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Dis raconte moi une histoire (suite)

 Je reprenais connaissance, allongée sur un canapé, en présence de Valentin Stylet, du docteur et d'une charmante assistante du docteur. Elle avait sans doute été appelée d'urgence car les hommes dans cette situation ont toujours besoin d'une aide féminine. Elle m'avait fait respirer des sels qui éveillaient les sens. Je la remerciais d'un sourire ou d'une grimace, je l'ignorais. Elle s'éloigna pendant que je me remettais de mes émotions. Je m'en voulais d'avoir eu cette réaction mais je n'avais pas l'habitude de voir des cadavres et encore moins celui de mon amie.

 Le docteur avait pour consigne de découvrir que le visage de mon amie, mais il avait retiré le drap jusqu'à ses pieds. Je ne pus soutenir mon regard sur ce corps lacéré. Je restais figée sur la vision de ce corps si parfait et réduit à néant par un fou sanguinaire. Son visage était resté intact, on avait la sensation qu'elle se reposait. Son visage angélique s'opposait à cette vision d'horreur. Je ne pouvais dénombrer le nombre de blessures qui jonchaient ce corps, jadis splendide et qui avait fait beaucoup de jalouses et de jaloux.

 L'inspecteur tentait de savoir si j'allais bien. Questions stupide, j'étais dans un état second. Je ne comprenais pas, j'avais envie de hurler ma rage mais plus aucun son ne pouvait sortir de ma gorge nouée par le chagrin, l'incompréhension et la panique. Il me souleva par le bras, passa son bras sous ma taille pour me soutenir et me conduisit dans son bureau en utilisant, cette fois, l'ascenseur. Il me vautra dans le premier fauteuil de son bureau, se dirigea vers une armoire, versa dans un verre un breuvage ambré qu'il me tendit. Je pris le verre dans mes mains tremblantes que j'avais des difficultés à maîtriser. Il m'ordonna d'un ton doux de le boire, cela allait me remettre d'aplomb. Je portai le verre à mes lèvres et bus une grande lampée. L'alcool me brûla la gorge et parcourut tout mon corps, ce qui me réchauffa et me fit sursauter, surprise par la force de ce whisky. Monsieur Stylet me souriait pour me réconforter. Il décida de me raccompagner chez moi, afin que je dorme un peu. Il me poserait des questions plus tard. J'avais besoin de m'éclaircir les idées et surtout de me remettre du choc.

 Nous prîmes sa voiture, une peugeot RCZ, noire, féline qui lui ressemblait. Cette voiture possédait une puissance et un charisme qui ne laissait pas de marbre. Je me demandais comment un inspecteur pouvait s'offrir un tel engin. Il répondit à la question sans que je lui aie posé, sans doute parce qu'il avait vu mon visage prendre son air interrogateur. Il fallait impérativement que j'arrive à maîtriser mon sourcil droit qui montait sans que je le contrôlasse quand j'émettais un doute sur quoique ce soit. Il me confirma qu'il était le directeur de cette grosse brigade et qu'il était issu d'une famille très fortunée. Cette réponse suffit à me rassurer, momentanément....