Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Calendar Girl Janvier : Audrey Carlan

Calendar Girl Janvier : Audrey Carlan

  Bon, comment vous expliquez que je ne suis franchement pas adepte des cycles littéraires. Je pense qu'il n'est pas nécessaire de trop épiloguer sur le concept. Quand je ferme un roman, un récit historique (quoique l'Histoire continue toujours) ou un polar, j'apprécie que la fin de cette histoire funeste ou son"happy end" soit définitive. Si je désire continuer à faire vivre ce personnage imaginaire, je laisse divaguer mon esprit.

  Cependant, certains phénomènes prennent de l'ampleur donc inéluctablement je me dois de vous donner mon avis. (Mais cela reste ma propre vision).

  Le phénomène de New Romance tente de redonner ses lettres de noblesse au roman d'amour connu souvent sous la publication "Harlequin". Ces romans à l'eau de rose avaient le mérite de s'arrêter au point final. Dans la nouvelle vague, l'héroïne traverse douze rencontres durant douze mois. Aurais-je la patience? - j'en doute! 

 

  Mia, confrontée à l'hospitalisation de son père (tabassé pour dette à un usurier qui n'est rien d'autre que l'ex de Mia), doit rembourser une dette d'un million de dollars. Pour réunir cette somme, elle rejoint l'entreprise d'Escort tenue par sa tante (une jolie famille :) ). Sa tante lui propose de passer un mois (d'où le calendar) avec des hommes riches. Coucher est un bonus non déclaré à l'entreprise. Dans le "Calendar de Janvier", Mia rencontre l'homme idyllique et trop parfait. Néanmoins, cette rencontre magique sur la plage de Malibu révélera-t-elle des vices cachés?

 

  Soyons optimiste, cette série est bien structurée avec un schéma narratif qui se tient. L'écriture est fluide cependant elle manque d'originalité. Le lecteur s'ennuie, certes il s'attache à Mia sans aucune marque de sensibilité. Si le lecteur désire retrouver "50 nuances de Grey" en plus soft, il frappe à la bonne maison d'édition. Même les ados doutent de la véracité du récit et abandonnent volontiers dans leur bibliothèque à la fin de la lecture d'avril. Pourquoi ? Je l'ignore.

 

  Je vous laisse le soin de me donner des nouvelles de Mia  Saunders , son père et Wes, car pour moi, l'aventure s'arrête au premier mois.

- Je veux seulement dire que si tu acceptes ce boulot, tu as juste à te faire belle et à beaucoup baiser. ça fait des mois que tu n'as pas pris ton pied, autant en profiter, non?
Il n'y a que Ginelle qui soit capable de faire passer un job de call-girl de luxe pour un boulot dont tout le monde rêve.

Cette fois-ci, je dois faire un effort surhumain pour le suivre. Je meurs d'envie de sortir en courant sur la terrasse et de me précipiter jusqu'à l'océan pour m'y noyer. Qu'est-ce que je fais à une soirée comme celle-ci, au bras d'un homme comme celle-ci, au bras d'un homme comme Wes, qui écrit des films et qui a plus d'argent que je n'en verrai de toute ma vie ? Je suis la fille d'un joueur obsessionnel, abandonnée par sa mère, qui travaille surtout comme serveuse en rêvant d'obtenir n'importe quel rôle d'actrice.

Il est crucial qu'il comprenne que c'est ma décision. Je ne suis pas une demoiselle en détresse et il n'est pas mon chevalier en armure. Les contes de fées n'existent pas, surtout pour les nanas de Las Vegas avec un bagage émotionnel aussi lourd que le mien.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Voyages en ABSURDIE : Stéphane de Groodt

Voyages en ABSURDIE : Stéphane de Groodt
Voyages en ABSURDIE : Stéphane de Groodt

   L'Absurdie est un pays que je visite régulièrement ! Moi et tous mes potes qui trottent dans ma tête. Pas besoin de faire du stop le transport est direct. Donc vous vous doutez bien que " voyages en Absurdie" de Stéphane De Groodt fait partie de mes lectures fétiches. 

