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Dis raconte moi une histoire (suite)

 Malgré notre dispute, le voyage de retour fut agréable. L'inspecteur avait repris ses habitudes de frimeur à bord de sa voiture. Le calme était revenu. Je regardais filer les platanes devant moi et mon esprit commença à vagabonder quand Monsieur Stylet me fit signe que nous étions arrivés. Il s'était stationné devant l'entrée de notre immeuble. Il m'expliqua qu'il allait faire des recherches sur notre nouveau suspect et qu'il était préférable que je me repose. Il désirait savoir surtout si mon visiteur nocturne allait me contacter. (un bon point pour le flic mais je connaissais la série Colombo donc il ne pouvait pas me berner).

 Je le saluais. Puis machinalement, je cherchais les clés dans mon sac, alors que je savais pertinemment qu'elles étaient blotties dans la poche de mon manteau. Cette technique me permit d'observer la rue et de constater qu'une voiture banalisée était postée deux voitures plus loin. Le flic avait fait son boulot, c'est à dire faire surveiller mon immeuble mais aussi contrôler mes allées et venues et mes éventuelles visites.

 J'entrais dans mon appartement et constatais qu'on m'y attendait. Mon visiteur avait préparé du café et m'en offrit. Je ne fus même pas inquiétée comme si les choses rentraient dans l'ordre. Il est évident que j'aurais due être surprise mais je crois que l'on s'habitue aux choses étranges quand on ne contrôle plus rien. D'un geste banal, je saisissais le café et en bus quelques gorgées. La sensation de chaleur parcourut tout mon corps, je me sentais apaisée, limite en confiance.

Il me demanda si j'avais appris quelque chose d'intéressant. Je lui expliquais l'entretien que nous venions d'avoir avec Monsieur Bartoloméo. Il me confirma qu'il connaissait ce monsieur car il avait travaillé pour lui. Il ne m'expliqua pas ses activités et je ne cherchais pas non plus à en savoir davantage. J'avais d'autres préoccupations. Je lui ordonnais de se renseigner sur ce Luigi car je ne pouvais pas le faire moi-même. Il me fit comprendre qu'il avait constaté mon nouveau toutou armé posté devant la porte. Je lui demandais comment il allait pouvoir sortir. Sa réponse fut un sourire et cette phrase culte "comme je suis entré par la porte". Avant son départ, j'étais désireuse de savoir si de son côté, il avait progressé. Il m'affirma qu'aucun de ses collègues n'avaient été chargés du massacre de son amie. Je pense qu'il était sincère et cela le rendait presque sympathique. J'imaginais que ces interrogatoires étaient plus musclés que ceux pratiqués au niveau national. Il devait surement poser une seule fois la question et la réponse devait être immédiate pour ne pas essuyer les plâtres de sa colère.J'omettais de lui parler du mot glissé dans ma main et la description du trouble de l'inspecteur. Je devais aussi travailler pour faire progresser l'enquête.

 De nouveau, nous dûmes nous quitter et pour la première fois je m'étais sentie rassurée. Je m'endormis paisiblement sur le canapé....

 

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