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Le village de l'Allemand ou le journal des frères Schiller: Boualem Sansal

Le village de l'Allemand ou le journal des frères Schiller: Boualem Sansal

     Les enfants de la guerre doivent-ils porter la responsabilité des actes de leurs parents? Doivent-ils être aussi coupable que leurs pères tortionnaires?

 

     Rachel est mort d'avoir retracé le parcours dominateur et nazi de son père. Malrich se plonge dans le journal intime abandonné par Rachel à sa mort. Deux frères, nés d'une mère algérienne et d'un père allemand, débarquent dans une cité française pour réchapper à la misère. Est-ce bien là la seule vérité? Chacun des garçons s'approprie un semblant de vie. Cependant, quand un massacre se produit dans le petit village de leur enfance, Rachel doit connaître la vérité. Celle-ci s'avère macabre.

   Sur fond de vie d'intégration raciale, le narrateur aborde le nazisme, ses conséquences sur les générations persécutées par un dictateur. Par le biais du nazisme, Boualem Sansal alerte les communautés sur le mouvement intégriste qui pullule dans toutes les cités par l'intermédiaire des mosquées. Il pointe du doigt les endoctrinements que les autorités laissent se développer.

 

   L'auteur met en exergue les similitudes d'Hitler et des dirigeants intégristes. Il veut éveiller les consciences à la vigilance. Il affirme aux enfants émigrés que l'Algérie de leur souvenir n'a plus la même image.

   L'utilisation de la lecture du journal intime impose une confidentialité. Chaque lecteur devient Malrich qui se découvre, qui prend conscience de ses racines. Le lecteur s'approprie ses souffrances, comprend plus aisément le malaise, la nausée de découvrir un père méconnu par sa propre famille mais reconnu par l'Histoire comme un serviteur assidu d'un des plus grands dictateurs.

   Boualem Sansal joue constamment avec des allers-retours entre l'enfance algérienne et le monde moderne qui glisse sous les pieds de ces déracinés. L'image de l'autre et son rapport à l'autre se désolidarisent, se désagrègent. L'image du père admirée par ce petit village algérien explose face aux images d'atrocité des camps d'extermination. La Shoah vue par un Algérien-Allemand- Français de banlieue accentue la souffrance vécue. Un extrait du livre "Si c'est un homme" de Primo Lévi marque de son encre et de son sang le drame vécu par ce village algérien massacré au nom du terroriste et non de Dieu.

  Ce n'est pas Allah qui prône la violence mais bien des hommes avides de pouvoir et de domination. Le dialogue entre l'imam et le jeune homme sacralise toute l'incompréhension de cette volonté castratrice. Boualem Sansal insiste sur les similitudes entre les islamistes et Hitler : les embrigadements, le choix d'une race supérieure, la surveillance constante, les prêches vindicatifs sous le couvert d'une volonté céleste...

 

Livre puissant,vivant et hurlant de vérité. A faire lire et étudier par le plus grand nombre.

Ce que je sais de l'Algérie, je l'ai su par les médias, par mes lectures, les discussions avec les copains. Au temps où j'habitais la cité, chez tonton Ali, j'en avais une perception trop vraie pour être réelle. Les gens jouaient à être algériens, plus que la vérité ne pouvait le supporter. Rien ne les obligeait mais ils se sacrifiaient au rituel avec tout l'art possible: Emigré on est, émigré on reste pour l'éternité. Le pays dont ils parlaient avec tant d'émotion et de tempérament n'existe pas. L'authenticité qu'ils regardent comme le pôle Nord de la mémoire encore moins. L'idole porte un cachet de conformité sur le front, trop visible, ça dit le produit de bazar, contrefait, artificiel, et combien dangereux à l'usage. L'Algérie était autre, elle avait sa vie, et déjà il était de notoriété mondiale que ses grands dirigeants l'avaient saccagée et la préparaient activement à la fin des fins. Le pays vrai est celui dans lequel on vit, les Algériens de là-bas le savent bien, eux. Le drame dans lequel ils se débattent, ils en connaissent l'alpha et l'oméga et s'il ne tenait qu'à eux, les tortionnaires auraient été les seules victimes de leurs basses oeuvres.