    Le moral en berne (je lis Stéphane Bern), je m'inspire d'une remarque de Stéphane De Groodt et la morosité me quitte. Humour potache, décalé et tellement jouissif. Bon irrémédiablement, quand je visualise le titre, les paroles d'une chanson célèbre me reviennent en tête (oui, il y a parfois de la place pour une recherche intellectuelle ou pas). Bon, je vous aide certains sont déjà partis en Absurdie : "Etre une femme" de Michel Sardou.

 

  Les fanatiques du bon mot, de la critique facile et jubilatoire, s'abreuvent au crachoir de cet orateur bienveillant et non blessant. Stéphane De Groodt s'engouffre dans l'actualité, y affute sa plume arrosant ses textes d'esbroufes. Calembours, boutades et textes alambiqués se jouent des mots avec ingéniosité et adresse.

    Je ne vous confirais pas le titre de ma chronique préférée, celle-ci change à l'envi.

 

  Profitez de ce pitre enjôleur qui signe des chroniques brillantes et parfois hallucinantes !

Albert II/Elizabeth II

Etant moi-même de confession belge par la mère de mon frère et bruxellois par mon père, mon fisc et mon saint-esprit, il était tout naturel, ou Paturel si je m'étais appelé Sabine, que je parte à la rencontre de Sa Majesté, enfin ma majesté, ou même papajesté - comme c'est un mâle- afin d'user, comme tout bon sujet, de mon verbe pour faire des compliments à ce roi qui règne sur le pas pays qui est le mien.

A peine arrivé à mon point de départ, sans bouger de chez moi quoi, je pris la direction du Palais, où un garde royal un peu gelé m'informa que le roi, sa femme et le petit prince étaient justement partis chez moi! N'ayant plus le temps de serrer la pince de Monseigneur je m'en retournai Anvers et contre tous sans lui transmettre mes hommages et intérêts par sms...oui, j'avais téléchargé "l'appli Birthday"...

Benoît XVI

Comme l'église n'était pas tout à fait au milieu du village, je me suis égaré au mauvais endroit. En fait je m'étais planté dans le potager papal, au pied du basilique. Comme j'avais l'air bette, son pote-âgé de quatre-vingts ans, le père Sil, m'invita à quitter les lieux et me guida dans les appartements papaux. Mais assez jolis quand même...

Marine Le Pen 2
(...)
Alors bien sûr obtenir un accord à l'Aimable avec Jean-Luc n'est pas chose aisée, on le voit mal marchander, de même qu'imaginer que Marine marchande n'est pas non plus chose aisée ou chosésette au féminin. C'est donc inspiré par le nouveau pape François, qui lui n'est jamais à court d'assises...que je suis parti à la rencontre de ces deux joyeux lurons afin de remettre les pendules à l'heure, même s'il faudra encore les changer dans la nuit du 30 au 31.

Alors, le problème c'est que, pour trouver Jean-Luc, de-la-rue où je me trouvais, je devais prendre à gauche, puis à gauche, puis à gauche, puis encore à gauche !
Après on s'étonne de toujours tourner en rond ! L'avantage avec Bayrou, c'est que pour tomber dessus c'est tout droit, dans le mur...

Bref, après avoir rejoint ces deux extrêmes, je palpai une certaine tension entre eux et décidai alors de les emmener dans une boutique des 3 Suisses, en terrain neutre, pour faire la paix autour d'un Vert. Mais vu que Daniel, comme Bendit d'ailleurs, s'était barré entre-temps, ben on n'a guère pu faire la paix !

(...)

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Momo : Jonathan Garnier

Momo : Jonathan Garnier

   Flânant dans les rayons d'une librairie, j'ai croisé le regard de cette petite fille. Son regard m'a intrigué donc je l'ai ajouté à mon panier.

