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Les français et moi (chroniques drolatiques (enfin j'espère) : Philippe Chevallier

Les français et moi (chroniques drolatiques (enfin j'espère) : Philippe Chevallier

  Découvrons Philippe Chevallier dans un autre registre ! Oui, Monsieur, le comique de service, s'essaie aux chroniques donc à l'écriture. L'aventure est audacieuse mais déride les plus récalcitrants.

 

  Philippe Chevallier dissèque les vices et les travers des Français donc fatalement de lui-même. Les séquences brèves de ses chroniques tiennent en haleine le lecteur avide de se corriger ou pas. Car le charme du français réside dans sa faculté de pouvoir rire de lui-même sans se formaliser sur le moyen utilisé. (Après ça, c'est vous qui voyez !)

Chroniques drolatiques, l'objectif est atteint!

 

 

Prenons le délicieux et sympathique : "Oh, mais vous ne changez pas !" Les trois quarts du temps, ça signifie : "Tu parles, vieille morue, t'as toujours eu la gueule de traviole avec du poil au menton, même à 30 ans, c'est pas maintenant que ça va s'arranger ! En plus, tu pues du bec !"

DE L'ART D'ÊTRE FRANÇAIS

Dans un pays aussi ancien culturellement que le nôtre, les traditions sont pérennes et font parfois la vie dure aux tentatives pourtant nombreuses d'adaptation à la modernité. Comme dans une pièce de Feydeau ou sur les photos de Doisneau, il semble que nos travers composent cette part de nostalgie à laquelle nous tenons, car c'est avec eux que nous nous sentons le mieux. Si nous sommes toujours en train de râler, c'est parce que nous avons, plus que d'autres, le sentiment d'être légitimes : nous avons été longtemps les meilleurs, les plus grands, les plus forts, les inspirateurs, les novateurs...Aujourd'hui, où nous sommes réduits à une portion plus congrue, on a envie de montrer au monde qu'on a encore de beaux restes...

Sur la Seine, retour des jeux nautiques à partir du printemps. Le ski et la joute seront remis à la mode, ainsi que les courses d'hommes-grenouilles et la pêche à la ligne. Les ballets nautiques de Muriel Hermine, accompagnés par l'orchestre de Tony Ripoll et son orchestre, seront de nouveau programmés sur le lac Daumesnil, mais avec des nageuses recrutées parmi les filles du bois de Boulogne. Je remplacerai Paris Plages par des cabines de bain exclusivement réservées à l'usage de massage thaïlandais et ce, dans le but de soulager la fatigue du travailleur du mois d'août.

Moi, maire de Paris, je rétablirai les jeux du cirque aux arène de Lutèce. Avec des attractions pour les petits et les grands : lotos géants, sudokus en famille, lancers de nains et bien entendu, catch féminin dans la crème au chocolat...Avec des noisettes le dimanche.

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Don Quichotte : de Monique Lachère d'après le roman de Miguel de Cervantès

Don Quichotte : de Monique Lachère d'après le roman de Miguel de Cervantès

    J'ai croisé Don Quichotte de Miguel de Cervantes sous les traits éclairés et respectueux de Monique Lachère. 

 

   Une très belle histoire de folie douce: Don Quichotte, un homme féru de littérature (surtout de roman chevaleresque) perd la raison et confond la fiction et la réalité. Il décide, avec son fidèle écuyer Sancho Pança, de sauver ses sujets et son peuple d'une attaque ennemie. Il transforme les fermes en château, les pauvres femmes travaillant aux champs en femme du monde tissant des tapis en fil d'or. Il lutte contre des moulins à vent.

    Entrez dans cette folie délirante, laissez-vous porter par ces chimères !

 

 Monique Lachère retranscrit cet aveuglement littéraire avec brio. Elle transmet au spectateur la volonté de découvrir cet auteur prolifique, Miguel de Cervantes, et ce désir de se laisser porter par son imaginaire.

    Venez chevaucher une monture (bestiole, prénommée Rossinante), combattre des ennemis invisibles et aimez Dulcinée du Toboso !

