Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le secret de kimi : conte de corbeau , illustré par Christian Offroy

Le secret de kimi : conte de corbeau , illustré par Christian Offroy
Le secret de kimi : conte de corbeau , illustré par Christian Offroy

   Simplement magnifique! Vous me direz que cet adjectif est un peu rapide, néanmoins laissez vous emporter par le graphisme de ce conte.

    L'histoire puise son origine dans les contes indiens où le sage apprend à l'enfant le respect du monde et de ses traditions. Kimi, une enfant splendide aux yeux emplis de mystère, acquiert des leçons de vie, dans un tipi, entourée de sa grand-mère et de la nature bienveillante. 

 

   Ce conte cristallise une parenthèse poétique. Les aquarelles font partie intégrante de l'essence de ce livre. Regardez les prunelles de cette enfant, elles révèlent une part de mystère. Le choix de la calligraphie rejoint celle des livres anciens. Tous les lecteurs poursuivent ce rêve fantastique de voler et de communier avec la beauté des papillons. 

 

   Un conte purement féérique qui ravira les jeunes filles qui reconnaîtront à coup sur un joyau à faire pâlir les copines !

 

   Couleur Corbeau est une jeune maison d'édition talentueuse à qui je souhaite une belle prospérité.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Plus folles que ça tu meurs : Denise Bombardier

Plus folles que ça tu meurs : Denise Bombardier

Atteindre 60 ans est parfois une rude épreuve et ce roman ne voilera pas la face du lecteur. Stoppons-nous un moment de lire des romans sur la vie sexuelle  trépidante des quarantenaires pour nous intéresser à celles des sexagénaires.

 La narratrice affublée des copines, de sa fille névrosée, délie les langues sur la perception des corps passés la ménopause. Elles repeignent le décor de leur vie amoureuse, se  délectent de repas très arrosés et se cachent derrière des vies bien remplies.

 Peur de vieillir, Denise Bombardier glisse dans son roman léger les clefs d'une vieillesse réussie : plus de tabou, juste le désir de vivre sereinement (avec quelques coups de pouce chirurgicaux).

 Le lecteur contemple, s'incruste dans les réunions entre copines comme le dernier des confidents. Il reste muet, attentif aux révélations truculentes. 

 Ce roman concentre un florilège d'anecdotes qui calmeront les angoisses de la vieillesse (dont je ne citerai pas les noms). Chacune des protagonistes vit avec ses névroses, fuit sa propre angoisse de la mort , de la maladie et surtout de la solitude. 

 Le lecteur pourra émettre quelques réserves sur les problèmes de ces dames qui ont un niveau de vie qui leur permet de fuir certaines réalités. 

 Cependant, le point de vue adopté par cette auteure canadienne apporte une vision neuve et moderne de la femme sexagénaire qui souffre des mêmes maux que les autres femmes à chaque âge. 

Un anniversaire est un moment excitant tant que l'on peut multiplier par deux notre âge et que le chiffre indiqué sur le gâteau évoque encore la jeunesse. Il devient problématique, en revanche, à partir d'environ vingt-cinq ans, quand on saisit qu'on atteindra un jour le double, soit la moitié d'un siècle. À cet âge, les hommes fanfaronnent encore et les femmes se regardent peu dans la glace, à tout le moins sans insistance. Ensuite, le rythme des visites chez le docteur remonteur de figure et compresseur de ventre se fait plus régulier. Et, à la fin de la quarantaine, on rêve d'un abonnement avec tarifs réduits.

En effet, je comprends un peu ces femmes qui n'acceptent plus de coucher qu'avec des ex. Être en terrain connu rassure et réduit les mauvaises surprises. D'autant qu'un fossé quasi infranchissable existe entre les fantasmes sexuels de la jeunesse et leur réalisation par des corps sexagénaires. Les prouesses de gymnaste comportent des risques pour les vieux, c'est connu. Quant à certaines pratiques amoureuses, elles apparaissent grotesques une fois franchie une limite de fraîcheur. La vieille et confortable position du missionnaire demeurant d'une efficacité sans failles pour les gens du troisième âge capables de ne pas bouder leur plaisir, recourons-y avec joie. Contrairement à ce que certains jeunes prétentieux qui font de plus en plus appel aux pilules bleues, dit-on, aiment à croire, l'amour physique n'a pas d'âge quand on se connaît bien. Et moi, avant de retrouver ma peut-être future conquête, je savais ce que je valais et aimais.

