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La vengeance du pardon : Eric-Emmanuel Schmitt

La vengeance du pardon : Eric-Emmanuel Schmitt

   Le pardon a toujours un goût étrange, il associe à la fois un désir d'oubli et à la fois un désir de vengeance inassouvi. La nuance reste toujours latente.

 

   Eric-Emmanuel Schmitt s'inspire de cette association saugrenue pour écrire des nouvelles qui feront douter le lecteur sur la notion du pardon. Les rencontres avec les protagonistes ne vous laisseront pas de marbre : Vous douterez de la douceur de cette charmante grand-mère; vous resterez fébrile devant cette paternité tardive; pardonneriez-vous le plus abject des crimes ?, prolongeriez-vous la vie de Saint-Exupéry?

    La structure des histoires ne suit pas un schéma structuré ou identique. Le lecteur perçoit ses morceaux de vie avec un regard neuf, celui du pardonnant. Cependant, méfiez-vous de cette image trop lisse de la femme aimante, de la soeur servile, du fils rédempteur et de la petite fille avide de rencontre. L'homme est un être ambivalent qui peut absoudre ou condamner. Nonobstant, le choix reste cornélien et force le respect.

 

   Si vous me demandiez de choisir une de ces quatre rencontres, je serais incapable de choisir. Mais me pardonneriez-vous cette absence de réponse?

 

   Mon premier coup de coeur pour cette rentrée littéraire !

Moïsette y réfléchit des semaines et se rendit à l'évidence : elle ne serait jamais sacrifiée parce qu'elle ne ressentait aucun attachement. Nulle affection ne l'inclinait à préférer sa soeur à elle. Au contraire. Voilà ce qui la choqua : elle découvrit que Lily l'aimait, tandis qu'elle ne l'aimait pas.
- Salope !
(les soeurs Barbarin)

Il se rappela le pari et décréta que l'aventure ne serait pas arrivée sans ce défi. En quelques secondes, il réaménagea ses souvenirs d'été, se peignit en manipulateur triomphant- James Bond en mission- et réussit à se redonner l'étoffe d'un héros. L'homme est ainsi fait que la culpabilité appartient aux émotions fugitives, le sentiment permanent demeurant l'estime de soi.
(Mademoiselle Butterfly)

- Dites-lui deux choses de ma part, maître. Dites-lui d'abord que je n'irai plus jamais le voir.
- Mais...
- Et dites-lui ensuite, maintenant qu'il a rejoint l'humanité...
Elle réfléchit, s'éclaircit la voix et prononça posément sa formule :
- Bienvenue en enfer !
Sans un mot de plus, elle raccrocha.

- Si tu avais été nazi, je t'aurais pardonné. Tu aurais commis une erreur, pas une faute. Après tout, pourquoi pas ? Chaque homme se fourvoie.Je répète aux jeunes qui jugent le passé qu'il s'avère simpliste de condamner rétrospectivement. Moi-même, j'ignore comment j'aurais agi, à ton âge, dans ton temps. Oui, papa, je t'aurais pardonné si tu avais adhéré au nazisme. Mais que tu le restes aujourd'hui ! Aujourd'hui!

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En voiture Simone ! Aurélie Valognes

En voiture Simone ! Aurélie Valognes

  Les vacances ne vous ont pas réussis pour diverses raisons, pas de vacances à l'horizon, ne vous faites pas de mourons, Aurélie Valognes nous dévoile une famille extraordinaire qui pourrait vous faire comprendre la vôtre. Humour au rendez-vous !

 

  Entrez dans la belle-famille n'est pas une partie de plaisir ! Les belles-filles de Jacques en savent quelque chose. Les trois ont des caractères différents et doivent se faire une place auprès de Martine et Jacques. Chacune, à sa manière, tente d'amadouer le beau-père gaffeur et têtu. Aurélie Valognes décrit les caractères distincts de chacun des personnages et sur fond de comédie intègre le lecteur dans cette famille tellement ordinaire. 

   Le livre s'apparente à une pièce de théâtre où tous les protagonistes essaient d'atteindre le devant de la scène. De manière légère, l'auteur dévoile des pans de personnalité qui permettront aux lecteurs d'admettre que leur belle-famille a des bons côtés.

 

Figure inconditionnelle de la "feel good"littérature, Aurélie Valognes signe son deuxième roman avec succès. 

 

Léger et drôle, un roman à offrir à votre nouvelle bru ! (un petit conseil : éviter les livres à message, surtout si la couverture concerne un chien d'attaque) 

- Pas d'annonce de notre part, intervint Matthieu, en revanche je voudrais complimenter maman pour la belle chemise neuve qu'elle a réussi à faire mettre à papa. Et les chaussures ! Tu as presque l'air classe, papa. C'est pour ta nouvelle belle fille, Jeanne, que tu as fait un effort ? Je ne me souviens pas que Stéphanie et Laura aient eu droit à de tels égards...

Effectivement, elle aurait pu lire plus attentivement l'indication près du bouchon du réservoir sur la voiture de son beau-père. Mais, à sa décharge, on perd un peu la tête quand on est enceinte. Donc, oui, c'est vrai : diesel, ce n'est pas essence. Mais même s'il n'y avait pas eu mort d'homme, elle avait vraiment cru sa dernière heure arrivée, surtout en voyant la tête paniquée de Martine, en tablier et décoiffée, lorsqu'elle était venue les récupérer au garage.
....
- Mais il faut être débile, c'est écrit ! Ou alors analphabète ! Qu'elle me dise ce qu'elle préfère...