 

   Cependant cet aveuglement littéraire pose de nombreuses questions sur la place de la littérature dans l'éducation. La littérature mène-t-elle à la déraison ou la littérature est-elle une échappatoire à une vie morose et plate? La littérature doit-elle abandonner les descriptions épiques et chevaleresques pour s'attacher au présent?

 

   Le plaisir est de tenter de répondre à ces questions sans oublier l'humour des situations cocasses de ce roman transcrit en pièce de théâtre.

En vérité, je n'ai lu aucune histoire, parce que je ne sais ni lire ni écrire. Mais je gagerai bien que de ma vie je n'ai servi un maître plus hardi, et à Dieu ne plaise que ces hardiesses se payent là où j'ai dit. Il vous sort du sang de cette oreille. J'ai ici de la charpie et un peu d'onguent blanc dans le bissac pour vous panser.

Nous y voilà. Donc la renommée de celui qui ressuscite les morts, donne la vue aux aveugles, redresse les boiteux et guérit des malades - et devant le sépulcre duquel les lampes brûlent - vaut mieux, en ce bas monde comme en l'autre, que celle qu'on laissée d'eux autant d'empereurs païens, et de chevaliers errants.

La liberté, Sancho, est l'un des dons les plus excellents que les cieux aient fait aux hommes. Tous les trésors de la terre et des mers ne s'y peuvent comparer. Il était temps de quitter ton île ainsi que le luxe et l'abondance dont nous avons joué dans ce château. Heureux celui à qui le ciel a donné un morceau de pain sans qu'il soit obligé de remercier qui que ce soit d'autre que le ciel même.

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Du rififi à New-York : Auguste le Breton

Du rififi à New-York : Auguste le Breton

1962, une année difficile dans la police new-yorkaise !

 

   Mike, un flic appliqué, travaille d'arrache-pied pour résoudre des meurtres : chose qui ne manque pas dans les règlements de la pègre italienne. La mafia est impliquée dans les paris clandestins, la drogue, la prostitution et aussi les braquages. Pépère, le père de Mike, travaille dans le bureau chargé du contrôle des plans de la ville et en parallèle traficote avec ses amis émigrés d'Italie. Un jour, il joue aux courses l'argent qui ne lui appartient pas.

 

   Là, il signe son arrêt de mort. Cependant, l'Oranais qui ne supporte pas l'injuste vient en aide à ce grand-père. Cependant, tout service rendu doit être remboursé dans le milieu du crime. 

 

   De simple encaisseur de paris, il devient l'un des plus féroces braqueurs de banques. Mais dans son univers, tout ne se passe jamais comme il voudrait.

 

   Ce roman policier commence par une longueur pour planter le décor. C'est surement mon désir de me confronter à l'action qui me permet de juger ce début de roman trop lent. Cependant, au moment de l'action, le rythme est soutenu et l'action est décrite avec brio (je désigne une seule action car je ne voudrais pas vous dévoiler le secret de l'histoire, finement agencée). Les caïds n'ont qu'à bien se tenir, Auguste Le Breton les tient du bout de sa plume. 

 

   Les descriptions ajoutent du piment à l'action (Bienvenue dans les égouts de New-York !). Les liens d'amitié ont une place importante dans cette phase de description. Ils fixent les règles et la loi du milieu a les siennes. Des amitiés se créent néanmoins le respect et la parole donnée peuvent réduire au silence des amis trop bavards.

 

   Bonne promenade dans un New York en prise avec sa délinquance. N'oubliez jamais de vous munir d'un 38 car les rues sont parfois encombrées de gens malveillants. Les innocents sont parfois les plus méchants.Dans la pègre, il faut toujours savoir se fondre dans la masse. 

 

 

Un soir, Louis avait cédé. Il s'était laissé entraîner et avait vu Mike qui avait alors près de dix ans, l'âge de son fils mort. Son père, gangster d'Ocean Hill, avait laissé ses os en 1939 dans une histoire de Rififi. Et sa mère, employée de night-club, qu'il avait vue succomber à la drogue jour après jour, venait à son tour d'en finir avec sa putain de vie, le laissant complètement orphelin.

