussite, j’empruntais son premier livre à ma fille. Eh oui! Les dictâtes de la mode ont franchi les murs de mon salon.

Je ne me faisais aucune réflexion sur la qualité hypothétique du livre. Simplement, l’idée de comprendre plus précisément les objectifs et les rêves de cette jeune femme m’intriguait.

 Marie nous livre avec pudeur et parcimonie les secrets de son enfant et surtout les soucis rencontrés durant l’adolescence. Elle raconte de manière succincte l’enfer de son harcèlement à l’école. Elle argumente sur la manière dont les ados se toisent, se jugent, s’aiment et se détestent. Elle revient sur les fêtes ratées, sur l’excitation des samedis shopping, des coups de cœur pas toujours réciproques, sur les mensonges de la vie.
Elle ne se plaint guère du divorce de ses parents et se réjouit d’avoir une famille recomposée. Marie aime sa vie, se dépatouille avec sa notoriété.


Cependant Enjoy n’oublie pas de mettre en garde contre les méfaits d’internet. Elle explique que le monde virtuel n’est pas la vie réelle et qu’elle s’inspire du monde qui l’entoure pour romancer ses vidéos.

Je ne lui dirai donc qu’un seul mot « déjà ». Ceux et celles qui auront lu ce premier opus comprendront ce clin d’œil pour les autres il faut se diriger vers une bonne librairie.

Si vous recherchez des structures stylistiques ou des tournures de phrase stylisée, vous n’avez pas ouvert le bon livre. Ce livre s’apparente à un journal intime livré comme une page « youtube » avec ses micros séquences qui ravisent des adolescents admiratifs.

 

 

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Victor Hugo vient de mourir : Judith Perrignon

Victor Hugo vient de mourir : Judith Perrignon

Suis-je de ces lecteurs qui désirent au fond d'eux que certains poètes ne meurent jamais? J'avais envie de cette continuité dans ma relation littéraire avec Victor Hugo.

 

Judith Perrignon fait revivre avec intensité le moment tragique de la mort d'un homme cultivé et intime avec son siècle.

Chaque homme politique quelque soit son appartenance politique, chaque journaliste couvrant l'évènement, chaque révolutionnaire ou homme de la rue s'accapare, s'approprie l'Homme de Lettres.

 

Le roman débute par l'annonce de l'agonie du poète. Les journaux se relient pour répandre la nouvelle : le poète a attrapé une grippe sévère. Les hauts dignitaires de l'Etat accourent pour prendre des nouvelles. Les portes de la chambre restent clauses aux non intimes. L'Eglise tente de s'introduire pour les derniers sacrements, mais Hugo est un homme d'honneur qui demeure un athée convaincu. Seuls les bulletins médicaux ordonnés par ses trois médecins diluent les dernières nouvelles à la population. Le peuple retient son souffle.

Quelques jours, plus tard, l'annonce de la mort de ce poète de la misère se répand comme une trainée de poudre. La foule est consternée. Elle devient orpheline.

Des réunions de tous les partis s'organisent : doivent-ils être présents pour rendre un dernier hommage. Les esprits s'échauffent. La police guette, surveille par le biais de mouchards pour ruiner toutes sortes de rébellion.

Les hommages seront publics sous le contrôle de l'Etat. A cette occasion, le Panthéon est rendu à la République et deviendra la dernière demeure de Victor Hugo. L'Eglise a capitulé devant ce redoutable adversaire.

Les funérailles seront suivies par une foule entière qui se revendique de la plume du poète. Ils sont Gavroche, les Misérables, ils sont son tombeau à jamais éternel.

Ce roman vit. L'auteur a su retracer avec vigueur le parcours de cette mort difficile à annoncer. Judith Perrignon harangue les patriotes, fustige le clergé, revendique le droit aux ouvriers de saluer une dernière fois leur messie.

Le livre bat comme le coeur de Paris. Hugo n'est plus le grand-père de Jeanne et Georges anéantis par la douleur, il est devenu l'emblème d'une nation orpheline.

Hugo rendu aux miséreux, aux anarchistes, aux exilés, aux lecteurs qui auraient voulu être de ses amis.

