Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Deux petites filles : Cristina Fallaras

 livre-2-0001.jpgUne descente aux enfers et sans filet dans les quartiers glauques de l'Espagne. Le lecteur retient son souffle dans la déchéance humaine. L'écriture froide et sans retenue donne à ce roman une tessiture brute.

 La drogue, la prostitution infantile s'assimilent à l'alcool, à la mort et aux trafiquants. Aucun travers de l'homme ne réchappe à la violence. La saleté et la moiteur suffocante de l'été à Barcelone créent une atmosphère encore plus atroce.

 La barbarie d'un double meurtre perpétré contre deux jeunes enfants pousse Victoria González à revenir sur ses années de galère et à fréquenter les pires délinquants.

 Les seuls alliés qui restent fidèles à cette détective, sont un amant-flic et un ancien drogué, addicte à la bière brune.

 L'enquête sur les tortures infligées à ces enfants mène Victoria sur les traces d'une famille dispersée et odieuse, d'une mère droguée et absente, d'une mère "de substitution"obsédée par la sauvegarde des espèces phoques et enfin tous les trafiquants de pornographie enfantile.

 Le noir devient la couleur dominante et aucune lueur d'espoir transpire entre les pages.

 Dans ce livre, Cristina Fallarás décrit les techniques pour tuer les animaux domestiques ou pas. Méfiez vous des assassins de poissons rouges ou de hamsters, ce sont les plus redoutables. Le meurtre du chien apparaît comme un acte barbare des plus élaborés.

 

 Ce livre a reçu le prix Dashiell Hammett en 2012

 

 Voici quelques citations tirées de ce polar:

 

 "Putain de pourriture de junkie chauve et obèse. C'est ce qu'il se dit, junkie tueur d'enfants, violeur, enculé de bâtard, je vais te faire ravaler tout ton or et tu vas crever en vomissant des pièces, ogre féroce des contes les plus atroces, il se dit, ogre qui dévore les petites cuisses des petites filles engraissées juste à point. Mais il n'a pas assez de rage accumulée. Genaro sait ce qu'il faut, et il tient bon. La rage, plus de rage, jusqu'à l'aveuglement. Il a besoin de se repasser les images qui font vomir, elles sont parfaitement conservées dans sa tête, déversées, une à une, dans le bon ordre, de la vidéo à son cerveau, sa pauvre tête qu'il croyait pourrie mais qui s'est révélée vierge devant l'horreur absolue. Il remarque que les paumes de ses mains deviennent moites et il met en route la bande-vidéo qu'il conserve tout au fond de son âme, cette pauvre âme qu'il croyait desséchée mais qu'il a fini par entendre hurler sans répit."

 

 "Voir le commissaire s'inquiéter pour son bien-être provoqua un grand plaisir à Vicky. J'aime ça, se dit-elle, et elle se dit aussi que dans le fond il fallait reconnaître qu'il avait en partie raison, mais cela lui était impossible. La seule condition qu'elle était imposée pour mener à bien sa maternité, c'était de ne pas céder à l'envie de la prendre au sérieux, de ne pas la laisser s'immiscer dans son quotidien. Elle avait cédé sur les médicaments, les drogues et l'alcool pour des raisons évidentes, elle était parvenue à les rayer d'un trait de plume, ce qui était déjà plus que ce qu'elle-même aurait pu prévoir, mais elle ne voulait pas se transformer en mère exemplaire, elle avait décidé qu'elle ne pouvait pas se permettre ce luxe et que cela ne lui faisait pas envie."

 

"Une fois le poisson tiré de l'eau et déposé sur une surface, observer ses convulsions, qui seront d'abord violentes avant de perdre lentement de leur force, jusqu'à l'exténuation complète et la mort.

 Jeter l'être mort à la poubelle et déguster un martini sans olive."


Rendez-vous sur Hellocoton !

Vitzikam patrick 18/05/2014 20:00

Je vous ai vu aux escapades littéraires à Draguignan.Vous êtes une auteur qui m'a ébloui,vous êtes explosive de dynamisme intellectuel.J'espère vous revoir un jour dans une autre rencontre littéraires pour me faire dédicacer >deux petites filles<.C'est moi qui vous ai dit au revoir et bon retour...à Barcelone et vous m'avez répondu oui .Hasta pronto Christina. Patrick

Sandrine 28/07/2013 07:15

Moi qui aime le polar espagnol, il ne faut pas que je le rate celui-là.