Charles veut m'offrir un diamant, mais n'ose pas le choisir lui-même. Je lui ai pourtant donné ma bénédiction : un homme qui offre un saphir Padparadscha n'a pas besoin de l'assentiment de celle qui le recevra. "Oui mais le diamant de mariage est plus symbolique", m'a-t-il dit. Pour toute féministe affranchie appréciant les bijoux, existe-t-il plus miraculeux qu'un homme traditionnel dans la vie ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

La vérité et autres mensonges : Sascha Arango

La vérité et autres mensonges : Sascha Arango

   Méfiez-vous de tout ! Les écrits déroutent la vérité, mais quelle vérité ? La vôtre ? Celle des faits? ou votre volonté à la masquer?

 

   Un auteur de génie se retrouve confronté à un dilemme : avouer la vérité à sa femme sur sa liaison et la naissance d'un futur enfant ou se débarrasser de l'élément perturbateur. Son choix est enfin arrêté cependant la suite des évènements risquent de corrompre les éléments. 

 

 Qui est donc Henry ? D'où vient-il ? Et ce cadavre encombrant (pas celui dans le placard, quoique? mais celui plongé dans la mer) ? Ce camarade de retour du passé? Et enfin, cette police bien conciliante à son égard? 

 Sans aucun doute, vous y perdrez votre latin (si vous l'avez possédé un jour- cela reste votre part de vérité-.)

 

 Ce thriller questionne tous les fondements du principe de vérité. Le lecteur est promené comme un pantin dans les divagations du protagoniste. Les détails de l'histoire perturbent le lecteur qui engrange de nombreuses difficultés sur le caractère insaisissable, narcissique et pathologique du narrateur. Néanmoins, la volonté de connaître la vérité taraude le lecteur.

 

 Rien à faire : Vous lirez ce roman policier jusqu'au bout !

(...)Il serait resté invisible - un art en soi. Certes, la lutte pour la vie est excitante, c'est le manque qui donne du prix aux choses, l'argent perd sa signification dès lors qu'on en possède en abondance. Tout cela est vrai. Mais l'ennui et l'indifférence ne sont-ils pas un tribut acceptable en échange d'une vie de bien-être et de luxe, et en tout cas préférable à la faim, à la souffrance et aux dents gâtées? On n'a évidemment pas besoin d'être célèbre pour être heureux, d'autant qu'on confond trop souvent popularité et valeur, mais depuis qu'Henry avait quitté l'obscurité où se meut tout un chacun pour entrer dans la lumière de l'homme d'exception, il jouissait d'une existence incomparablement plus confortable. C'est pourquoi il ne s'occupait depuis des années qu'à maintenir le statu quo. Il n'était pas question pour lui d'en obtenir plus. Là-dessus, il demeurait réaliste. Même si c'était ennuyeux.

Il décida de vérifier. Au kilomètre huit, il tourna en direction de la falaise - au milieu de rentrer à la maison, ce qui aurait été beaucoup plus raisonnable, mais tout amateur de polar sait que les meurtriers reviennent fréquemment sur les lieux de leur crime, où ils se font arrêter. Ils le font parce qu'ils sont sentimentaux, parce qu'ils sont curieux de savoir, comme tout être humain, certains le font par vanité et d'autres par regret, ils suivent l'appel de leur conscience. Une dernière catégorie le fait par scepticisme, ceux-là ne veulent pas croire qu'ils ont vraiment été capables de commettre un tel acte. Quant à Henry, après sa visite à la morgue il était arrivé à la conviction que la police croyait à un accident. Il n'y avait donc aucune raison de ne pas aller vérifier où gisait sa femme et ce qu'il était advenu d'elle entre-temps. C'est ce que Martha aurait attendu de lui, pensait-il.

