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L'Obole du silence: René Bersier et Monique Rey

L'Obole du silence: René Bersier et Monique Rey

Moment de plénitude où seul le silence gagne notre respect.

René Bersier et Monique Rey offrent par le biais d'une juxtaposition artistique de poèmes et de peintures une évocation du silence qui se diffuse avec plaisir dans l'esprit du lecteur.

 

Les yeux portent leur choix soit sur la peinture, se l'approprie, le dissèque dans un silence quasi religieux. Le lecteur lit à sa manière la peinture, lui donne sa propre vision du silence. Puis il glisse vers le poème qui l’illustre pour en saisir ses multiples visions.

Le choix peut être plus audacieux en débutant par le texte et se délecter de la peinture ensuite.

 

Ce livre est à la fois sommaire et attractif mais aussi (en voilà la grâce) poétique et dramatique remettant à sa place le plaisir de se poser de contempler dans le silence le monde chaotique et énergétique qui nous entoure.

La cacophonie du monde extérieur s'éteint pour laisser place aux replis sur soi. Le lecteur se recentre sur l'essentiel.

Ce livre laisse entrevoir qu'un monde vivable se compose d'une part de bruit, de folie de courses frénétiques et aussi d'une part de silence, d'égarement, de retour sur soi.

 

Un beau moment de détente à offrir!

 

Seules les fenêtres
Ont des oiseaux la mémoire
Au matin fragile

J'aimerais croire
à l'opacité solaire
Au présent des lendemains
Sur les angles des chemins
Que la nuit a fait taire

J'aimerais croire
à l'éclat des soirs
Dans les yeux qui oublient
D'accrocher à leurs comédies
Les silences des mots en noir

J'aimerais croire
à l'aura du mystère
Sur le parvis des rencontres
Qui nous dispensent des sermons
Que l'on nous dit salutaires

LONGS
A NAITRE
LES MOTS NE
MEURENT PAS

DIAMANTS
DU SILENCE
PRÉCIEUSE
RÉCOMPENSE

D'UNE VIE
D'ARTISAN


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Farces à la trappe, Comédies à la Trappe : Une envie de théâtre

Farces à la trappe, Comédies à la Trappe : Une envie de théâtre

Avec : Alexandre Bersier, Charlotte Bonnafy, Margaux Bovet, Daniel Brigljevic, Mina Brigljevic, Diane Delley, Matilda Frieden, Noémie Guscioni, Rimma Habtezgue, Paulina Havran, Sarah Jaquet, Luca Jutzet, Gabin Kolly, Mara Kühn, Jeanne Liaudat, Flavia Lopes Garcia, Wassim Maj, Valentin Marro, Emilie Niederhäuser, Charles Pardo, Virgile Rossier et Leïla Roulin

Mise en scène Anne Dumas Décors-Construction Michel Torche Décors-Peinture Patrick Schmid Costumes Anne Marbacher Lumières Maurice Sottas Musique Benoît Gisler Maquillages Evangelos Kapsopoulos Régie-Lumières Jules Rossier Régie-Son Nicolas Fischer Affiche Luca Jutzet et Flavia Lopes Garcia Photos Valentin Grand

 

  Quel plaisir de découvrir de jeunes talents en proie à la diction? Restez à l'écoute, des étudiants nous offrent des scénettes (saynètes) abordant tous les phénomènes de société : l'amour, l'enfantement ou l'impossibilité d'enfanter, la mort...

 

  Un beau travail de mise en scène et un apprentissage rigoureux des textes ne vous laisseront pas de marbre. L'élaboration de la mise en scène et les choix de textes (piochés dans les écrits de Pierre Gripari et Jean Tardieu, auteurs du XXème siècle) apportent un point de vue burlesque et novateur sur la société contemporaine.

 

   La première partie est difficile si vous devez emmener des enfants. La deuxième partie est plus accessible. Les acteurs sont fantastiques et s'accaparent les rôles avec justesse.  Les textes sont ardus cependant leur diction est exemplaire.

 

  Merci pour ce spectacle !

