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Le Cid : Corneille

Le Cid : Corneille

     Question, somme toute, sans intérêt mais qui se souvient du prénom de ce tragédien du XVII ème siècle? Ne trichez pas son nom résonne à nos oreilles d'ancien étudiant mais ce fameux prénom. Simplement Pierre.

    Question supplémentaire : citez trois pièces de cet auteur prolifique, à part Le Cid ? (je vous voyais arriver avec vos gros sabots). Donc on peut ajouter : L'illusion comique de 1636, Cinna de 1642 et enfin Oedipe de 1659. Je reconnais la liste peut-être longue et vous laisse le plaisir de la compléter. Jeu qui peut devenir très ludique.

 

    Je vous accorde le plaisir de découvrir avec moi : qui est qui dans Le Cid : Don Fernand, premier roi de Castille; Dona Urraque, infante de Castille; Don Diègue, père de don Rodrigue; Don Gomès, père de Chimère; Don Rodrigue, amant de Chimène, Don Sanche, amoureux de Chimène; Chimène, fille de don Gomès, Léonor, gouvernante de l'Infante; Elvire, gouvernante de Chimène.

 

    Attention voici l'intrigue: Le comte Gomès, humilié par le roi par sa décision de prendre Don Diègue comme précepteur du prince, le provoque en duel. Don Rodrigue doit laver l'honneur de sa famille sur l'ordre de son père. Il tue Don Gomès et ruine ses fiançailles avec Chimène. L'assassin du père de Chimène ne peut moralement pas épouser Chimène. Celle-ci demande la mort de Rodrigue au roi. Durant cette tragédie, Les Maures attaquent la ville et Rodrigue sauve son royaume. Le roi lui accorde son pardon. Cependant, Chimène ne peut se résoudre à aimer un homme qui a tué son père. Elle propose au roi d'épouser le vainqueur du duel qui opposera Don Sanche (amoureux de Chimène) et Don Rodrigue (amant de Chimène). Don Rodrigue gagne et leur mariage sera célébré un an après ce duel.

 

O rage! ô désespoir! ô vieillesse ennemie!
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie!
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers?
Mon bras, qu'avec respect toute l'Espagne admire,
Mon bras, qui tant de fois à sauver cet empire,
Tant de fois affermi le trône de son roi,
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi?
O cruel souvenir de ma gloire passée!
Oeuvre de tant de jours en un jour effacée!
Nouvelle dignité, fatale à mon bonheur!
Précipice élevé d'où tombe mon honneur!
Faut-il de votre éclat voir triompher le Comte,
Et mourir sans vengeance, ou vivre dans la honte?
Comte, sois de mon prince à présent gouverneur:
Ce haut rang n'admet point un homme sans honneur;
Et ton jaloux orgueil, par cet affront insigne,
Malgré le choix du Roi, m'en a su rendre digne indigne.
Et toi, de mes exploits glorieux instrument,
Mais d'un corps tout de glace inutile ornement
Fer, jadis tant à craindre et qui, dans cette offense,
M'as servi de parade, et non pas de défense,
Va, quitte désormais le dernier des humains,
Passe, pour me venger, en de meilleures mains.

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

Ne mêle point de soupirs à ma joie;
Laisse-moi prendre haleine afin de te louer.
Tu l'as bien imitée, et ton illustre audace
Fait bien revivre en toi les héros de ma race :
C'est d'eux que tu descends, c'est de moi que tu viens :
Ton premier coup d'épée égale tous les miens;
Et d'une belle ardeur ta jeunesse animée
Par cette grande épreuve atteint ma renommée.
Appui de ma vieillesse, et comble de mon heur,
Touche ces cheveux blancs à qui tu rends l'honneur,
Viens baiser cette joue, et reconnais la place
Où fut empreint l'affront que ton courage efface.

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Quinze rounds : Richard Bohringer

Quinze rounds : Richard Bohringer

        J'ai bu tout mon saoul au son grave de la voix de Bohringer. Personnage troublant et attachant qui décoche, avec tendresse, ses flèches d'affection.

    Personnage connu mais tellement blessé par la vie se livre à travers un épanchement libérateur. La vie est un combat tenace et ardu. Bohringer arbore son costume de boxeur et se bat contre un cancer (nouveau combat), comme une dernière lutte face à cette mort qui le harcèle depuis l'enfance.

         Lui, qui a bravé tous les interdits : de l'alcool en passant par l'héroïne, aimant les femmes espérant simplement être aimé.

 

     Bohringer, à travers ses quinze rounds, balance, jette avec désinvolture et arrogance tous les "je t'aime" resté coincé au fond de son coeur. Ses yeux verts, avides de tendresse, marquent encore des points dans l'admiration collective.

 

         L'écorché vif accentue chez ses admirateurs ce pathos tant refoulé. Ce roman est la catharsis de ce poète maudit (qui se refuse à cette comparaison). Il devient le mentor désoeuvré qui ouvre le chemin de la créativité aux écrivains, aux peintres qui désirent être reconnus.

         Bohringer symbolise ce joueur de Jazz, au fond de la boîte de nuit, qui offre sa vie au public avec pudeur et qui se livre un combat violent et destructeur dans son for intérieur.

 

       Le texte est rude et rédempteur. J'ai admiré cette leçon de courage, car l'auteur n'attend pas de pardon. Il doit lutter pour survivre comme il l'a toujours fait. Cependant à travers ce texte, il cherche à se comprendre et à vivre en paix avec lui-même.

L'animal en moi a souvent pris le pas. Je ne marchais qu'à l'instinct. Mon instinct était infaillible. Je n'ai été trompé que par moi-même. Je me suis transformé en guerrier. Fallait que je vive. Que je survive plutôt. J'étais sûr de n'avoir aucun talent. Même pour être bandit. Un peu gigolo. De passage. Fallait que je m'invente une vie.

J'avais pas d'avenir. Il me fallait un passé.
J'ai été cruel avec innocence. La lune était mon astre, mon ultime confidente. Elle partageait mes nuits, mes errances, mes certitudes nocturnes.

J'ai décidé de n'écrire que sur les humains que j'ai aimés car ils m'ont aimé malgré les insupportables errances qui me rongeaient l'âme et me rendaient d'une grande violence verbale. Et puis sur des films oubliés auxquels j'ai aimé participer. Des pas bons, même, mais qui m'ont tous donné un moment d'existence.

Tu voulais être meilleur humain, regarder la vie et ceux qui piétinent sur la terre comme des frères. Tout ce que tu n'aimes pas en toi, je le bénis, l'asperge de la pluie à travers le soleil. Les rayures sont ton élégance et, grâce à toi, je suis moins seul. Putain d'ami voudrait enfin comprendre que même si je ne vis pas comme toi, je suis de là, de chez toi.

Les mots d'amour ne donnent pas à manger mais peuvent rassembler des coeurs. Marchons, vivants. Ensemble devenons humains, enfin: Face à toi, grâce à toi, j'ai retrouvé la liberté et l'envie de croire.
(...)

Dans un jardin noir court un rat qui cherche à boire.
La route me bouffe, je me noie dans la route.
Je suis un marin de la route. Je l'aime par tous les temps. Sans route je meurs.

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Le Dicton de Léon

L'arrogance et la suffisance n'ont de l'importance que pour ceux qui en usent.

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Oubli

Oubli

Vide insensé

de nos mémoires enfouies

 

Oubli sidéral de nos souvenirs

Néant de nos sourires effacés

 

Amnésie de nos désirs assouvis

Détachement de nos proches

 

Abnégation d'une vie passée

Adieu à notre empreinte sur terre !

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