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Dis raconte moi une histoire (suite)

 En traversant le hall de notre immeuble, je me souvenais de ma petite boite fleurie posée, avec désinvolture, sur la table. Il fallait éviter qu'il pénètre dans mon appartement ou la ranger sur un autre meuble en toute banalité. Je n'eus pas la nécessité de mentir car arrivés devant ma porte, il me fit les recommandations d'usage: fermer la porte à clef, ne pas répondre à n'importe qui et surtout le prévenir au moindre élément susceptible de faire avancer l'enquête. Il me fit remarquer qu'il ne sortirait plus cette nuit et que le numéro de son appartement était le numéro 13. Il me fit un dernier sourire avant de disparaître par la porte de l'escalier.

 Je glissais la clef dans la serrure avec hésitation. Je tremblais, pas un frisson d'angoisse mais un frisson de pressentiment. Je fermais la porte derrière moi et je glissais le long comme épuisée, incapable de soutenir mon corps affaibli par tant de panique. Je fermais les yeux et laissais couler des larmes sans prendre la peine de les sécher.

 Quand une main caressa ma joue, je fis un bond, mes yeux s'ouvrirent et un faible son sortit de ma bouche. Celui-ci fut étouffé par cette même main qui venait de me caresser ma joue avec délicatesse. L'homme me fixait et me fit signe de ne pas crier quand il enlèverait sa main. J'acquiesçais mais à peine commençait-il à l'ôter que j'émettais un autre son plus aigu. Il me prévint qu'il était là dans mon intérêt, que s'il avait voulu mettre fin à mes jours, mon compte aurait été réglé depuis belles lurettes. Je réfléchis et fis signe que je ne crierais pas. Il enleva délicatement sa main. Je constatais que celle-ci aurait pu me broyer le cou sans que j'émette aucun bruit. Son visage me sembla moins ingrat. Il m'aida à me relever. Je lui demandais ce qu'il faisait chez moi, comment il était entré, pourquoi il la persécutait. Toutes ces questions se bousculaient dans ma bouche. Il me regarda et attendit que je reprenne mon calme. Je me tus enfin et il me demanda de faire du café car l'histoire risquait d'être longue.

 Après un temps de répit, lié à la préparation du café, je lui tendis sa tasse bouillante d'où s'échappait une légère fumée. Je le fit s'asseoir dans un fauteuil et m'installais en face pour ne rien perdre de la conversation.

 Il prit une grande gorgée de café et fit une grimace. J'avouais que je ne savais pas faire le bon café. Cela détendit l'atmosphère qui devait insupportable....