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Montecristo : Martin Suter

Montecristo : Martin Suter

    Parfois un accident de personne peut mener à de sinistres complots financiers. Jonas, un journaliste people se retrouve coincé dans un train car un homme s'est jeté sous le train (d'après les premières constatations). Rien d'extraordinaire me direz-vous ? La vie poursuit son cours et chacun vaque à ses occupations.

Jonas, en voulant régler les honoraires de sa femme de ménage, s'étonne d'avoir en sa possession deux billets de cent francs identiques, avec le même numéro de série. N'étant pas un journaliste d'investigation émérite, il se tourne vers sa banque qui valide cette erreur.

   De cet indice découle une vaste enquête sur le milieu opaque de la fabrication des billets de banque, des montages financiers des traders et de l'investissement de la politique dans le monde économique.

 

   Martin Suter accompagne son lecteur à la découverte des milieux financiers sous forme de roman policier. L'enquête est menée par deux journalistes en perte de repères mais qui se persuadent du bien-fondé de leur vocation. La vérité doit être révélée au plus grand nombre. Cependant face à des enjeux économiques mondiaux et politiques internationaux la loi du plus fort est-elle toujours la meilleure? Le journaliste, doit-il toujours apprendre à la population la sinistre vérité qui le domine? Martin Suter met deux journalistes en face d'une réalité qui les dépasse: les banques au cœur d'un système économique avec trop de ramifications politiques, économiques et financières.

   Montecristo dresse un portrait fataliste d'un monde dominé par des systèmes économiques fragilisés. Il prend l'exemple de la Suisse comme vecteur d'une croissance économique basée sur les systèmes bancaires mais cet exemple est applicable au reste de l'humanité.

 

   Un roman d'investigation qui pousse le lecteur à reconsidérer sa position sur son système économique. Je vous conseille de lire le dernier Martin Suter qui vous fera réfléchir sur notre mode de vie. L'enquête est lente par moments mais le journaliste ne peut pas toujours rencontrer les bonnes personnes au bon moment. Une légère déception à la fin car j'espérai une fin plus tragique pour le narrateur.

N'oubliez pas de me donner votre avis.

- Absolument exclu. Les numéros de série sont imprimés sur les planches après qu'elles ont été achevées; ensuite, les coupures sont massicotées et vérifiées électroniquement. Aucune erreur n'échappe à ce système électronique. Tout billet défectueux est automatiquement sorti du lot et passé au broyeur. Et l'on en tient bien entendu une comptabilité précise. A l'attention de la Banque nationale suisse, notre commanditaire.

Peu avant la naissance du virage que décrivait le pont vers la droite, là où Pedro Birrer aurait dû tourner légèrement son volant dans cette direction, il y eut une explosion. Quelque chose le plaqua contre son siège et le priva de toute visibilité.
"Airbag", telle fut sa dernière pensée avant qu'il ne sente le choc effroyable. Et le tonneau. Et la longue chute.

La cause était entendue : on l'avait acheté. La GCBS avait dépensé un million et demi pour qu'il s'occupe d'autre chose que de son scandale. La banque avait fait tuer son trader, c'était une quasi-certitude. Elle avait fait assassiner Max, c'en était une autre. Elle avait tout aussi probablement tenté de se débarrasser de lui à Bangkok. Et elle le ferait éliminer à son tour si elle apprenait tout ce qu'il savait, et si elle découvrait qu'il continuait à travailler sur cette affaire. Cette histoire était trop grosse. "Dynamite", c'était le nom que lui avait donné Max. Et la banque était aussi dangereuse qu'un grizzly touché par une balle.

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Le Dicton de Léon

Accepter la liberté de vivre différemment de ses congénères permet de vivre sereinement sa propre existence.

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Le Dicton de Léon

L'homme recherche inlassablement la reconnaissance de son existence plate et insipide à travers les yeux de ses semblables tout aussi incolores.

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Mémoire de mes putains tristes : Gabriel Garcia Marquez

Mémoire de mes putains tristes : Gabriel Garcia Marquez

Un vieux journaliste fête ses quatre-vingt-dix ans d'une drôle de manière. Bafouant les convenances, il décide de s'offrir les soins sexuels d'une jeune vierge. Pour assouvir ce dernier, il fait appel à Rosa Caracas, une maquerelle qui côtoie toutes les strates de la société.