Il les laisse seuls, seuls face à l'impossible vérité de l'Histoire, face à eux-mêmes, poignée d'hommes marqués, embrouillés et emportés par les violences et les rêves du siècle écoulé. Seuls avec ce vieux dilemme du monde à changer, cette lancinante question de la radicalité et de la modération, ce besoin de troubles et de paix. Il était homme irrésolu qui fournissait les mots de la révolte, mais écrivait comme on recoud les hommes. Comment feront-ils?

Et il sourit, salle Laprade chez les anarchistes, il sourit de ses lèvres fines, parce que le mélange est en train de prendre, on y décide de se rendre aux obsèques avec deux drapeaux noirs portant des inscriptions en rouge, sur l'un sera écrit "Les Châtiments", sur l'autre "Les Misérables". Les mots sont en train de faire leur oeuvre, ils n'appartiennent plus et depuis longtemps à celui qui les a écrits, mais à ceux qui les ont lus ou simplement entendus. Ils transportent des cadavres, des affamés, ils font flamber le rêve et la colère, la légende de Paris prêt à s'insurger, ils tissent leurs lettres sur le drapeau noir de l'anarchie, ils raccommodent les révoltés et le poète sénateur, ils voyagent et ils sont faits pour ça. Et qu'importe la voix qui claque et dit, Nous autres anarchistes, nous nous foutons de Victor Hugo, si nous allons à son enterrement ce n'est pas pour l'homme, mais bien pour affirmer nos droits et manifester nos sentiments de vengeance contre cette société qui nous opprime.

(...) Les ténors étaient là, mais divisés, sur Hugo ou sur les opportunités, il fut donc décidé de laisser l'autonomie à chacun des groupes. Ils n'en finissent pas de s'interroger, il n'était pas socialiste Hugo, oui mais toujours sur la brèche, il vivait en bourgeois, oui mais si soucieux des déshérités, il n'était pas une voix de l'insurrection de la Commune, oui mais il gronda pour sauver Louise Michel de la mort et pour qu'on les sorte du bagne, alors que faire? Partout les mêmes questions, le même méli-mélo. Chez les libres-penseurs du 14e, l'un s'est déclaré grand admirateur du poète mais pas partisan du drapeau rouge dans le cortège.

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Petit éloge de la lecture : Pef

Petit éloge de la lecture : Pef

  Je me suis laissée embarquer dans un petit éloge qui remet en évidence les qualités de la lecture. Pef replonge dans ses souvenirs via la réminiscence d'un livre caché chez sa grand-mère.

 

  Il réinvente la lecture qui se glisse dans un magazine oublié par une passagère dans un train. Il extirpe de son esprit des vers de Victor Hugo car il n'a pas à porter de mains un livre, une revue ou quelque chose à se glisser sous les yeux.

 

  Il ne fait pas un éloge d'auteur classique difficilement apprécier des novices en littérature. Il affirme avec admiration que chaque livre apporte une réponse à un lecteur envieux de découvrir d'autres univers. Certes, il s'épanche sur des poètes tels que Baudelaire, Mallarmé pour démontrer son concept de lecture parcours ou de lecture par coeur. Laquelle des deux calme les insomnies?

 

  Je vous laisse le soin de découvrir le sauveur de vos nuits sans sommeil.

(...)J'en suis malheureux comme si j'avais abandonné l'un de mes enfants. Peut-être ce livre est-il entré en clandestinité, soudain anonyme à me tourner le dos. Ou alors serré de près, condamné au silence par des geôliers de papier, faux ou vrais frères de race, entre Alphonse Allais, par jalousie lui aussi lu, relu, relulu, et Georges Bernanos dont je n'ai pu aller au-delà de la cinquième page de la joie malgré la séduction du titre. S'il m'en veut, qu'il se souvienne de mon émotion à la lecture des Grands cimetières sous la lune. Les fleurs du mal ou le lys dans la vallée seraient-ils des végétaux porteurs d'un poison redoutable connu pour sa destruction des fibres de tout papier? Stephen King a dû évidemment mijoter un plan diabolique pour que ses lignes d'écriture américaines garrottent mes trois étudiants et transforment leurs tranches de vie en tranches de mort. Cendrars, énervé, a dû écraser son éternelle cigarette sur la coque du frêle esquif, y pratiquant un trou fatal lors du passage de l'écluse de Boulter, trop anglaise, trop peu transsibérienne. Je veux bien garder mon calme, mais refuse d'admettre que Victor Hugo ait à jamais maudit, pour le restant de ses jours, le mot bateau alors qu'une embarcation similaire fut le cercueil de Léopoldine, sa fille. Et enfin Francis Ponge, noyé dans l'observation obstinée de son verre d'eau, n'aurait-il pas tenté de tamiser la Tamise, l'estimant finalement trop large, trop longue, trop profonde pour son contenant?

