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Dis raconte moi une histoire

 Nous prîmes sa voiture, tape à l'oeil, pour nous rendre à l'aéroport du Bourget. Nous serions, par déduction en avance, car l'inspecteur avait affublé son automobile du gyrophare qu'il actionna accompagné de cette délicieuse sirène. Croyait-il m'impressionner? Il frisait le ridicule. Il me glissa un regard de satisfaction et d'orgueil. Je lui rendis un sourire d'admiration mais mes pensées stipulaient bien le contraire (pauvre bof, tu fais mu-muse avec la voiture de police. Bravo tu es retourné en culotte courte et tu veux impressionner les copains qui n'ont pas la même tuture). Ce genre de personnage avait le don de m'exaspérer, mais je prenais sur moi. J'avais besoin de lui pour trouver l'assassin de mon amie, pas question de le vexer. Ce moment de ridicule m'avait fait échapper à la réalité pendant un bref instant. Mais déjà, la réalité reprenait ses droits. Nous arrivâmes sur l'asphalte de l'aéroport pour enfin nous stationner du côté du poste de douane. Lieu que nous percevions d'ordinaire de l'autre côté quand nous sortions de l'aéroport.

 La porte s'ouvrit immédiatement. Il était évident que nous étions attendus et en entendant le bruit de la sirène assourdissante nous avions fait dans la plus grande discrétion. Chose qui ne devait pas être inscrit de le code de l'inspecteur. Nous saluâmes les douaniers présents qui nous informèrent que l'avion était en phase d'atterrissage. L'inspecteur donna d'autres instructions afin qu'aucune bavure ne fut commise. Ils n'étaient pas là pour interpeller un terrible trafiquant de drogue ou un parrain de la mafia. (il est incontestable que nous ne connaissions pas le personnage: l'habit ne fait pas le moine). Monsieur Angelo Bartolomeo était un simple témoin dans une affaire de meurtre que l'inspecteur voulait rencontrer parce qu'il entretenait des liens avec le victime.

 Arrivé à la douane, Monsieur Bartolomeo se soumit aux contrôles de routine sans rechigner, comme un simple touriste. Le douanier lui demanda de le suivre dans la pièce du fond car deux personnes de la police voulaient s'entretenir avec lui dans une affaire de meurtre. Il ne s'offusqua point et emboîta le pas du douanier. Nous étions installés dans une pièce exiguë qui ne possédait aucune fenêtre afin d'éviter tout risque de fuite. La clenche de la porte se baissa et un homme au teint halé entra dans la pièce. Je ne le trouvais pas franchement irrésistible (désolée, je ne faisais vraiment pas partie de ses midinettes qui contemplaient les magazines), mais il est manifeste qu'il possédait une prestance qui forçait le respect. Je fus surprise par le malaise qui se propageait dans la pièce. L'inspecteur était béa devant cet homme et ne pouvait prononcer un mot. Il était hypnotisé par l'aura que pouvait dégager notre italien descendu fraîchement d'un avion.

 J'en fus intriguée et je n'étais pas au bout de mes surprises...