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Comédie française. ça a débuté comme ça... Fabrice Luchini

Comédie française. ça a débuté comme ça... Fabrice Luchini

   Prendre le bus 80 avec Fabrice Luchini, c'est entrer en confession poétique et architecturale. Le voyage est initiatique sans gaudriole propre à notre poète, joueur de mots.

  Le lecteur reste en pâmoison devant la dissertation de Luchini sur le thème "Céline". Il déborde d'enthousiasme comme un gosse qui ne tarit pas d'éloges devant une mousse au chocolat. Le lecteur dévore avec appétit et admiration ce discours.

 

   Fabrice Luchini passe du coq à l'âne (comme on aime) de la hauteur des auteurs soigneusement choisis à des rencontres formelles ou informelles dans un TGV ou un golf. Le faiseur de miracles nous replonge dans la véracité du monde qui nous entoure; de La Fontaine aux émissions de télévision, de Molière et Céline au portable : la vie de tous les possibles en un clin d’œil.

   Le joyeux luron nous raconte son "bateau ivre". Il se délecte de manière jouissive dans son interprétation d'un des plus beaux poèmes du XIXème siècle.

 

   Si vous désirez connaître mieux les sentiments ou la vie trépidante de cet électron libre, de nouveau, il s'en sort avec une pirouette et se cache avec derrière des auteurs qu'il sert avec un talent non négligeable.

Dans ce livre, le lecteur retrouve la voix de l'orateur et du conteur qui s'applique à transmettre les textes avec exactitude.

Ce livre m'a plu et j'en conseille vivement la lecture pour à la fois valider la gouaille de Luchini mais aussi découvrir des auteurs inspirants. C'est un professeur de littérature qui ne s'ennuie pas avec un protocole et qui abreuve ses contemporains du savoir de ses auteurs prolifiques sans jamais oublier les hommes qui marquent notre siècle.

Il suffit d'entrer dans TGV pour mesurer ce que dit mon ami Claude Arnaud : l'obsession de la communication incessante, générale, mondialisée, se résume avec le monde entier mais surtout pas avec son voisin. Surtout aucun contact avec l'autre, surtout pas. Des millions d'amis mais surtout pas la disponibilité au sourire de l'autre. Ceci étant dit, cela facilite la pensée nietzschéenne : " Que le prochain, hélas, est dur à digérer !", et ça me permet, dans le TGV, de mettre mon casque et d'écouter des chants grégoriens.

La poésie, c'est une rumination. C'est une exigence dix fois plus difficile qu'un texte de théâtre. La poésie demande une vulnérabilité, une capacité d'être fécondé. Elle m'accompagne : avec elle, j'essaye d'avancer dans le mystère du verbe et de la création, et je fais honnêtement commerce de ce qui me hante.

Les questions des médias, c'est toujours : "On aimerait bien vous connaître." Alors que je passe mon temps à témoigner d'auteurs plus grands que moi, d'auteurs immenses, les gens ont parfois tendance à penser que j'occupe le terrain par infatuation de l'ego. Je me vis comme un passeur, et ils aiment me réduire au rôle de bon client. Drôle de paradoxe. Comme disait Flaubert à Louise Colet : " L'auteur, dans son œuvre, doit être comme Dieu dans l'univers, présent partout, et visible nulle part", ou comme il l'écrivait à Ernest Feydeau, " L'écrivain ne doit laisser de lui que ses œuvres. Sa vie importe peu. Arrière la guenille !"

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Girl Online : Zoe Sugg

Girl Online : Zoe Sugg

Vous vous dites sans doute que je surfe sur la vague des Youtubeuses. Je réitère donc mon excuse : ce monde m'attire. Et il est évident que si nous devons rester sur la vague (surf, vague..humour quand tu nous tiens) car notre adolescence s'est déjà envolée, il faut regarder le web (pas l'analyser ou le comprendre...je n'aurai pas cette prétention) néanmoins découvrir une autre galaxie.