Rosa dégotte l'objet de toutes les convoitises, une jeune femme fragile et énigmatique. Le vieil homme se livre à une cour assidue. Il tombe amoureux de cette putain jouvencelle.

Le ridicule de la situation s'impose comme une évidence, un vieillard soucieux de son pouvoir sexuel face à une adolescente (pas encore putain). Le tragique de la situation est accentué par cet amour naissant qui ne se traduit pas dans l'acte physique.

 

Gabriel Garcia Marquez utilise le "je" de la confidence pour donner encore plus de véracité à cette histoire. Les prostitués sont traitées avec respect et déférence. Le lecteur perçoit une admiration pour ces femmes de joie qui lui ont apporté un réconfort, des moments fugaces de jouissance.

L'auteur insiste sur ses rencontres payantes et éphémères. Chaque éloge porte les stigmates d'un passé oublié mais jamais confus. Durant cette introspection, le narrateur revient sur son parcours sexuel atypique sans jugement négatif. Ses rencontres d'aujourd'hui ponctuent le temps qui passe. Ses putains de vingt ans frôlent les soixante. Le temps fatigue les traits usés de toutes ses femmes de charmes.

Le jeu des oppositions compartimentent le texte : un vieil homme et une frêle jeune femme, le décrépi et la beauté...

L'idée du temps qui file inéluctablement pour mener à la mort s'intensifie dans la brièveté du roman. Les rencontres brèves ressuscitent sans cesse les heures glorieuses de cet auteur en fin de vie. A travers ce corps fragilisé par sa virginité, le journaliste repense sa vie et joue à l'amant exalté qui découvre une vraie passion.

 

Un roman poétique, ridicule de comique, sur l'amour impossible entre un vieillard s'octroyant une dernière jeunesse et une vierge au bord du gouffre.

Le sujet de l'article de ce jour-là était, bien sûr, mes quatre-vingt-dix ans. Je n'ai jamais songé à l'âge comme à l'eau qui goutte d'un toit et nous indique le temps qu'il nous reste à vivre. Dès ma plus tendre enfance j'ai entendu dire que, lorsque quelqu'un meurt, les poux que couvrent ses cheveux s'enfuient terrorisés sur les oreillers, à la grande honte de la famille. J'en ai tiré une telle leçon que je me suis laissé tondre comme un oeuf pour aller à l'école, et aujourd'hui encore je saupoudre les quelques mèches qui me restent avec de la Marie-Rose. Ce qui signifie, me dis-je à présent, que dès mon plus jeune âge le sentiment de la pudeur devant les autres l'a emporté sur celui de la mort.

... Sur un ton solennel, comme s'il venait de l'inventer, il m'a dit : le monde va de l'avant. Oui, ai-je répondu, il va de l'avant, mais en tournant autour du soleil. J'ai conservé ma chronique dominicale parce qu'il n'avait pas trouvé d'autre bâtonneur de dépêches. Aujourd'hui, je sais que j'avais raison et pourquoi. Les adolescents de ma génération qui croquaient la vie à belles dents ont été corps et âme le jouet des illusions de l'avenir, jusqu'au jour où la réalité leur a montré que les lendemains n'étaient pas tels qu'ils les avaient rêvés, et ils ont découvert la nostalgie. Mes chroniques dominicales étaient là, tel un vestige archéologique parmi les décombres du passé, et ils se sont aperçus qu'elles n'étaient pas destinées qu'aux vieux mais aussi aux jeunes qui n'avaient pas peur de vieillir. Alors, elles sont revenues en page éditoriale et, pour les occasions exceptionnelles, en page une.

J'avais toujours cru que mourir d'amour n'était qu'une licence poétique. Cette après-midi là, de retour à la maison sans le chat et sans elle, j'ai constaté qu'il était possible de mourir, et surtout que moi, vieux et seul comme je l'étais, j'étais bel et bien en train de mourir d'amour. Mais je me suis aperçu que le contraire était tout aussi vrai: pour rien au monde je n'aurais renoncé aux délices de mon chagrin. J'avais perdu plus de quinze ans à essayer de traduire les Canti de Leopardi et ce n'est que ce soir-là que je les ai ressentis au plus profond de moi-même : Hélas, si c'est l'amour, comme il tourmente.

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