Henry Hayden disparut sans laisser de traces avant la parution du roman. Contre toute attente, le livre ne fut pas un best-seller. Les critiques écrivirent que la fin était perturbante et bizarre. Un an après la disparition de Hayden, Obradin Basarié reçut une carte postale non signée, sur laquelle il était écrit à l'encre marron, d'une écriture fine :
Toujours seul plutôt que jamais.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Constance, Guide touristique à l'usage des aveugles : Alexandre Friederich

Constance, Guide touristique à l'usage des aveugles : Alexandre Friederich

   Caractérisé de "conte drolatique"j'associerai ce récit plus aisément au théâtre de l'absurde. Un narrateur, écrivain de guide touristique, vous décrit sa traversée de Constance de manière burlesque et décalée. Il ne faut pas oublier une notion fondamentale sur la portée de ce guide destiné aux aveugles : faire voir une ville à des aveugles!

 

   Récit court, truffé de découvertes architecturales (à la Chancellerie) et culinaires (séance kepap à ne pas rater) qui se dévore comme un guide touristique pour éviter les voyageurs.

    Alexandre Friederich absorbe le lecteur dans sa folie narrative et pédestre. 

 Humour décapant et décalé résultant d'un phrasé rythmé et musical mais aussi d'une virée bien alcoolisée. Très belle découverte !

Ce bâtiment de chancellerie de la Markstätte, ce bâtiment où le garçon à la machette devait avoir sa garçonnière, me laissait perplexe : fallait-il proposer la visite d'un lieu désincarné? Mais comment ne pas mentionner la chancellerie de Constance ? Et si l'un des aveugles débarqués en touriste était capturé par les excentriques du Paradies, véhiculé sur un banc, condamné à revivre les soubresauts de l'histoire ? Certes, l'offre des réjouissances ! Mais un guide de poche doit aussi prévenir le badaud des risques encourus. Il éclaire le tableau et dans le même temps en chasse les ombres.

Et not :"pour Moi. Voir avec Gast comment il fait pour donner à voir à des aveugles ce qui est invisible même pour un voyant."

(...) Je ne peux pas. À cause du yo-yo. J'étudie le yo-yo; Vous savez à quoi ça sert le yo-yo ? À monter et à descendre. Quand je monte, je me me penche en avant, quand je descends, je me penche en arrière. Pas le yo-yo. il est constant, droit. C'est une leçon de tenue. C'est cette leçon que j'attends.
- Et ça te mènera où?
- À l'Université. Département de mathématiques et de sciences naturelles. Et vous? Vous montez ou vous descendez?
- Je vais en ville.
- Alors, vous descendez. Je croyais que vous cherchiez le sommeil.
- Qui te l'a dit?
_ C'est jour de marché aujourd'hui, les nouvelles vont vite.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

MINECRAFT : Mojang

MINECRAFT : Mojang

     J'ai changé mon fusil d'épaule et me lance dans les jeux vidéo. Vous y avez cru ?! Rassurez-moi, juste un court instant !

 Eh bien, non! Vous êtes toujours sur mon blog littéraire. 

 

   Aujourd'hui, je m'adresse aux parents frustrés par le nombre d'heures que leur gamin passe scotché devant une console. (je ne cite pas tous les modèles, j'en oublierai très certainement et de plus je ne suis pas sponsorisé par une marque en particulier. LOL (termes plus utilisés depuis un demi- siècle par vos enfants)).

 

    Un gamin futé m'a démontré que l'on pouvait s'instruire et enrichir son jeu en lisant une édition spécialement conçue pour créer un monde virtuel et vivre de magnifique aventure. Donc, s'en plus attendre, j'ai lu deux manuels : "Construction, le guide officiel" et "Redstone, le guide officiel". Ces deux livres regorgent d'astuces pour construire tes maisons, ton village, en bref ton univers. Ils exploitent tous les matériaux de construction utilisables. Des joueurs expliquent leur cheminement de construction. Les photos mettent en relief les techniques exploitées. Les termes sont choisis et révèlent d'une bonne connaissance du français (ça c'est pour les parents inquiets du langage usité).