 

Cette fois, j'ai lu le premier roman adolescent de Zoe Sugg et j'avoue mettre laisser embarquer dans cette romance américano-anglaise. A couvert d'anonymat, une adolescente exprime son mal-être à travers un blog. Sa marque de fabrique est de se ridiculiser constamment. Elle est humiliée en public et souffre de cette situation. Sa mère, organisatrice de mariage, signe un contrat qui permet à toute la famille de passer les fêtes de Noël à New York et de prolonger le séjour jusqu'au nouvel-an. Lors des préparatifs du mariage, Penny rencontre Noah (un chanteur de Rock très connu dont elle ignore la notoriété). Leur relation est révélée au grand jour. De nouveau, une tragédie s'abat sur les frêles épaules de Penny.

 

Cependant, comme dans toute bonne romance américaine, l'amour triomphe.

 

Le texte est bien construit pour une histoire d'amour pour adolescentes. Malheureusement ce qu'on regrette c'est la polémique autour de l'écriture. Ce roman aurait été co-écrit par Siobhan Curham, selon une révélation du Sunday Time. Certes ce roman n'aurait peut-être pas remporté un tel succès sans l'inscription de cette youtubeuse de renom. (à méditer). Cependant si ce stratagème permet à des ado. de lire en dehors du web, le pari est gagné.

 

J'avoue que ce roman est agréable et convient tout à fait à des adolescentes. L'auteur aborde les problèmes liés à la crédibilité accordée au blog ou au web, la violence exprimée par le biais de l'anonymat précaire, la notoriété dans le microcosme du lycée et la notoriété dépassant les frontières, le tout sur la vague d'une rencontre amoureuse.

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Les mille et une gaffes de l'ange gardien Ariel Auvinen : Arto Paasilinna

Les mille et une gaffes de l'ange gardien Ariel Auvinen : Arto Paasilinna

  Y a quelqu'un qui m'a dit de lire : "Les mille et une gaffes de l'ange gardien Ariel Auvinen" d'Arto Paasilinna

  Qui n'a jamais songé à cet ange gardien qui le protège contre les malheurs du monde? Aaron n'a jamais espéré recevoir l'aide d'un ange. Celui-ci lui a été attribué d'office.

Ariel Auvinen, après une formation au paradis, dans la petite église de Kerimäki en Finlande, est affecté au bonheur d'Aaron, un homme sans problème. La protection de cet humain s'avère chaotique et risquée car Ariel a un don très particulier pour accumuler les gaffes.

Malgré de multiples recommandations, les interventions se soldent par des échecs. Le protégé frôle la mort plusieurs fois et devient un adepte des commotions cérébrales.

 

   Arto Paasilinna renoue avec le burlesque de situation. Un sourire se dessine à la lecture du corbillard planté dans le champ entouré de toute une bibliothèque. Quoi de plus jouissif pour un ange de pouvoir, par le biais des pensées, appuyer sur le champignon d'un corbillard? Un corbillard roulant à plus de 200 miles, est-ce bien raisonnable?

Des morts, qui se font voler par des Russes, un bateau qui s'échoue sur les côtes allemandes sont des situations comiques exploitées avec brio par cet auteur finlandais.

La description de l'ange prête à sourire dès ses premières apparitions. Ses ailes sont trop encombrantes, ce qui l'oblige à voyager dans le ciel.

 

  La lecture est légère et permet de passer des heures agréables en compagnie de personnages haut en couleur. La structure narrative n'accorde pas de place aux surprises. La fin est prévisible mais cela n’ôte pas le plaisir de la lecture.

Si vous avez envie d'une détente, ce livre est un moment de bonheur.

Dans l'effervescence du moment, tout à sa volonté de bien faire, Ariel Auvinen ne vit pas à temps la ligne à haute tension qui enjambait le lac à cet endroit. Ailes grandes ouvertes, il vola droit dessus et s'y emmêla. Des étincelles jaillirent des câbles électriques, de la fumée s'échappa de ses plumes, le courant fut coupé dans la ville d'Imatra. La rupture de la ligne à haute tension arrêta même les plus proches usines papetières, mais des centrales d'appoint prirent heureusement le relais pour alimenter les installations industrielles, les hôpitaux et les autres services essentiels.