- Je te dis juste "fais attention". Ce n'est pas ton pote, c'est mon père. Je trouve que tu le rembarres et le charries un peu trop, c'est tout ! disait le jeune chef.
- Non mais je rêve ! Il se comporte en vrai macho, critique ouvertement mon accent et n'est pas non plus irréprochable niveau nicotine, et je devrais me taire ! protesta Jeanne.
- Ce n'est pas que ça. "Salut partenaire..." Tu te crois au collège ou quoi?
- Bon, il faudrait savoir ! Je suis censée faire quoi, quand je suis dans ta famille ? Me taire ? Nicolas, sérieusement?

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LE DICTON DE LEON

L'humain est une fragilité en mouvement qui se débat contre son immobilisme.

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Dans le jardin : Stéphane Mallarmé

Dans le jardin : Stéphane Mallarmé

Une petite présentation du poète : un poète, marqué par la mort précoce de sa mère (quand il a cinq ans) et sa soeur âgée à peine de treize ans. Il se plonge dans la poésie et la lecture de poète comme Victor Hugo ou Edgar Poe. Mallarmé est un poète de la suggestion. Les idées desservent la poésie, seuls les mots comptent. Il faut compliquer la structure pour que le texte reste hermétique au commun des mortels. La poésie se cherche, s'apprivoise et seuls les esprits éclairés peuvent atteindre sa beauté.

Explication succincte du poème: une jeune épouse exprime son mépris et sa jalousie pour l'été que son mari ne connaîtra pas. Il est mort. Elle dépeint sa tristesse. Son défunt mari existe dans la nature profonde qui a mu son corps en une multitude de fleurs. A travers le bruit du vent, les sens en éveil, la veuve peut entendre son doux nom. La mort de l'être se confond dans la nature qui garde les âmes. Le lecteur retrouve une certaine poésie dans la mort. L'amour reste le vecteur essentiel qui permet à l'être de rester vivant.

La jeune dame qui marche sur la pelouse
Devant l’été paré de pommes et d’appas,
Quand des heures Midi comblé jette les douze,
Dans cette plénitude arrêtant ses beaux pas,

A dit un jour, tragique abandonnée – épouse –
A la Mort séduisant son Poète : « Trépas !
Tu mens. Ô vain climat nul ! je me sais jalouse
Du faux Éden que, triste, il n’habitera pas. »

Voilà pourquoi les fleurs profondes de la terre
L’aiment avec silence et savoir et mystère,
Tandis que dans leur coeur songe le pur pollen :

Et lui, lorsque la brise, ivre de ces délices,
Suspend encore un nom qui ravit les calices,
A voix faible, parfois, appelle bas : Ellen !

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BRONX LA PETITE MORGUE : Laurent Guillaume

BRONX LA PETITE MORGUE : Laurent Guillaume

   Plonger dans le Bronx où la violence raciale domine les laisser pour compte. Mike, fraîchement sorti de prison, revient dans son quartier malfamé. Il l'a quitté agonisant, il le retrouve moribond. Cependant Mike n'est pas de retour pour se lamenter; il doit régler ses comptes. Son frangin, flic "clean" a disparu dans d'étranges circonstances. Des soupçons, non fondé, salissent la réputation de l'ex-taulard. Et cela le chagrine, au point de chatouiller des voyous et des flics véreux. 

   Jusqu'où va-t-il énerver les caïds du Bronx?

 

   Sur fond de guerre des gangs, de prostitutions, de guerres raciales, Laurent Guillaume dépeint une Amérique divisée en deux. L'eldorado a des relents de pourritures, de camées. La drogue abandonne au passage des corps disloqués. 

    Ce polar noir et profond emporte son lecteur vers cette Amérique trop morbide que Manhattan tente de faire oublier. Mais le vice et la corruption régissent les privés du rêve américain. 

 

    Laurent Guillaume, ancien de la BAC, signe un polar à couper le souffle. A conseiller aux amateurs de texte fort et sans tabou !

"La guerre permet à certains de faire la démonstration de leurs capacités à accomplir ce qui, en temps de paix, serait considéré comme un crime. Pendant la guerre on appelle cela de l'héroïsme, du patriotisme, en temps de paix ça te vaut un séjour à Sing Sing...
- Je te trouve bien cynique.
- Je le suis. J'ai fait la première, la grande, et encore maintenant je me réveille en chialant."

"Peut-être que briser quelques os, faire tomber des ratiches et distribuer des coquards c'est un crime dans ce pays, mais n'oublie pas que le crime c'est le capitalisme des pauvres Micky, dit le gangster. Chacun des gus à qui je file du pognon sait à quoi s'en tenir. Je ne les prends pas en traitre. Aucune banque ne leur prêterait le moindre Buck. Alors ils ont Kerrigan. Avec moi pas de contrats, pas de garantie, pas de caution, bref pas de papelards à la con...On se serre juste la main. C'est un engagement de confiance...Comment qu'on dit déjà Lady?"

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Face à toi

Seul aux creux des vagues

qui m'échouent sur les rochers,

luttant contre ta puissance

que je sais inépuisable.

 

Inlassablement, je nage vers toi.

Tes plaquages d'une force inouïe

ne tarissent pas mon inconscience.

 

Je lutte, me débats

comme un boxeur sur le ring.

Je reconnais l'inégalité du combat.

 

Seule la fatigue de mon corps endolori

aura raison de cet affrontement fantasque.

La victoire t'est acquise dès le premier round. 

 

 

 

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