 

    Pour infos, les accrocs de jeux lâchent volontiers leur manette pour s'octroyer un moment de lecture. Ne dit-on pas que chaque lecture développe l'intellect quel que soit le support?

    Bonne lecture et bonne construction !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Sur la terre comme au ciel : Davide Enia

Sur la terre comme au ciel : Davide Enia

   Chaque décennie emporte avec elle une lutte ( la Guerre Mondiale pour certains, la guerre mafieuse pour d'autres). Fraternité d'homme face à l'absurdité du combat, la guerre sanglante rend muet des hommes, en terrasse d'autres et hypnotise les plus fidèles. La guerre se fige dans les poings du boxeur. Cette lutte se concentre dans deux hémisphères: celle du corps physique combattif et viril et celle du mental avec cette notion de résistance et de domination. 

 

    Ce roman relate, dans une quête d'identité, les fondements de la boxe. Bienvenue à Palerme en 1980, Davidù s'initie grâce à son oncle à la boxe. La dure réalité de la violence des guerres mafieuses se superpose aux retours en arrière sur l'évolution de la boxe. Le narrateur utilise à la fois le présent de narration pour camper son personnage principal dans cette réalité et à la fois des notions concrètes du passé qui donnent une crédibilité au héros. 

 

   Le bémol de ce roman est la difficulté à comprendre le schéma narratif. J'avoue avoir éprouvé des difficultés concernant la technique de passage d'un personnage à l'autre. Les passages principaux que j'ai appréciés se résument dans la vie de ce grand-père magnifique, simple, absent dans les mots mais tellement présent par son identité. Parfois des hommes brillent plus par leur charisme que par leur phrasé. Le grand-père est. (tout simplement). Certes les autres personnages partagent leur vie, leur évolution mentale à travers un sport technique et artistique. La violence du sport est temporisée par cette aventure humaine.

 

   J'ai apprécié la découverte de cette famille italienne ancrée dans ses racines. Les liens du passé, embrumé d'amour et de passion pour la boxe cimentent cette famille. Le lecteur entre dans cette Italie profonde et poétique. 

 

L'humiliation brûle plus fort que les coups reçus.
"Ce fut mon premier vrai combat de boxe. Je pensais que l'affrontement physique était surtout une question de puissance. Être celui qui frappe le plus fort, être le plus méchant. Les coups du Nègre non seulement défonçaient son adversaire mais ils étaient beaux à voir. Ce qui détruit, c'est ce qui est précis, et pas ce qui est fort. Il m'avait démoli la gueule. Il fallait qu'il soit mon maître."

Au bout de ces deux jours interminables, on apporta une ration d'eau. C'était la quantité pour trois jours, annoncèrent les gardes. Francesco D'Arpa sentit sur lui le regard des autres prisonniers: Les soldats lui reconnaissaient, au-delà de son grade, l'autorité pour prendre les décisions nécessaires à leur survie. Quand on est épuisé, on remet sa propre existence entre les mains d'un autre, en espérant qu'il aura assez de force pour ne pas tomber.

"C'est bizarre que nous, qui sommes sur une île, nous ne mettions pas nos morts sur des barques, la nuit, comme ça la mer les emporterait au loin et nous resterions à regarder les feux qui disparaissent à l'horizon de la vie.
- Les cimetières existent parce que savoir que le mort est dans un endroit précis, c'est une consolation.
- D'accord, mais quel autre endroit pourrait être plus précis que le coeur ?"

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Concours venant de l'espace !!!

Concours venant de l'espace !!!

Thomas Pesquet, en direct de l'espace, lance un concours ludique et ambitieux adressé aux jeunes écrivains. Ceux-ci auront le privilège de poursuivre l'aventure du "Petit Prince" fraîchement débarqué sur une huitième planète. 