Un jour, le monde entier s'est mobilisé contre cette folie, ils ont tué l'imam en chef, le Führer, et tous ses émirs, et ils ont occupé l'Allemagne. C'est là qu'ils ont découvert les camps d'extermination. Il y en avait des dizaines, les morts se comptaient par millions et les survivants ressemblaient tellement à des cadavres qu'ils ne savaient comment leur parler. Quand mes parents et leurs voisins du village ont été égorgés par les islamistes, Rachel a commencé à réfléchir. Il a compris que l'islamisme et le nazisme c'était du pareil au même. Il a voulu voir ce qui nous attendait si on laissait faire comme on a laissé faire en Allemagne, à Kaboul et en Algérie où les charniers islamistes ne se comptent plus, comme on laisse faire chez nous, en France où les Gestapos islamistes ne comptent plus. Au bout du compte, ça lui a fait tellement peur qu'il s'est suicidé. Il pensait qu'il était trop tard, il se sentait responsable, il disait que notre silence était de la complicité, il disait que nous sommes dans le piège et qu'à force de nous taire en faisant semblant de discutailler intelligemment, nous finirons par devenir des kappas, sans nous en rendre compte, sans voir que les autres, autour de nous, le sont déjà.

(...) Je paie pour un autre. Je veux le sauver, parce que c'est mon père, parce que c'est un homme. C'est ainsi que je veux répondre à la question de Primo Lévi, Si c'est un homme. Oui, quelle que soit sa déchéance, la victime est un homme, et quelle que soit son ignominie, le bourreau est aussi un homme.

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Manuel de Mise en Scène : Axel Sénéquier

Manuel de Mise en Scène : Axel Sénéquier

     Le théâtre est un art qui me fascine. Le jeu des acteurs déambulant sur les planches reste attractif quelle que soit la mise en scène.

     Cependant attardons-nous sur le travail de la mise en scène et tous ses enjeux. Axel Sénéquier s'attaque à cette institution qui ne possède pas d'école, à part l'école de la vie, des rencontres avec d'autres metteurs en scène. Le créateur doit se forger lui-même.

     Nonobstant absence d'école, des règles et des lois régissent ce monde de la création. Axel Sénéquier, par le biais de ce manuel, propose une approche intéressante de ce métier admirable et méconnu. Méconnu dans le sens de sa propre définition. Tout le monde connaît le terme et est capable d'en donner une définition plus ou moins complète mais quand il s'agit de rentrer dans le vif du sujet les voix se taisent.

     Dans ce manuel, les débutants et les expérimentés découvriront des techniques, des annotations, des définitions, des icônes et des références théâtrales innombrables. L'auteure aborde chacun des axes déclencheur d'émotion chez le spectateur. Ce livre se lit d'une traite pour connaître toutes les astuces et les textes de loi pour respecter les écrivains. Puis je vous conseille d'utiliser des marques pages, post-it, des surligneurs pour exploiter au maximum ce petit trésor.

 

   Bonne lecture et Bonne MISE EN SCENE !!!!!

Dans Fantasio, d'Alfred de Musset, mise en scène à la Comédie-Française par Denis podalydès en 2008, le rôle de Fantasio est interprété par une femme.

Le rideau dissimule l'espace scénique du public. Son ouverture et sa fermeture marquent le début et la fin de la pièce ou le passage entre les actes. Il s'agit d'un élément important de la mise en scène.

Son ouverture provoque la surprise des spectateurs : il importe donc de leur laisser un moment pour étudier les décors avant le début de l'action.

Il est aussi possible de laisser le rideau ouvert pour que les spectateurs découvrent la scène en s'asseyant. Cela crée une ambiance (musique, lumière, personnage installé sur scène et immobile ou s'affairant dans son coin....).