La lecture est eau, elle file entre les doigts de la mémoire, elle a des résurgences brutales ou paisibles, amicales ou hérissantes. Derrière les yeux se démène l'infatigable magasinier de l'anamnèse qui cherche, trouve, ne trouve pas, s'empare soudain d'une référence, pointe son doigt en signe de trouvaille inopinée ou d'échec.

"Ecrire, c'est fabriquer ce qu'on a à dire", affirme Vassilis Alexakis dans son roman La clarinette. Et, pour moi, aligner des bouts de pensées sur des lignes de corde à linge à destination d'un lecteur aussi insaisissable que le vent les parcourant tant la hâte de l'écrivain est manifeste de prendre l'écriture comme on prend la parole.

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L'égoïste est celui qui ne pense pas à moi : Henri de Régnier

L'égoïste est celui qui ne pense pas à moi : Henri de Régnier

Je me suis laissée embarquer dans une rencontre littéraire qui grâce à Bernard Quiriny et sa machine à voyager dans le temps n'aurait sans doute jamais eu lieu.

 

Bernard Quiriny prend la main de son lecteur afin de lui faire rencontrer dans une soirée mondaine, chez Mallarmé (rien de banal sans aucun doute), un jeune homme pâle et discret, décoré d'un monocle et affublé d'une moustache gauloise.

 

Mais qui est donc ce poète?

De toute évidence, il s'agit bien d'Henri de Régnier.

 

L'auteur nous instruit sur la vie et l'oeuvre d'Henri de Régnier, poète méconnu qui côtoyait le mouvement symboliste. Il préconise de commencer par la lecture de ses maximes que vous trouverez logiquement à la suite de ce dialogue irrésistible et incongru. Henri de Régnier est un auteur prolifique qui compte à son actif plus de quarante oeuvres. Il écrit des contes, des poèmes et des romans qui se sont publiés que très rarement.

 

Ce livre est une invitation à la découverte qui ne vous laissera pas indifférent.

 

 

Ce Régnier que vous connaissiez à peine il y a cinq minutes, vous brûlez maintenant de le lire. Quel personnage ! Je vous sens sur le point de foncer chez un bouquiniste pour dégoter tous ses romans.

- Je vais suivre vos conseils et commencer plutôt par ses contes, ou ses pensées.

- Pour les pensées, ne cherchez pas : elles sont dans le présent volume. Vous y trouverez Demi-vérités, Histoires de femmes et Donc..., précédés d'aphorismes issus des Cahiers inédits.

La vieillesse est l'enfance de la mort.

J'admire l'hypocrisie : il faut avoir un sens exquis des convenances pour dissimuler aux autres qu'on leur ressemble. L'hypocrisie est une politesse.

La goutte d'encre que la plume tire de l'encrier n'est-elle pas un peu, sur le blanc linceul de la page, comme une sorte de noir adieu à notre pensée morte dont elle nous sert à tracer la figure et le squelette?

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Va et poste une sentinelle : Harper Lee

Va et poste une sentinelle : Harper Lee

 Retour d'une jeune femme américaine dans le Sud de l'Amérique.

 

 Jean Louise vient rendre visite à sa famille du sud des Etats-Unis. Elle rejoint le cocon douillet qui l'a protégé durant toute son enfance. Elle a vécu de purs moments de bonheurs, entourée de son père, de son frère et d'un ami. Sa mère est morte durant sa prime enfance. Mais l'amour promulgué par une nounou noire et un père blanc a enrichi cette enfant face à la vie.

 Cependant les années ont passé et la réalité resurgit. La scène se situe en 1950 en période de haine raciale. Jean Louise se trouve confronté à son présent et apprend médusée que son monde idyllique s'est effondré. Les idoles de son enfance se déchirent. Les blancs affrontent les noirs et chacun regarde avec défiance son ami d'hier.