 Deux textes seront sélectionnés et lus par cet astronaute, qui nous fait tant rêver, dès son retour sur terre.

 

 Á vos stylos, ordi...le concours s'achève le 28 février 2017! 

 

 Je m'adresse aussi aux profs de français, de science ou d'histoire : C'est une occasion en or de faire découvrir à vos élèves, dans un premier temps, "le petit prince" de Saint Exupéry, dans un deuxième temps, de leur permettre d'unir les sciences et la littérature et enfin dans un troisième de leur permettre de s'épanouir à travers l'écriture d'un texte. (pas noté, ah! ah!)

 

 Eh! pas besoin d'être en classe pour proposer vos textes ! Éclatez-vous ! Inventez votre nouveau monde, des rencontres fabuleuses !

 

Pour plus d'infos: http://www.culturetheque.com/exploitation/CHE/concours-ecriture-mission-proxima.aspx

Concours venant de l'espace !!!
Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Le premier givre : Arsène Houssaye

Le premier givre : Arsène Houssaye

Une petite présentation du poète :

 

  Arsène Houssaye, né Housset en 1815, se distingue par la direction de plusieurs revues littéraires dont L'artiste et La Presse. Ses collaborateurs ne sont autres que Gautier, Nerval, Baudelaire, de Banville, Esquiros.... Il est nommé administrateur général de la Comédie Française. Il se frotte à la politique sans succès. Son succès théâtral englobe son désir de faire connaître les textes de Victor Hugo, Alexandre Dumas...

Il s'essaie avec succès au genre du roman, au théâtre et à la poésie. Un artiste accompli.

 

Explication succincte du poème :

 

  ce poème décline sur fond de mélancolie, l'hiver qui endort la vie. Le froid retire doucement le sentiment d'une vie agréable. Dès le début du poème, la sentence s'abat sur le vallon. Tout le thème de l'hiver se symbolise dans des termes funéraires : tombe, linceul, vieux, famine...

 L'hiver ne revêt pas un doux visage, il devient messager de la mort. 

 

 Très beau poème !

L'hiver est sorti de sa tombe, 
Son linceul blanchit le vallon ; 
Le dernier feuillage qui tombe 
Est balayé par l'aquilon.

Nichés dans le tronc d'un vieux saule, 
Les hiboux aiguisent leur bec ; 
Le bûcheron sur son épaule 
Emporte un fagot de bois sec.

La linotte a fui l'aubépine, 
Le merle n'a plus un rameau ; 
Le moineau va crier famine 
Devant les vitres du hameau.

Le givre que sème la bise 
Argente les bords du chemin ; 
À l'horizon la nue est grise : 
C'est de la neige pour demain.

Une femme de triste mine 
S'agenouille seule au lavoir ; 
Un troupeau frileux s'achemine 
En ruminant vers l'abreuvoir.

Dans cette agreste solitude, 
La mère, agitant son fuseau, 
Regarde avec inquiétude 
L'enfant qui dort dans le berceau.

Par ses croassements funèbres 
Le corbeau vient semer l'effroi, 
Le temps passe dans les ténèbres, 
Le pauvre a faim, le pauvre a froid 

Et la bise, encor plus amère, 
Souffle la mort. — Faut-il mourir ? 
La nature, en son sein de mère, 
N'a plus de lait pour le nourrir.

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

L'EPÎTRE III : textes collectifs

L'EPÎTRE III : textes collectifs

  Pour ceux qui me suivent, cette révélation, ils la connaissent, depuis quelque temps, j'adore découvrir de nouveaux écrivains. Et quelle ne fut pas ma joie en recevant un opus édité par un étudiant universitaire suisse Matthieu Corpataux !

  L'épître est en premier lieu une revue littéraire qui se développe sur la toile avec un succès grandissant. Le concept se traduit par la publication de textes courts envoyés par des anonymes (qui deviendront des grands pour certains) et validés par un groupe de lecteurs. La ligne éditoriale se veut ouverte et permissive. Le seul mot d'ordre est "texte court".