 

   L'histoire de Momo n'est pas banale. Sa grand-mère l'élève seule dans un village portuaire où toutes les deux regardent, près du phare, passer les bateaux qui ramènent, peut-être, au pays ses parents. Momo est une enfant en quête d'aventures et qui donne du fil à retordre à sa grand-mère. Elle voudrait côtoyer des camarades mais son caractère est difficile à comprendre. Un jour, elle fait connaissance d'une ado qui deviendra comme une grande soeur pour la guider, le temps des vacances. 

 

    Une histoire touchante qui permet à travers les yeux d'une enfant de cinq ans d'essayer de percer le mystère des discussions d'adultes. Certains lecteurs critiqueront le caractère haché de l'histoire, le manque de lien réel entre un être de cinq ans et ses rencontres d'adultes. A mon avis, la technique utilisée permet d'exprimer le fossé qui existe entre l'enfance, l'adolescence et  le monde des adultes. Les dessins rejoignent les traits des mangas et cela fascine. La représentation du monde de l'enfance s'accompagne de référence affective, au partage inter-générationnel.

   Belle rencontre !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Un ange en équilibre : Edith Rebillon

Un ange en équilibre : Edith Rebillon

   Du rêve à la réalité où dans la vie les deux notions se confondent. Est-on toujours maître de notre destinée? Devenons nous croire à l'immuable amour, l'éternel? Et si tout cela n'était que supercherie. Les éléments extérieurs ne favorisent-ils pas une déception prochaine, profonde?

 

   Que le lecteur se rassure Edith Rébillon, avec sa joie de vivre et sa bonhomie, donne un regard sain et bienveillant sur notre société et sur la notion de confiance. Le hasard des vies, des rencontres ponctuent notre existence et insufflent un vent nouveau, soit en positif soit en négatif. (cela reste la loterie de la vie !)

 

   La lecture est fluide comme un nuage cotonneux qui vous transporte dans les méandres de l'existence. Un ange veille ! Ce roman a le goût de l'innocence et l'amertume d'un bonbon acidulé. Le rêve et son halo de douceur protègent les protagonistes confrontés à un réveil parfois brutal.

 

   Belle rencontre avec cette auteure pleine de charme et de joie de vivre! A conseiller à ceux et celles qui croient aux belles histoires ou pas !

Perdue comme une enfant que l'on aurait laissée au bord du chemin.
Mais il avait toujours su, du moins jusqu'à présent, la rassurer, la serrer contre lui avec cette tendresse qui n'appartenait qu'à lui.
"Mais le temps sépare ceux qui s'aiment tout doucement sans faire de bruit..." comme le dit si bien la chanson.
Mais nous nous serons plus forts que la vie qui passe, plus forts que l'usure du quotidien...

Elle souriait.
- Un ange, je suis un ange, moi?

Il a dû lui en falloir du courage pour oser tout faire exploser, comme cela, avec deux enfants.
Avant, on attendait que les enfants soient élevés.
C'est bien ou c'est mal?
Hypocrisie et faux semblant ou vérité et transparence à tout crin.
Je ne sais pas, je suis bien incapable de juger.
Je n'en ai pas envie, je veux les garder tous les deux, être un trait d'union, être leur trait d'union.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Je peux me passer de l'aube : Isabelle Alonso

Je peux me passer de l'aube : Isabelle Alonso

    La Seconde Guerre Mondiale touche à sa fin néanmoins l'histoire ne se clôt pas pour les opposants au régime de Franco. Angel, âgé de 15 ans, espère rejoindre sa famille en Italie mais les rouages de l'Histoire veulent en décider autrement. 