Ariel Auvinen était assis au chevet d'Aaro à l'hôpital de Maria. Le patient avait repris connaissance et dormait maintenant paisiblement. Heureusement, il n'avait pas trop souffert. S'il s'était fait écraser par un camion, rue Mechelin, il serait sûrement mort, songea l'ange gardien, soulagé d'avoir pu agir vite et couper la circulation. Dommage seulement qu'il ait négligé de stopper le scooter qui l'avait ensuite percuté.

Oui... les choses ne se sont pas passées exactement comme je l'avais espéré.
- Je suis désolé, mais j'ai fait de mon mieux.
- C'est bien le problème...personne n'est parfait, marmonna l'ange Gabriel. Mais venons-en au fait. Tu accumules quand même assez magistralement les gaffes.

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Clifton et les gauchers contrariés : Turk et Zidrou

Clifton et les gauchers contrariés : Turk et Zidrou

  Une envie irrésistible de traverser la Manche par l'intermédiaire d'une BD qui ne manque pas d'humour "so bristich".

 

  Des automobilistes anglais roulent sur le côté droit de la chaussée et engendrent de nombreux accidents. Les assurances risquant la banqueroute font appel au plus grand détective britannique, Clifton.

Celui-ci abandonné par sa gouvernante se lance dans cette enquête haletante.

 

  Attention, la France est au cœur du problème. Un français démoniaque décide de se faire sacrer empereur dans la cathédrale de Westminster. Le seul moyen d'y parvenir est de manipuler les citoyens britanniques qui guillotineront la royauté.

 

  Un humour décapant qui rivalise d'imagination pour accentuer les travers de chaque pays. Les dessins sont truffés de détails. Les noms des personnages sont de pur jeu de mots "Miss Partridge" ou "Millborn".

Un humour anglais dilué à la sauce "So Frenchy"

Une BD à conseiller aux amateurs de lecture aux seconds degrés.

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vieillesse

De ma vie, j'aurais voulu écrire un roman.

De ma vie, j'aurais voulu redessiner au fusain la trajectoire.

De ma vie, j'aurais voulu filmer un bout d'inédit.

De ma vie, j'aurais voulu tracer la mélodie.

 

J'ai regardé ahuri les années filer.

J'ai suspendu des moments d'éternité.

J'ai cru croiser des rêves intouchables.

 

De ma vie, il reste des os usés.

De ma vie, il reste des regrets insoupçonnés.

De ma vie, il reste des souvenirs effacés.

De ma vie, il reste des amitiés échouées.

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Flocons

Fragile flocon de neige virevolte

délicatement sur la partition du vent.

De droite à gauche, il chahutait avec ses comparses.

Il ricoche sur les épines des sapins.

Il serpente comme une clef de sol.

 

Le voilà, qui s'agrippe à la laine

d'un bonnet pour continuer son chemin mélodieux.

Le voici, imperturbable, qui dessine le si, le la.

Il zigzague poussé par la note.

 

Sa douceur cotonneuse parcelle

le ciel de mille éclats.

Il raconte sa ballade du ciel à la terre.

 

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Les quatre saisons de l'été : Grégoire Delacourt

Les quatre saisons de l'été : Grégoire Delacourt

Un roman, non un hymne à l'amour !

Sur toutes les vagues, les mélodies, Grégoire Delacourt décrit les différents modes de l'amour entre un homme et une femme. L'amour se conjugue-t-il toujours avec passion? Peut-on mourir d'amour? Rencontre-t-on l'amour une seule fois dans une vie? Un amour, pour être éternel, doit-il obligatoirement naître d'une passion?

À travers le dialogue des fleurs, Louis, quinze ans, dévoile son amour à Victoire, treize ans, qui le rejette. Amour fragile sur les plages du Touquet. Monique se transforme en Louise pour succomber au charme dévastateur de Robert, mais qui sont-ils ses amoureux mariés qui se donnent une seconde chance? Monsieur Rose, très âgé, retrouvé échoué sur la plage de son premier amour (cet éternel amour tant convoité) cherchait-il à rejoindre l'être aimé durant une guerre trop dure.