- Pas dans le dos au moins ! implora l'Oranais. C'est dégueulasse.
- O.K. fit Steve, qui cria aussitôt : Bob !

Le nom résonna dans la rue déserte et sombre. Le jeune mécano se retourna juste comme Sam levait son bras court. Trois détonations explosèrent dans le silence. Frappé en pleine poitrine, Bob tournoya sur lui-même, poussa un léger cri, et se cassa en deux avant de s'écrouler au milieu de la colonne de vapeur. A part ses pieds qui dépassaient, tout le reste de son corps paraissait déjà appartenir au néant.

Le garde lui fit face, sa bouche s'arrondit, ses yeux aussi. Steve venait de plonger sa main gantée dans un vaste portefeuille contrôlé par une longue chaîne, et ce qu'il tenait n'était pas le collier de la Reine, mais un colt 45. Le garde se tâta machinalement, comme s'il croyait à une blague, comme s'il croyait que l'autre lui avait engourdi son flingue qui était pourtant un spécial 38. Mais Steve lui coupa ses espérances.

- Un cri, un geste, un souffle et ... Allez, demi-tour. On descend. Vite.

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Les Vous et les Tu : Voltaire

Les Vous et les Tu : Voltaire

   Une petite présentation du poète : de Voltaire, l'Histoire et les élèves retiendront sou goût prononcé pour la philosophie qu'il découvrira en Angleterre durant un exil forcé. Voltaire se joue de toutes les déférences dues à son rang. Il aime choquer l'opinion avec ses écrits. Après quelques séjours à La Bastille, il apprend à mesurer ses propos. Il se fait entendre plus par ses écrits que par son comportement. 

 

  Ses écrits sur le régime politique de l'époque et sur les dogmes religieux lui valent un exil plus long. Il rejoint la Suisse et s'entoure de grands auteurs à qui il transmet sa vérité sur le monde. Des textes, les plus connus et les plus étudiés, nous retiendrons "les lettres philosophiques", "Zadig" et "Epîtres à Uranie".

 

    Explication succincte du poème : comment s'adressez à l'être aimée ? Le pronom "tu" permets le contact, la familiarité, le privilège de la jeunesse. Le pronom "vous" crée une distance liée au rang et à l'embourgeoisement. Sa dulcinée était abordable, aimante, durant sa prime jeunesse. Cependant, maintenant, la maturité impose le respect.

 

Philis, au temps de sa jeunesse, aimait et se donnait sans retenue à Voltaire. À l'aube de la maturité, couverte de bijoux, elle n'inspire que le respect. Sa part de naïveté s'est enfouie sous la richesse. Son amour s'éteint face à la brillance de l'or. 

À cette époque, les débuts amoureux invoquent un certain respect puis le pronom "tu" prend tout son sens dans l'intimité. Pour Voltaire, le contraire se produit.

 

Laissons place à cette déclaration d'amour perdu.

 

Philis, qu’est devenu ce temps
Où, dans un fiacre promenée,
Sans laquais, sans ajustements,
De tes grâces seules ornée,
Contente d’un mauvais soupé
Que tu changeais en ambroisie,
Tu te livrais, dans ta folie,
A l’amant heureux et trompé
Qui t’avait consacré sa vie ?
Le ciel ne te donnait alors,
Pour tout rang et pour tous trésors,
Que les agréments de ton âge,
Un coeur tendre, un esprit volage,
Un sein d’albâtre, et de beaux yeux.
Avec tant d’attraits précieux,
Hélas ! qui n’eût été friponne ?
Tu le fus, objet gracieux !
Et (que l’Amour me le pardonne !)
Tu sais que je t’en aimais mieux.

Ah ! madame ! que votre vie
D’honneurs aujourd’hui si remplie,
Diffère de ces doux instants !
Ce large suisse à cheveux blancs,
Qui ment sans cesse à votre porte,
Philis, est l’image du Temps ;
On dirait qu’il chasse l’escorte
Des tendres Amours et des Ris ;
Sous vos magnifiques lambris
Ces enfants tremblent de paraître.
Hélas ! je les ai vus jadis
Entrer chez toi par la fenêtre,
Et se jouer dans ton taudis.

