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C'est beau une ville la nuit : Richard Bohringer

  Y a quelqu'un qui m'a dit de lire :

 

  C'est beau une ville la nuit de Richard Bohringer

 

 les-livres-0012.jpgCe titre vous rappelle sans aucun doute le film éponyme, réalisé,en 2006, par l'auteur lui-même. Il faut remercier les éditions Flammarion de rééditer pour notre plus grand plaisir ce roman.

 Ce roman a longtemps été considéré comme un roman autobiographique mais il reste avant tout un roman de l'errance. Cette dimension du roman est l'élément fondateur et destructeur de la vie du narrateur. Ce "Je" accapare une part importante de la souffrance de l'être abandonné par son grand amour. Le narrateur fuit sa détresse dans l'alcool, la drogue qui consommera pendant plus de cinq ans. Son errance rencontrera des hommes souffrants de nombreux troubles, dans les bas-fond de la ville. Des rencontres, des amitiés puissantes se lient dans cette solitude. Chaque voyageur de la nuit emporte avec lui sa souffrance, sa violence destructrice.Il désire disparaître, s'abandonner, réduire sa vie à une pierre tombale.

 Cette destruction est lente, violente mais tellement humaine. La souffrance transpire dans chaque mot. La déchéance de l'homme est palpable dans le rythme saccadé des phrases. Ce regard bleu azur cache une douleur morale mais c'est dans un désir conscient qui s'inflige une douleur physique. Toujours atteindre le plus bas pour pouvoir rebondir.

 Cette "gueule" de cinéma porte les stigmates de cette vie dissolue, en lutte permanente avec un esprit torturé.

 Ce roman ne se réduit pas à une auto-destruction, il possède une note d'optimisme qui prouve que dans la vie, un être, une situation peuvent inverser la donne.

 Dans cette souffrance dépeinte, le lecteur admettra sans aucun doute que "c'est beau une ville la nuit."

 

 Voici quelques citations tirées du roman :

 

 "Mais déjà, comme en été, un nuage noir faisait frissonner les pans éclatants des champs.

 C'est comme cela que les poètes découvrent les traces de leur destin.

 C'est dans ces traces qu'ils trouvent les signes de leurs défaites humaines."

 "Moi je voulais devenir ivrogne. J'avais les dons, une envie de me perdre sans fin et de mourir sans avoir connu le grand amour. Ou de mourir de trop l'avoir connu."

" Tu veux faire l'acteur. Vas-y, Paulo,vas-y. C'est bien. Très bien. Alors faut être joueur. Flambeur ! J'ai couru vers le chagrin comme d'autres courent vers le bonheur. Je suis sûr d'aimer les gens qui ne m'aiment pas. Qui rejettent le diable touché par la grâce. Tu me trouves vaniteux ? Bien bon ! Je ne suis pas petit quand je suis pas beau. Pas beau l'humain ! Crottes de chien ! Je suis un très vilain capable de comprendre les vilains !"

 

 

 

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