La claque désigne un groupe de spectateurs chargés d'applaudir bruyamment une représentation afin de favoriser son succès. Cette institution de spectateurs payés a disparu au début du XXe siècle.

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Du soleil, un café, un Pivot

Du soleil, un café, un Pivot

Besoin de décompresser, une solution s'offre à vous. Pivot croque les mots avec humour et dérision. Vous doutiez de l'ironie et du second degré de Bernard Pivot, rassurez-vous il n'a pas perdu de sa gouaille légendaire pour notre pur plaisir.

 

       Pour ce roman, il met en scène un écrivain absorbé par sa fonction. Quand on est écrivain, on ne peut décemment pas converser comme le commun des mortels. Il faut utiliser avec diligence et bonne aloi les termes littéraires adéquats à toutes les situations. Cet écrivain invité à l’émission Apostrophe ne peut avec la plus grande des bassesses utiliser des phrases bateau et désuètes comme "il pleut" et pire encore "Je t'aime". Il doit être poétique, savoir enjoliver les choses...La tâche n'est pas si anodine. L'écrivain réussira-t-il avec une jolie ritournelle à tirer avantage de sa situation?

 

       Amour des mots et mots tournés en dérision font de ce roman un joli pied-de-nez aux littéraires trop vaniteux pour parler élégamment des belles choses sans dénaturer la langue française.

 

        Ce roman est vendu avec un DVD où Bernard Pivot offre au spectateur la lecture de cette mise en bouche livresque.

A conseiller aux amoureux des Lettres et les admirateurs du présentateur de la grande dictée, d'Apostrophe....

- Ecoute, tu es en hypokhâgne. Tu vas faire khâgne, Normale sup, tu veux devenir écrivain.
Très bien. Mais tu ne peux déjà plus parler comme tout le monde. "Je t'aime", c'est un cliché, et tu devrais d'ores et déjà rayer de ta conversation ce genre de phrases banales, éculées.

- Eh bien, ex-femme, ex-mari. Ils s'écrivent avec un trait d'union. Ils se sont disputés, ils se sont séparés, ils ont divorcé. Faut-il continuer de leur mettre un trait d'union ? Il est inutile. Supprimons-le.

Avec, par exemple, le mot ego.

Mot masculin, forcément.

Mot invariable. Un ego ne varie pas, reste toujours au sommet de sa considération. Jamais de s à ego car ce serait le mélanger avec d'autres petits ego, avec des moi moi subalternes.

Et surtout pas d'accent sur le e, malheureux ! Car vous commettriez un pléonasme, puisqu'il est dans la nature de l'ego de toujours mettre l'accent sur lui.

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DES LIVRES ! DES LIVRES ! DES AUTEURS AU SALON DU LIVRE DE GENEVE

   Comme vous vous en doutiez, je n'ai pas pu résister à arpenter les allées joliment décorées d'ouvrages et peuplées d'auteurs, du salon du livre de Genève.

 

 

DES LIVRES ! DES LIVRES ! DES AUTEURS AU SALON DU LIVRE DE GENEVE

Les rencontres littéraires et philosophiques sont à la hauteur des exigences des lecteurs et ainsi que du public amateur de découverte. 

DES LIVRES ! DES LIVRES ! DES AUTEURS AU SALON DU LIVRE DE GENEVE
DES LIVRES ! DES LIVRES ! DES AUTEURS AU SALON DU LIVRE DE GENEVE

Pour les fidèles lecteurs de l'auteur prolifique Paulo Coelho, une visite interressante de la restrospective de sa vie et de ses oeuvres ne vous laissera pas indifférent.

DES LIVRES ! DES LIVRES ! DES AUTEURS AU SALON DU LIVRE DE GENEVE
DES LIVRES ! DES LIVRES ! DES AUTEURS AU SALON DU LIVRE DE GENEVE

Belle envolée livresque !!!

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