Non, madame, tous ces tapis
Qu’a tissus la Savonnerie,
Ceux que les Persans ont ourdis,
Et toute votre orfèvrerie,
Et ces plats si chers que Germain
A gravés de sa main divine,
Et ces cabinets où Martin
A surpassé l’art de la Chine ;
Vos vases japonais et blancs,
Toutes ces fragiles merveilles ;
Ces deux lustres de diamants
Qui pendent à vos deux oreilles ;
Ces riches carcans, ces colliers,
Et cette pompe enchanteresse,
Ne valent pas un des baisers
Que tu donnais dans ta jeunesse.

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Mémé dans les orties : Aurélie Valognes

Mémé dans les orties : Aurélie Valognes

   La vieillesse n'est pas une sinécure quand le seul objectif de Fernand est d'éviter des vieilles aux cheveux teints en rose, bleu et violet et surtout Madame Suarez, la concierge. Le vieil homme porte toute son amitié à Daisy, sa chienne. Un jour, Daisy disparaît. Fernand se doute des manigances de la concierge qui n'a qu'un seul but faire déménager ce vieux fou. 

    Une petite fille bouscule les habitudes de Fernand; elle est franche, directe et secoue cet homme qui s'était exclu du monde extérieur. Béatrice, une dame plus âgée que lui, lui donne une leçon de vie.

 

   Un petit moment de détente face à un personnage acariâtre et infect. C'est le sosie de Tatie Danielle avec ses énormes travers. Aurélie Valognes accentue les traits de son personnage principal pour lui donner une vraie épaisseur. Ce livre se lit d'une traite, la lecture est fluide sans accroche.

   Dans ce petit immeuble cossu, deux camps s'affrontent un grognon aigri et une revancharde hermétique. 

   Ce roman reste sur la retenue, j'aurais aimé des affrontements plus hilarants entre ces deux protagonistes. L'histoire est rafraîchissante et vous regarderez les membres plus âgés de votre famille avec plus de compassion.

 

Les roses trémières se portent à merveille tout autour de la cour, sauf sous le balcon de M. Brun. Elle parierait son manteau en fourrure qu'il les arrose de désherbant. C'est comme les ampoules des parties communes : à l'étage du vieil homme elles sautent tous les mois. Et chaque fois qu'elle revient de sa tournée du courrier, les marches de l'escalier sont humides et glissantes. Sans parler des énormes déjections canines juste en face de la résidence, près de l'école. Elle serait prête à gager que ce sont celles de son sale cabot. Si elle ne peut pas sentir M. Brun, elle déteste plus encore son chien, un colosse qui fait peur à son chihuahua d'amour, au chat de Mme Berger mais surtout à ses pauvres canaris. L'année dernière, six d'entre eux sont morts, de peur selon elle, à cause de la bête. Le vétérinaire n'a pas confirmé, mais elle en est certaine.

Ensuite, il n'y a eu que des contraintes : biberon, rots, couches, bains, insomnies, courses, lessives, sans interruption, de jour comme de nuit. Ferdinand s'est senti peu concerné mais rien que de voir sa femme s'affairer autant, il était fatigué ! Quand il n'était pas à l'usine, il dormait sur le canapé du salon pour rattraper le retard de sommeil. Parfois même, il fuyait le domicile.

Savie s'est arrêtée quand sa femme l'a quitté. Louise dirait qu'elle s'était arrêtée des année avant, au départ de Marion, ce moment où les couples réalisent que sans leur enfant ils n'ont plus rien en commun. Et puis Ferdinand est presque aussi âgé qu'une tortue de mer. Béatrice lui a parlé de trucs de l' Internet auxquels il n'a rien compris. De toute façon, à quoi ça sert d'essayer? À son âge, apprendre, ce n'est plus rentable ! Sauf s'il lui reste effectivement dix ans à vivre...

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