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Dis raconte moi une histoire (suite)

  Remise de ma première émotion, je saluais le malotru qui n'avait pas daigné tenir la porte de l'ascenseur de mon immeuble. Je constatais que la toute première impression qu'il m'avait donnée n'était pas erronée. Il était assez joli garçon et devait savoir en jouer. Mais cette image avait été gommée par sa muflerie. Je ne l'aurais jamais imaginé inspecteur mais plutôt cadre dans une grande société. Le vieil adage dit toujours l'habit ne fait pas le moine mais de nos jours les tenues vestimentaires étaient un moyen de se montrer et surtout d'être apprécié. Il me fixait depuis quelques minutes et décida enfin à me poser les questions d'usage.

 Je déclinais mon identité, mon lieu d'habitation (qu'il connaissait déjà) et commençais à raconter mon aventure. Il ne posa aucune question jusqu'à la fin de mon récit. J'évinçais le passage du beretta, ce n'était après tout qu'un petit mensonge par omission.

 Il me demanda de lui confier la photographie afin de compléter son dossier. J'étais étonnée par la rapidité avec laquelle j'avais été reçue. Je lui demandais de quel dossier il parlait.

Il prit un air sombre et s'approcha de moi. Il s'assit sur son bureau en bois d'ébène et se pencha dans le but de me faire une confidence. J'avais envie de lui dire qu'il pouvait parler sans crainte car même si j'avais hurler à me rompre les cordes vocales, personne ne serait venue me secourir. Je me courbais aussi afin d'entendre distinctement ce secret.

 -" je suis désolée de vous informer de cette terrible nouvelle: le corps de votre amie a été découvert dans une ruelle sombre. Nous ignorions son identité car nous n'avions pas retrouver de papier d'identité près d'elle.

- vous êtes sûr que c'est elle?

- maintenant que j'ai la photo entre les mains, j'en suis convaincu": son visage avait recouvert un air triste et de compassion.

De la compassion, j'en avais nul besoin. Mon amie était morte et je n'avais pas pu la sauver. J'étais anéantie, bouleversée. Elle m'avait demandé de l'aide et j'avais été incapable de la secourir. Après un long sanglot étouffé au fond de ma gorge, les yeux rougis de larmes, je tirais une force méconnue de mon être pour lui poser à mon tour quelques questions. Je voulais savoir ce qu'il s'était passé mais je me heurtais à un mur qui ne répondait que par haussement d'épaule. A la fin de ma série de questions, je me situais au même point de départ sur cette ligne d'infinie possibilités.

Je lui ordonnais de me montrer le corps dans le but de confirmer qu'il s'agissait bien de Suzette, ma Stella.

 Il se leva, me tendit un mouchoir et me prit le bras. Nous nous dirigeâmes vers une porte dérobée que je n'avais point remarquer lors de mon entrée. Un petit escalier exigu nous mena directement dans les sous-sols du commissariat.

L'inspecteur Stylet Valentin ouvrit une porte métallique et me la tint pour que je puisse passer. Cet excès de gentillesse lui donnait un air sympathique. Nous entrâmes dans une pièce où une lumière violente m'aveuglais. Il faisait horriblement froid car dans une morgue la température doit être inférieure à zéro degré afin de conserver les corps dans le meilleur état possible. L'inspecteur appela un docteur en criminologie afin qu'il découvre le visage de la dernière victime arrivée durant la soirée. Je pris une énorme bouffée d'air et fis signe que l'on pouvait ôter le drap. Une chaleur envahit mon corps et une lueur sombre encombra ma vision.