    Angel, enrôlé enfant dans une guerre qu'il croyait comprendre (malgré les réticences de son père), lutte dans un camp pour rejoindre les siens. En sortant de ce camp, il découvrit, anéanti, que les conséquences de la guerre vont être très dures à effacer. Il subit les affres du manque de nourriture, de la violence qui  souille la ville, les dénonciations qui inondent les rues. Angel quitte vivant un camp de concentration pour rejoindre une prison à ciel ouvert.  Angel, ne manquant pas d'humour, continue à se battre contre Franco, refusant de faire le service militaire. Il vit de manière clandestine.

 

   De ces faits historiques, le lecteur retiendra cette volonté farouche de vivre et de survivre. Sur un ton parfois décalé ou badin, Isabelle Alonso retrace l'itinéraire d'une nation prisonnière. Isabelle Alonso autopsie une Espagne en souffrance. Chaque avancée du nazisme fait reculer l'espoir d'une vie nouvelle, d'une liberté retrouvée. Le narrateur, âgé de 16 ans, scrute son avenir avec un regard d'ancien prisonnier. De ces états découle une rage de survivre. Dans Franco et sa politique, il décompose un pan de l'histoire comme un cri de condamné.

 

   La prouesse d'écriture permet de mettre en exergue l'histoire et les résolutions de certains et la rage de liberté d'autres. Un roman qui vous tient en haleine comme les derniers survivants du Titanic accrochés à un morceau de bois dans cette volonté immense de vivre.

 

   Un roman sur fond d'histoire à conseiller aux amoureux de l'Espagne.

 

BATAILLON DE TRAVAILLEURS. ça sonne bien, ça sonne noble. ça sonne comme des mots à nous. Si j'avais entendu cette expression avant la défaite, j'aurais imaginé une cohorte d'hommes volontaires, solidaires, animés par une conscience de classe taillée dans l'airain, consacrant leurs forces à la collectivité, à la construction du socialisme, tels des héros de l'Union soviétique, Stakhanov et tant d'autres. Mais nous avons perdu la guerre. Nous sommes livrés aux franquistes. Ce qu'ils appellent "bataillon de travailleurs" est ni plus ni moins qu'un régiment disciplinaire. Une escouade de forçats. Personne n'est volontaire et encore moins solidaire. Personne n'a commis d'autre faute que d'être vaincu. Le bataillon numéro 12, dont j'ai le privilège de faire partie, s'établit à Gerona dans un premier temps. Nous remontons vers le nord, donc. Vers la frontière. Je n'avance toujours pas, et même, je recule.

Je fais ce que je peux, c'est-à-dire pas grand chose. j'observe la nouvelle Espagne, cavernicole, asphyxiée par la censure. Plus de journaux, plus de livres. De nouvelles chansons apparaissent, cyniques et triomphantes. Les affiches de cinéma, les frontons de théâtre annoncent des épopées guerrières, des contes religieux, des destinées exemplaires, qui nous démontrent à l'envi que nous avons perdu la guerre...On ne risque pas de l'oublier. ça me fend le coeur de penser que si les nazis continuent leur marche triomphale, Sol et Peque vont grandir dans ce monde vermoulu où tout est péché. Tout ce qui était drôle, stimulant, instructif est désormais interdit.L'école novatrice, libre, ambitieuse qu'ils auraient pu fréquenter a disparu. Les instituteurs sont en première ligne des represaliados. Morts ou interdits d'exercer. Voilà les petits condamnés à ingurgiter la litanie des hymnes franquistes, des bondieuseries et de la nouvelle matière scolaire obligatoire, la "formation de l'esprit national". Tout u programme. A se pendre. Mon vrai pays semble avoir disparu, englouti comme le Titanic, dans une mer glacial et sans fond.