 

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La fille quelques heures avant l'impact : Hubert Ben Kemoun

La fille quelques heures avant l'impact : Hubert Ben Kemoun

La fille quelques heures avant l'impact fige une photo de notre société actuelle dans une salle de classe. Les haines racistes, les tensions amoureuses et les colères refoulées se répandent dans une verve violente abondante que le professeur de français ne peut plus maîtriser. Les réprimandes et les exclusions ravivent les discordances mais ne soldent pas cette rancoeur. La haine peut mener à des dérapages sans précédent. La jalousie engendre une altercation. Le désir de pouvoir déclenche un incendie. La mort, est-elle une réponse à toutes les frustrations?

 

Hubert Ben Kemoun frappe fort. Un bel uppercut ! Le lecteur entre dans l'esprit et le corps d'Annabelle qui suffoque et tente de respirer. Le seul objectif est de comprendre le cheminement qui mène à cette mort certaine.Les jalons sont posés. Il reste à narrer les évènements déclencheurs de cette catastrophe. Hubert Ben Kemoun joue sur plusieurs points de vue : celui d'une adulte empêtrée dans sa vie amoureuse vouée à l'échec, celui d'une adolescente qui tente de survivre face à une mère dépressive et un père en prison, un ado. accompagné par des amis de tous les pays vivant dans une cité et un ado avec un père raciste... Toutes les strates de la société sont étalées devant le lecteur.

 

Ce roman écrit quelques jours avant les attentats du 11 novembre 2016 semble analyser les animosités existantes au sein même d'une salle de classe. Mais dans cette tempête de souffrance et de rage, l'auteur accorde une pointe d'espoir. Mokhtar et un ami retournent sauver les victimes de l'incendie. Dans les souffrances les plus horribles, il reste toujours quelqu'un sur qui compter. Et ce n'est pas toujours ceux qu'on croyait nos amis.

 

Ce roman doit être lu par des adolescents mais aussi des adultes qui veulent comprendre le monde dans lequel ils vivent et en tirer des conséquences judicieuses.

 

Il sait qu'il va mourir, et il a peur.
Peur de ce que cela veut dire, peur aussi de partir sans savoir pourquoi on l'a jeté par terre et roué ainsi de coups avec une pareille violence et une telle détermination.

Du vide, du rien. Du néant.
Je Néant Vide Rien...
J'allais exploser si je ne quittais pas cet endroit.
J'ai claqué la porte.
Sortir. Pas comme une fugue, plutôt pour vérifier si la vie normale, sereine et heureuse existait réellement dehors. J'en avais tellement besoin. Sortir, s'extraire, comme une mauvaise herbe ou une trémière dans un trou du goudron sur le trottoir. Sortir en espérant que ne me piétinent pas les semelles d'un imbécile passant par là.

Est-ce qu'on commence à mourir par les yeux? Est-ce par nos yeux que les diables de l'enfer engagent leur besogne?

Est-ce qu'elle est vraie cette histoire qui raconte qu'on voit défiler toute sa vie au moment de mourir? Je n'en sais rien. Mon existence avait été courte. Quinze ans, c'est rien, tellement peu.

En tout cas, ce n'est pas ma vie que j'ai vue défiler, mais une macédoine de choses, perdues dans un labyrinthe dans lequel j'allais mourir.

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C'est écrit là-haut : Claudine Desmarteau

C'est écrit là-haut : Claudine Desmarteau

 Jacques demande à sa maman pourquoi son papa boit de la bière, son grand-père boit du vin et son arrière-grand-père du whisky. La seule réponse venant à l'esprit de la mère est d'invoquer le pouvoir du ciel. Donc, prenant sa mère aux mots, lors d'une interpellation policière il invoque l'excuse suivante : "c'est écrit la-haut". Ce qui aura pour conséquence quelques baffes.

  Depuis, Jacques sait que tout n'est pas écrit là-haut mais que c'est bien à lui de prendre ses propres décisions.

 

  Ce livre explique, avec une bonne leçon, l’intérêt que chaque personne prenne son destin en main malgré le doute qui persiste sur l'idée que tout est écrit là-haut.

Les dessins sont simplistes mais très colorés.

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