 

  Cet opus recueillent des textes poétiques, en prose ou théâtraux. Chaque lecteur y trouve son compte. Pour cette troisième édition, l'accent porte principalement sur le moi et son rapport au monde et le moi face à la création. 

  Ce "petit" recueil est l'aboutissement d'une quête de créativité. Je le conseille car le lecteur se laisse amadouer par les récits riches en réalisme et en sincérité. Chaque écrivain apporte sa part de sensibilité, de névrose face à la réalité du monde. 

 

 La structure de "Désespoir" agrippe le poème dans l'esprit du lecteur. Il oscille entre les sentiments et la police d'écriture choisie. Le lecteur ne pourra rester insensible à la beauté de cette femme confrontée à sa propre décision dans "Sur le seuil".

 

 Je pourrai que trouver des superlatifs concernant ses textes savamment sélectionnés, mais le mieux que vous puissiez faire : c'est de vous procurer cet opus et de le partager.

Prendre la parole - oui mais à qui? La dérober, la dévêtir des tissus mensongers, des apparats en mascarade, trousser les jupons de cette langue qui faisait son lit dans toutes les bouches, c'est ça qu'il aurait fallu. Je le pensais. Sauf que je n'avais pas l'âme voleuse : chiffonnière des mots, je pensais les acheter à la criée. Je chipais quelques lettres, je les faisaient miennes, en inscrivant au revers d'elles les initiales de mon timbre, celui qui viendrait. (La parole au ventre de Sophie Jaussi)

(...) et puis
soudain
on croise son reflet dans la vitrine
le reflet effrayant de celui qu'on n'est pas
qu'on n'a jamais eu le courage de devenir (...)

(Grandes villes de Benjamin Eichenberger)

Plus de voix au chapitre
Le désert à la page
Y a le vide qui s'installe.
Beaucoup de mots s'envolent
Du roman qui s'épuise,
Le silence respire !
Je vire dans le blanc
Je neige sur ma page.
L'encre s'éthérifie.
Des larmes d'innocence
Nettoient les traces noires
qui couraient sous mes doigts.

(Page vide de Guy Sansonnens)

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Les princes charmants n'existent pas : Maïa Brami

Les princes charmants n'existent pas : Maïa Brami

  Quand un roman d'ado commence par une lettre adressée à Ava (non vous ne rêvez pas à Ava Gardner!), le lecteur se réjouit de prolonger sa lecture. 

 

  Cendrillon, La Belle au bois dormant et toutes les autres ont tiré leurs révérences pour laisser place à de vraies ado. en quête d'équilibre. Faites place nette ! La vraie vie ne se résume pas à un conte merveilleux avec une fin parfaite.

 

  Nora découvre, dans son bac à géranium, une lettre de rupture adressée à un de ses voisins. D'abord hésitante, elle décide de rendre la missive au destinataire et lui glisse un mot pour le réconforter. S'ensuit une découverte épistolaire qui ravit Nora. Mais la réalité rattrape souvent les rêves. Nora, osera-t-elle rejoindre le monde qui l'entoure?

 

  Revenons sur Nora, une jeune fille frustrée par son corps, son absence de poitrine qui se cache derrière les sweat-shirts extra-larges de son père. Elle se considère étrange et hors du temps, tandis que sa seule amie est épanouie, amoureuse et belle. Durant cette aventure amoureuse, elle apprend que les illusions sont trompeuses et que chaque ado vit avec ses frustrations. Nora se dressait un portrait idéalisé de ses camarades de classe qui s'avèrent aussi paumés qu'elle. 

  Réussira-t-elle à s'affranchir de ses angoisses pour enfin s'ouvrir au monde et tomber amoureuse du tendre Rodrigue?

 

  Un roman, à conseiller à tous vos ados en quête d'identité. Vous trouverez dans ce livre une vraie plongée dans l'univers de vos ados. L'histoire est très bien structurée. Les lectrices s'identifient rapidement à Nora et retrouvent au travers des personnages des traits de leur propre caractère. 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires