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Givre Noir : Pierre Pelot

 les-livres-0010.jpgPour quoi j'ai craqué pour ce nouveau roman policier ? Trois raisons s'attardent à mon esprit . Premièrement, c'est une collection que j'apprécie "Vendredi 13". Deuxièmement, pour son auteur Pierre Pelot qui est vosgien et textio, pour l'histoire. Car quoi de plus palpitant de mener une enquête des plus déconcertantes.

 J'arrête de vous faire piaffer d'impatience et vous dévoile l'intrigue, mais pas trop. Un roman policier est avant toute chose truffé de suspense.

 Nell est une enfant unique et orpheline. Elle est élevée par son oncle et sa tante dans une maison sinistre et délabrée du Sénégal. Sa tante présente à sa famille, un ami de son fils. (son fils s'est suicidé, il y a quelques années) . Nell s'inquiète de la relation entre Dustin et Mado, sa tante. Elle découvre, bien malgré elle, une passion dévorante entre les deux acolytes. Stany, son oncle, est un personnage loufoque et immature qui possède des usines en France, gérées par un neveu. Nell décide de saccager les projets de meurtre perpétrés contre son oncle. Arrivera-t-elle à ses fins? La mort poursuivra-t-elle sa folle aventure?

 Seule une lecture assidue dévoilera la violence de la mort !

 

 Pierre Pelot développe une tragédie meurtrière avec des touches successives de passion destructrice.Un combat de femmes, prêtes à tout pour dominer son adversaire. C'est une guerre puissante où les nerfs sont mis à rudes épreuves. Il entoure ses personnages d'une chaleur étouffante et oppressante. Cette chaleur moite qui colle à la peau, échauffe les esprits jusqu'au désir de mort. Les nerfs sont à vif dans cette maison où les personnages se liquéfient.

 Une tension parentale extrême tient en haleine le lecteur. Le pouvoir intergénérationnel s'intensifie. Chacun veut dominer l'autre, le faire plier sous son poids. Dans ce roman, il n'y a pas de héros, il y a un foisonnement d'anti-héros. Chaque anti-héros devient un court instant le héros.

 La puissance des dialogues, la verve des personnages tentent de stabiliser l'autre, le pousser dans des retranchements. Chacun porte en en lui une tragédie. Ces tragédies individuelles sont précipités dans un chaos morbide.Le dialogue des corps est révélateur de la force souveraine de posséder. Les danses sont érotiques et envoûtantes. La gestuelle devient machiavélique, possessive. Aucun homme ne peut résister à ces femmes dominatrices et charnelles.

 Les passions amoureuses sont présentes et violentes. Pierre Pelot désigne tous les styles de liaison amoureuse. Le désir de posséder s'imbrique dans ce schéma apocalyptique. Désirer jusqu'à la mort ou sa mort. L'abandon est le signe de l'échec, le meurtre: le signe d'une consécration.

 Prévoyez une bouteille d'eau, la chaleur sera torride dans ce roman!

 

 Voici quelques citations tirées du roman:

 

 "- Le problème est là, Dustin : après une certaine heure. Le café n'est pas en cause, au fond. Tous les problèmes surgissent après une certaine heure, quand ce n'est pas avant. Les problèmes particulièrement insolubles montrent le nez avant et s'épanouissent après, trop tard. Mon cher Dustin...Dustin, hein? Pour l'état civil?"

 

 " - Hier, dit Stany, elle voulait stranguler son prochain, et ce matin elle riait en essayant de tenir sa poitrine en place. Ne t'inquiète donc pas pour elle. Nell a vingt ans, Mado, l'âge des premières traces de calamine sur la fragilité. Tu te fais du souci pour rien. Dustin est du genre candidat permanent à la chevalerie. Têtu et obstiné. Ça se lit dans son oeil. Quelqu'un sur qui on peut compter, voyons. Ça se lit au néon, en lettres de feu, dans son sacré oeil."

 

 " - Tous les genres de personnes peuvent se suicider. Surtout celles dont ce n'est pas le genre et qu'on imagine à cent lieues de le faire."


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