La guerre telle que nous l'avons connue, telle qu'elle s'est imprimée dans notre mémoire, déchaîne sa fureur : vacarme des immeubles qui s'écroulent, urgence des explosions, il faut courir, parfois ramper, se mettre à l'abri. On voit le sang, les nuages de poussière, les arbres déchiquetés, les décombres, les morts. A cette frénésie-là a succédé une guerre d'un autre type, plus discrète, plus insidieuse et plus cruelle. Ma petite soeur va à l'église sans croire en Dieu, elle a déjà appris à se trahir elle-même. Mon petit frère la voit faire, comprend que ce qui se dit dans la maison est interdit au-dehors. La duplicité est devenue un mode de vie. Le renoncement aussi. Jusqu'au point où l'on ne sait même plus à quoi on renonce....

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Frappe-toi le coeur : Amélie Nothomb

Frappe-toi le coeur : Amélie Nothomb

  Une rentrée littéraire sans Amélie Nothomb, c'est comme une charlotte aux fraises sans fraise (j'avais pensé au départ à la choucroute mais la comparaison aurait été peu flatteuse) cela manque de finesse.

  "Frappe-toi le coeur, c'est là qu'est le génie" d'Alfred de Musset résume ce roman. Diane, une enfant délaissée par sa mère, recherche l'amour à travers des rencontres. Pas des rencontres amoureuses comme le lecteur pourrait le présager mais des rencontres amicales solides et salvatrices. Diane n'a pas le gout des liaisons passagères. Elle travaille hardiment, fuit sa famille pour ne pas tomber dans le gouffre de la jalousie et se construit son avenir. Des liens se tissent avec des personnages qui comprennent son mal-être. Cependant, le passé vous rattrape toujours. Diane tente tous les moyens pour oublier néanmoins dans les yeux de Mariel, une enfant méprisée, elle comprend qu'à travers ses propres maux il existe des souffrances encore plus dévastatrices.

 

  Amélie Nothomb revisite les liens maternels sur le mode déshumanisé. Ce n'est pas l'auteur de la positive attitude. Elle dévoile les vices des mères qui ne supportent pas leur propre progéniture. Elle désacralise l'instinct maternel et remet sur le banc de touche les biens-penseurs qui diabolisent la mère incapable d'aimer. Elle fait le distinguo entre une mère qui n'a pas d'affection avec son enfant et une mère qui méprise son bébé.

 

   Ce roman se lit très vite (comme tous les "Amélie Nothomb"). Le sujet est finement traité cependant dans la perception de Diane, enfant, le lecteur pourrait regretter un manque de sensibilité enfantine. Quand le regard devient externe, la description des émotions de Diane développe une sensibilité plus adulte qui correspond à la maturité de l'auteur. Amélie Nothomb travaille sur une distanciation de l'être qui mériterait un approfondissement. 

Le lecteur reste stoïque devant cette fin de roman abrupte. 

Mon avis : Roman agréable mais sans conviction sur le souvenir qui restera impérissable.

 

Diane ne se rendormit pas. La révélation de l'amour ne cessait de la parcourir. Certes, dans les bras de son père, de mamie, de papy, elle avait senti qu'elle était aimée et qu'elle aimait. Mais ce qu'elle avait éprouvé dans les bras de sa mère était d'une nature autre : cela relevait de la magie. C'était une force qui élevait, transissait, broyait de bonheur. Cela tenait à l'odeur de sa mère, qui l'emportait sur les fragrances les plus exquises. Cela avait à voir avec la voix de sa mère, qui, quand elle lui avait parlé cette nuit-là, était la musique la plus délicieuse qu'elle ait entendue. Cela se complétait par la douceur de la peau et de la chevelure de sa mère, qui avait achevé de transformer cette étreinte en une longue caresse soyeuse.

A 11 ans, Diane sentit son univers s'effondrer. Jusqu'alors, si elle avait pu tenir, c'est parce qu'elle croyait sa mère inconsciente de sa souffrance. Et là, elle découvrait que dans la version maternelle, c'était elle la coupable de l'absence de tendresse qui lui était adressée. L'accusation de jalousie relevait du comique, comparée à celle-là. Comment allait-elle continuer à vivre, étouffée qu'elle était par le sentiment d'une injustice démentielle?

Si seulement cela n'avait été que de la haine! Il apparaissait maintenant à Diane que le mépris était pire que la haine. Celle-ci est si proche de l'amour, quand le mépris lui est étranger. "Au moins, ma mère ne m'a jamais méprisée", pensa-t-elle. Le sort de Mariel la fit frémir.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Mon père sur mes épaules : Metin Arditi

Mon père sur mes épaules : Metin Arditi

  "Les livres, c'est autre chose." comme une prophétie, c'est quelques mots symbolisent la vie de Metin Arditi et son lien au père. Père qui l'admire enfant, qu'il ne comprend pas à l'adolescence et recherche à l'âge adulte. 

 

   L'écrivain reste toujours un enfant en quête de reconnaissance. Metin Arditi revient sur son enfance heureuse (ou qu'il espère être heureuse) à Istanbul, ses années difficiles en internat (dès l'âge de sept ans), sa vie d'adulte avec comme toile de fond un père absent, sur la réserve. Un père qui ne félicite pas, un père neutre comme un étranger à qui on doit tout et qui ne vous épargne rien. Metin vit entre se réaliser et faire plaisir à son père, car même dans cette absence règne un pouvoir de toute-puissance.

   Dans la construction d'un homme, il faut se confronter au père, ce héros aux pieds d'argile. 

 

 Dans ce récit, le lecteur décèle un amour filial inconditionnel et surtout incompréhensif. Dans leur relation existe une dichotomie qui marque à la fois le respect et un amour non exprimé. Du regard de l'enfant admiratif devant l'élégance et la culture du père au jeune homme en lutte contre les idées paternelles qu'il réfute, se joue l'amour paternel. Cet amour s'exprime dans une retenue incompréhensive durant les premières années de la vie et dans une condamnation à l'âge adulte.

   Le lecteur trouvera dans ce récit ce qui fait de Metin Arditi un auteur de talent, sa manière de se livrer avec sensibilité, sans verser dans un pathos qui ne lui permettrait pas de se donner. Les souvenirs exprimés restent brefs et incisifs comme des coups de canif dans une mémoire qu'il désire honnête. Il se raconte et brise l'instant d'après ce souvenir pour s'adresser à son père, à la recherche d'une réponse. Mais hélas, la discussion se produit trop tard; son père est mort depuis vingt ans.

 

   Mais ce qu'il faudra retenir de ce récit sont ces quelques mots qui résonnent encore dans la tête de Metin Arditi : "Les livres, c'est autre chose".

Un souvenir nous embarrasse ? Faisons en sorte qu'il nous paraisse aimable. Ni une ni deux, on le maquille, on lui colle une barbe et des moustaches. Et une perruque, s'il le faut, on se débrouille, pourvu qu'il ait l'air présentable, qu'il nous soit doux, qu'en pensant à tel ou tel événement qui lui est lié, on puisse se dire : "Comme c'était formidable."

Tu n'étais jamais envahi par l'émotion"

Suis-je injuste? Ingrat? Peut-être. Il y avait dans sa posture quelque chose de maîtrisé, un brin distant. Etait-ce sa vanité de père face à tant d'amour exprimé devant la directrice et les professeurs qui nous entouraient à ce moment-là? Il devinait sans doute leurs pensées...Si sa présence déclenchait de telles manifestations de joie, c'est qu'il était ce père modèle.

C'était avant que j'avais besoin de ton soutien. De ta bienveillance. De ton estime. Avant. Quand je t'avais demandé de faire une partie de poker. Au moment où je m'attendais à te voir passer la porte de la clinique pédiatrique. Ou lorsque je t'avais annoncé que j'étais nommé professeur invité à l'Ecole polytechnique. Ou devant tes amis de la communauté juive, Ou encore avec le fabricant de tubes alimentaires...

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires