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Calendar de l'Avent !

Calendar de l'Avent !

De toute évidence, la majorité des gens aime recevoir un petit présent, souvent une gourmandise au goût de chocolat, en patientant pour le jour J (J comme Noël, Oups ! Comme Joyeux Noël!). 

 Visiblement, je m'adresse peut-être à l'éternel enfant qui sommeille en vous et que je vais tenter de réveiller.

Donc, cette année, je me lance le défi de vous faire découvrir ou redécouvrir (pour les acharnés de lecture) des délices livresques en attendant Noël!

 

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Meurtres et Religion : intéressant cocktail ! Le Dragon du Muveran de Marc Voltenauer

Meurtres et Religion : intéressant cocktail ! Le Dragon du Muveran de Marc Voltenauer

Le passé rattrape toujours les persécuteurs. Les cartes reçues chaque année prouvent qu'un torturé ne perd jamais la mémoire. 

 La vengeance se nourrit du passé, des atrocités perpétrées par des adolescents. Mais qui peut tuer avec autant de sang froid, de maîtrise. Aucun élément ne relie les victimes.

 Les seuls indices sont une période scolaire, une école fréquentée par des suspects, une paroisse, un temple et cette terrible montagne "Le Muveran" dominant la vallée.

 Trouvé le coupable pour l'inspecteur Andreas ne sera pas une mince affaire. Marc Voltenauer s'imprègne de la Suisse dont il connaît tous les villages. Il immerge volontairement le lecteur dans ce village tranquille qui se métamorphose en scène de crime. L'auteur crée une symbiose entre l'horreur des crimes perpétrés et les versets de la Bible. 

 Les indices apparaissent au fur et à mesure des pages et le lecteur se prend au jeu de découvrir le meurtrier au risque de se perdre lui-même.

 

 Belle rencontre littéraire ! A conseiller aux férus de théologie et aux mordus de roman policier !

Sur la table de communion, un cadavre était allongé, nu. Les bras étendus étaient perpendiculaires au corps. Les jambes, attachées ensemble à l'aide d'une corde. C'était l'image du Christ crucifié. Un homme. La cinquantaine probablement. Un énorme couteau était placé dans son coeur. Autour de la plaie, du sang séché formait comme un réseau de ruisseaux du haut de la poitrine jusqu'au sexe. Ses yeux avaient été enlevés. Les orbites ressemblaient à deux trous noirs. A l'extrémité du couteau, une cordelette avec un morceau de papier. Andreas le détacha, après avoir pris soin de mettre des gants en plastique. Il y lut les mots suivants :
"Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes les ténèbres !"

L'homme qui n'était pas un meurtrier était sur la terrasse parmi la foule, en attendant le départ du convoi. Il contemplait le panorama qui s'offrait à lui. Le Grand Muveran était magnifique. Il l'avait décidé : il accompagnerait Gautier à sa dernière demeure. Lorsque le convoi démarra, il se positionna vers la fin. A quelques mètres devant lui, il observait l'inspecteur et sa collègue. Pour l'instant, ils étaient à mille lieues de la vérité. Il s'était à nouveau déguisé. A ce petit jeu, il était très doué. Mais il devait être prudent. Il avait du respect pour cet inspecteur, bien qu'il ne le connût pas.

- Même un manque d'amour des parents peut avoir des effets désastreux sur le développement d'un enfant. Au lieu de cultiver des valeurs et des traits de caractères positifs comme la confiance, l'autonomie et la sécurité et de mettre en place un lien social avec sa famille et son entourage, l'enfant peut se réfugier dans un monde fantasmatique. Imaginez si la violence, l'alcool, la dépendance ou l'abus viennent se mêler à l'histoire... Un enfant soumis à ce type de cruauté peut grandir en pensant que la violence est la seule façon d'interagir et de se défendre face aux défis de la vie. Il ne parvient ainsi pas à se construire une identité sexuée et sexuelle adulte et équilibrée. L'enfant peut devenir complètement dépendant de sa vie fantasmatique, créer en lui des images négatives et violentes, et s'isoler plutôt que développer des interactions sociales. Incapable de puiser de la satisfaction dans ses relations aux autres, il cherchera à la trouver en réalisant ses fantasmes.

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Les Mots

Les mots semblaient pour moi

incroyablement touchants.

Ils se laissaient hachurer,

piétiner, ânonner, tronquer,

sans jamais se rebeller.

 

Les mots s'arrondissaient en bouche

se liquéfiaient sans retouche.

Parfois, hésitant

cependant jamais absent.

 

Les mots décrivaient le monde

avec ses peines et ses espoirs

sans note de désespoir.

Ils se voulaient choquants

parfois même violents.