 

Dans le parcours mouvementé de ses vies disparates, un leitmotiv concentre toutes les pensées : l'Amour avec un grand A. Pas celui de l'éphémère celui qui dure toujours. Celui que l'on retrouve hébété dans le regard de deux grands-parents. Celui d'une femme qui veut toujours voir dans les yeux de son mari, même quarante ans après, qu'elle est l'unique femme de sa vie. Celui porté par une femme en deuil qui élève seule son fils sur les plages du Touquet.

Les histoires sont bouleversantes parfois attachantes car dans l'inconscient collectif, une femme et un homme recherchent l'amour idéal, sa fleur (sa pimprenelle).

Les histoires d'amour n'attendent pas le nombre des années. Grégoire Delacourt croise, imbrique chaque histoire dans une autre car chaque individu perçoit son idéal. Chaque jour, l'individu croise, rencontre sans prêter attention des histoires car chaque personne porte en elle son histoire d'amour. L'être est multiple et ses histoires d'amour platoniques, euphorisantes, passionnées parfois banales reflètent sa propre identité.

 

Un livre que je recommande car dans la vie, l'amour est toujours à porter de mains.

 

- Je ne sais pas si je suis amoureuse de toi, Louis, même si je suis bien avec toi. L'amour, c'est quand on peut mourir pour quelqu'un. Quand on a les mains qui piquent, les yeux qui brûlent, quand on n'a plus faim. Et j'ai pas les mains qui piquent avec toi.
Son enfance m'assassinait.

Un phlox blanc : voici ma déclaration d'amour. Un fusain : ton image est gravé dans mon coeur. Une pimprenelle : tu est mon unique amour. Une rose sauvage : je te suivrai partout. Une tulipe diarrhée : tes yeux sont magnifiques. Un iris mauve : tes yeux m'affolent. Un chrysanthème rouge : je t'aime. Un camélia : je t'aimerai toujours. Une rose rose : tu es si belle.
Et enfin, douze roses rouges : veux-tu m'épouser?

Plusieurs fois dans la nuit, ma main a cherché le corps de l'autre et a trouvé l'absence. L'abîme. Qui est-il le dernier, celui avec lequel on sait qu'on finira sa vie, sans jamais céder à la tendresse - cette petite bagatelle confortable et presque insultante, qui succède à la passion? Qui est-il, celui-là, qui continuera d'enflammer nos corps meurtris, nos corps de mères, nos souvenirs de femmes ?

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"Hé! Dieu, si j'eusse étudié...", le testament François Villon

"Hé! Dieu, si j'eusse étudié...", le testament François Villon

François Villon, poète du Moyen Âge, nous livre dans "Le Testament" ses angoisses et sa peur réelle de la mort. Il arpente ses souvenirs regrettant son passé. Il nous livre ses remords sur ses années perdues à ne pas avoir donné le meilleur de lui-même pour devenir un homme respectable ou respecté.

 Ce poème est composé de 186 strophes. Chaque strophe aborde un sujet qui l'émeut. Il lègue à sa mère une ballade. Il donne son corps à la terre. Il offre une part de lui-même à ses amis.

 

 Au-delà de la mise en scène de son testament public, François Villon offre une méditation profonde sur son propre destin et les rouages qui permettent de se révéler à soi-même et aux autres.

Voici quelques strophes à méditer!

Le testament (1461)

 

XXVI

Hé! Dieu, si j'eusse étudié

Au temps de ma jeunesse folle

Et à bonnes moeurs dédié,

J'eusse maison et couche molle.

Mais quoi! je fuyais l'école

Comme fait le mauvais enfant.

En écrivant cette parole

A peu que le coeur ne me fend. (...)

 

XXIX

Où sont les gracieux galants

Que je suivais au temps jadis,

Si bien chantants, si bien parlants,

Si plaisants en faits et en dits?

Certains sont morts et raidis,

D'eux il n'est plus rien maintenant:

Qu'ils aient repos en paradis

Et Dieu sauve le demeurant!

 

XXX

Et les autres sont devenus,

Dieu merci! grands seigneurs et maîtres;

Les autres mendient tout nus

Et pain ne voient qu'aux fenêtres;

Les autres sont entrés en cloîtres

De Célestin et de Chartreux,

Bottés, houssés comme pêcheurs d'oîtres:

Voyez l'état divers d'entre eux!

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