 

 Ce roman s'arcboute sur la déconstruction de l'enfance. Tous les symboles de l'amour multiracial volent en éclat. La guerre est déclarée. Les fondements de la famille vacillent sur des questions politiques. Jean Louise assiste, cachée, à une réunion du conseil des citoyens qui réduit les Noirs à des sous-hommes. Cette vision la rend littéralement malade. Elle hait son père et Hank qui symbolisaient des piliers solides de sa construction personnelle.

 Un roman puissant qui redessine les fondements de l'Amérique profonde enclin à une haine raciale dictée par des idéologies politiques.

 Ce roman initiatique redéfinit le complexe d'Oedipe dans l'Amérique des années 50. Une petite histoire familiale qui se plie aux règles de la Grande histoire.

 

Le livre a été publié seulement en 2015 mais attendu depuis un demi-siècle. Cet ouvrage est considéré comme son second livre mais la vérité en est tout autre : il a été écrit avant "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" (dont je ferai une chronique plus tard). 

Pour ceux qui ne connaîtraient pas l'auteur, laissez-vous porter par l'accent du sud de l'Amérique!

- Je ne vois pas de quoi tu parles, Jean Louise. Il y a beaucoup de choses vraies dans ce livret.
- Oh ça oui, pour sûr, dit Jean Louise d'un ton sarcastique. J'aime surtout le passage où il explique que les nègres, Dieu ait pitié de leur âme, sont par définition inférieurs à la race blanche parce que leur crâne est plus épais et leur cervelle plus creuse - si tant est qu'un charabia veuille dire quelque chose - et que nous devons par conséquent être très gentils avec eux et les empêcher de se faire du mal à eux-mêmes et veiller à ce qu'ils restent bien à leur place. Bonté divine, Tatie...

La seule chose qu'elle savait, c'était qu'elle avait pitié de tous ces jeunes gens de son âge qui passaient leur temps à râler contre leurs parents, à leur reprocher de ne pas leur avoir donné ceci et de les avoir privés de cela : pitié de toutes ces matrones vieillissantes qui, après un long travail d'analyse, découvraient que le siège de leurs angoisses était celui-là même sur lequel elles étaient assises ; pitié de tous ces gens qui appelaient leur père "mon vieux", esquissant ainsi à demi-mot le portrait d'une créature vulgaire impotente et probablement alcoolique qui, à un moment ou un autre, avait déçu ses enfants de manière cruelle et impardonnable.
Elle était très prodigue de sa pitié, et très satisfaite de son univers douillet.

Vous ne me croirez pas, mais je vous l'assure : jamais de toute mon existence, jusqu'à aujourd'hui, je n'ai entendu le mot "nègre" prononcé par un membre de ma famille. Jamais je n'ai appris à penser "les nègres". J'ai grandi entourée de Noirs, mais c'était Calpurnia, Zeebo l'éboueur, Tom le jardinier, et tous les autres. Il y avait des centaines de Noirs autour de moi, c'étaient eux qui travaillaient dans les champs, qui ramassaient le coton, qui réparaient les routes, qui sciaient le bois avec lequel nous construisions nos maisons. Ils étaient pauvres, ils étaient sales et ils avaient des maladies, certains étaient fainéants, indolents, mais jamais, pas une seule fois, on ne m'a donné à croire que je devais les mépriser, les craindre, leur manquer de respect, ou que je pouvais me permettre en toute impunité de les maltraiter. Ils ne sont jamais, en tant que groupe, entrés dans mon univers, pas plus que je ne suis rentrée dans le leur : quand j'allais à la chasse, jamais je ne m'aventurais sur les terres des Noirs, non pas parce que c'étaient leurs terres, mais parce que je n'étais pas censée m'aventurer sur les terres de qui que ce soit. On m'a appris à ne jamais exploiter les gens moins fortunés que moi, qu'ils soient moins fortunés en termes d'intelligence, de richesse ou de statut social; et cela s'appliquait à tout le monde, pas seulement aux Noirs. On m'a fait comprendre que tout manquement à cette règle était méprisable. Voilà comment j'ai été élevée, par une femme noire et un homme blanc.

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Bonne Année 2016

Bonne Année 2016

Toujoursalapage vous souhaite une très bonne année 2016 encombrée de nouveaux ouvrages, emplie de découvertes d'auteurs, pimentée d'une très grande ouverture d'esprit et de partage.

 

Lire c'est partager et grandir!

 

Tous mes voeux pour cette nouvelle année !

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