 

Mais jamais, ils ne s'élevaient plus haut

que pour transcender la justesse des trémolos.

Les mots illuminaient les regards

sans jamais émettre d'écart.

 

Se jouant des sonorités,

ils s'inscrivaient en vérité :

L'amour, ils déclamaient,

Les pleurs, ils les consolaient,

Les rires, ils s'en abreuvaient.

 

Hélène Cousin

 

 

 

 

 

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Cuba, Pays aux mille visages ! Dieu n'habite pas La Havane: Yasmina Khadra

Cuba, Pays aux mille visages ! Dieu n'habite pas La Havane: Yasmina Khadra

 Don Fuego, un chanteur adulé d'un cabaret de la Havane, perd son statut lors de la vente de l'établissement à des capitaux étrangers. La Havane oublie ses racines pour se tourner vers le capitalisme ce qui bouleverse bien des existences. 

 Le chanteur déchu retrouve une seconde jeunesse dans un aveuglement amoureux. Il est hypnotisé par une déesse sulfureuse dont il ignore les agissements. A soixante ans, doit-il tout reconstruire pour son nouvel amour ou s'accommoder de sa nouvelle existence ?

 

 Dieu a peut-être déserté le coeur des hommes mais il sème selon sa volonté des grains de bonheur. Que l'on donne à Dieu, au Temps, au Hasard des pouvoirs, le lecteur s'en remet à l'écriture fluide, efficace et hypnotisante de Yasmina Khadra.

 L'écriture à la première personne se veut percutante comme une rumba endiablée. La musicalité du roman accompagne les divagations d'un chanteur en manque de repère. Le début du roman assène un coup de poing à l'artiste reconnu dans le monde entier, le deuxième round le laisse K.O., le troisième lui octroie une immense joie, le quatrième lui laisse un goût de néant. La fin du roman lui accorde la douceur d'une salsa.

 Pour les amoureux de Cuba, l'enquête de Juan sera une visite guidée de l'île.

 Ce roman est une vraie introspection dans son moi intérieur et son rapport au monde et surtout son rapport à l'autre.

- Je ne crois qu'en un seul Dieu, unique et incontestable, celui qui fait et défait toutes choses en ce monde : le Temps. Et il ne reconnaît qu'un prophète digne de lui : le hasard.

Que m'arrive-t-il? Après qui suis-je en train de courir? Après elle ou après moi? Dans ma tête, un seul cri retentit sans cesse : retrouve-la. Ne cherche pas à comprendre. Il n'y a rien à comprendre. Lorsque le coeur s'invente une histoire, la raison n'a pas voix au chapitre. Je suis comme fou. Je croyais que ma vie m'appartenait, et voilà qu'une fille dont je ne connais pas grand-chose me la confisque. Comment une illustre inconnue a-t-elle pu m'habiter jusqu'à se substituer à mon âme? Sa disparition est un gouffre qui n'en finit pas de m'engloutir. Je me sens apatride sur mon propre territoire. Ne me reconnaissant plus, je crapahute à côté d'un étranger. Désemparé. Perdu. Aussi pauvre qu'une branche en hiver, aussi triste qu'un clown. Je ne peux que frapper dans mes mains en signe de désarroi, halluciner à chaque coin de rue en croyant la voir. Mayensi partie, elle a aspiré l'air que je respirais et m'a laissé sous vide.

(...) Il s'agit d'une même thérapie sauf que le protocole que propose la poésie est différent de celui de la musique. Le poète nous inspire, le chanteur nous respire. Le poète nous éclaire, le musicien nous enflamme. C'est dans cette nuance que réside la singularité de celui qui dit et de celui qui chante. C'est une question d'ouïe, plus précisément du réglage de l'ouïe, du dosage de la concentration. On ne prête pas la même attention à un récital de poésie qu'à un concert de musique. On n'est pas là pour la la même raison, même si dans les deux cas de figure, le but est le même : rechercher l'évasion. Le rapport à la poésie est plus intime. On est dans la quête tranquille de soi. Avec la musique, on adhère aux autres, on est dans l'élan et non dans la retenue, dans le don de soi et non dans sa quête. Les gens ne vont pas au concert chercher des vérités mais pour rompre avec elles. Ils réclament des paroles qui donnent envie de jeter au diable la réserve, de se soûler jusqu'à prendre une mouche pour un oiseau paradisiaque, de se foutre à poil en criant haut et fort : au diable les carrières et les révolutions. Avec la poésie, on réintègre son élément, on s'interroge sur le sens de la vie, on est rendu à la réalité du monde, on tente d'élucider certains mystères de cette même réalité, de percer la complexité des êtres et des choses...

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