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Je n'ai rien oublié : Martin Suter

 Y a quelqu'un qui m'a dit de lire

 

 Je n'ai rien oublié de Martin Suter

 

 065-copie-1Martin Suter aborde le syndrome de la maladie d'Alzheimer de manière humaine et scientifique.

 Conrad a soixante ans et vit aux crochets d'une famille très riche les Koch. Il mène une vie dissolue. Il ère constamment autour de la grande demeure, cette famille de riches industriels se débarrassent de lui en lui donnant de l'argent. Tout se passe comme la famille Koch et surtout comme Elvira, la grand-mère, qui règne sur son domaine, le désire. C'est sans compter sur la maladie. Conrad Lang perd doucement la mémoire, rien d'exeptionnel pour un homme âgé. Il oublie pourquoi il est dans la cuisine. Il met cet incident sur le compte de la vieillesse. Mais, il devient inquiet quand il ne sait plus où il habite. Sa compagne, fraîchement rencontrée, connaît un neurologue qui diagnostique cette maladie qui attaque la mémoire immédiate puis celle plus ancienne. Après plusieurs mois, il ne reconnaît plus cette femme qui l'accompagne et celle-ci se voit dans l'obligation de le laisser dans un hôpital spécialisé. La famille Koch prend de ses nouvelles de temps en temps. Thomas Koch est comme son frère mais l'ignore complètement. C'est Elvira qui s'inquiète car Conrad (Koni) connaît les mystères du passé. Il risque de dévoiler le plus lourd secret de la famille. Elle lui offrira des soins personnels dans sa propriété afin de le garder sous contrôle. Perdra-t-il la mémoire avant de détruire cette famille bâtie sur le mensonge ?

 L'auteur dissèque les éléments fondateurs de la maladie. Son texte est une juxtaposition de présent et de passé. Le lecteur pénètre dans le cerveau de Conrad, il comprend les dysfonctionnement du cerveau, s'inquiète du patient. Martin Suter donne un sentiment d'empathie pour le personnage. Conrad est un personnage fragile, émouvant et tellement fort.

 Dés le début du roman, le lecteur a une aversion pour Elvira qui est manipulatrice, dominatrice et froide, tandis que Koni est doux, affectueux malgré ses crises violentes. Son introspection se fait par palier successif lié à des photos de son enfance. La perte de sa mémoire lui permet de se retrouver, de redevenir celui qui aurait du être.

 C'est un roman psychologique qui met en lumière les difficultés que rencontrent les familles qui côtoient un malade qui s'ignore. C'est aussi une quête sur la recherche de soi et de ses propres valeurs.

 La lecture est agréable et non pathétique. L'auteur ne bascule pas dans les stéréotypes. Il donne des valeurs réelles et puissantes sur la souffrance de l'oubli.

 

 Voici quelques citations tirées du roman :

 

 " C'était une de ces mésaventures qui surviennent quand on pense à autre chose : il avait bien empilé des bûches dans la cheminée, mais il avait mis le feu au tas à côté de celle-ci."

 " Cela faisait peur d'imaginer que la mémoire de ce vieux soiffard remontait si loin."

 " Depuis, il se remuait les méninges pour savoir ce qu'il avait bien pu écrire. Mais il n'arrivait pas à reconstituer davantage que le souvenir de quelque chose qui avait un  ton assez pressant."

 " Le plus stupide avait eu lieu quand un jour, dans l'ascenseur, il avait appuyé par mégarde sur le bouton de la cave qu'il était descendu et qu'il n'avait pu retrouver son chemin jusqu'à l'ascenseur que par hasard."

 " La perspective d'être constamment confronté au déclin de son ancien camarade de jeu du même âge que lui et d'être ainsi rappelé à l'écoulement de la vie , était désagréable à Thomas."

 " Il arrivait qu'il jouât pour elle La Noce des Mouches, une mélodie amusante de Bohême qui lui était revenue en tête un jour, remontant du fourré perdu de sa mémoire."

 

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