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L'homme qui frappait les femmes : Aymeric Patricot

  Y a quelqu'un qui m'a dit de lire:

 

 "L'homme qui frappait les femmes" d'Aymeric Patricot

 

 IMG.jpgUn roman dérangeant qui a le don d'éclaircir certaines vérités qui sont difficiles à admettre.

 Ce roman décrit la descente aux enfers d'un homme qui avait pour vice de frapper les femmes. Ce penchant machiavélique se déclare dès sa première rencontre amoureuse. Il ne peut contenir sa violence. Il frappe pour évacuer une violence dominatrice. Les femmes deviennent son punching-ball.

 Il aime sa femme mais ne peut s'empêcher de la dominer, de la frapper. Cependant dans sa dépendance à cette violence, il s'engage dans des actions contre la violence faite aux femmes. Il intègre les sphères de l'État mais sa soif de pouvoir n'atténue pas son agressivité.

 Seul un accident médical pourra enrayer le phénomène.

 

 Aymeric Patricot prend le contre-point de vue sur la violence faite aux femmes. Il s'initie dans la tête d'un prédateur.

 Le narrateur ne cherche pas à se disculper de son vice. Il ne revendique aucun problème familial, il est né avec cette déviance. Il reproche aux femmes de ne pas l'avoir stoppé, de ne pas avoir porter plainte. Il se persuade d'être intouchable mais le regard que la société porte sur lui est sans appel.

 La phrase fatidique que lui acène son fils en est la preuve formelle : "Tu le mérites, finalement."

 Le romancier pointe du doigt notre manière de juger les autres. Le besoin constant de se justifier sur notre manière de percevoir les vices. Le lecteur a une volonté constante de lui attribuer des origines familiales.

 Ce roman enclenche un besoin de "voyeurisme" chez le lecteur. Il est écoeuré par la situation mais a un besoin "malsain" de connaître la vérité. Celle qui choque, blesse, heurte la sensibilité.

 Le lecteur ressent ce besoin de catharsis. Ce roman démontre ce que le lecteur peut être ou devenir.

 Les phrases sont des sentences qui ne demandent pas de commentaire. Aymeric Patricot expose un fait, une vie. Il n'émet aucun jugement. C'est cette écriture qui perturbe. Les pulsions du narrateur sont tellement réelles et irrationnelles que cela pousse le lecteur dans ses retranchements.

 L'utilisation du "Je" accentue cette idée de malaise. Le lecteur reçoit une confidence qu'il ne peut refuser d'attendre malgré son rejet de ces agressions.

 

 Cette lecture s'effectue d'une traite car le besoin de percer le mystère de ce psychopathe devient une nécessité.

 Dans son texte "L'insoutenable", Aymeric Patricot explique son point de vue et son cheminement artistique pour atteindre un tel niveau d'excellence.

 

 Voici quelques citations tirées du roman:

"Je n'ai pas l'excuse de la misère ni du spectacle de la violence. Mon père n'a jamais levé la main sur ma mère, je n'ai pas eu d'amis dont la situation familiale laissait à désirer. Je n'ai jamais vu non plus d'agression. Je n'ai même pas été consommateur de ce genre de chose à la télévision : c'était en famille que je regardais les films, et nous nous contentions de fictions conventionnelles. Non, mon rapport à la violence est uniquement déterminé par ma rencontre avec certaines filles."

" Je me suis senti mal à l'aise, car ce n'était pas la conception que je me faisais de mon vice: des accès de brutalité, oui, des coup de folie, sûrement, des accès de mauvaise foi, sans aucun doute, mais la colère, pas vraiment. Je ne reprochais rien à ces femmes, ou plutôt je ne leur en voulais pas vraiment. Je prenais simplement prétexte d'un mot de trop. Cette fois-ci, l'image qui me revenait était bien celle de la haine."

" L'Insoutenable, ce sont encore ces parties de votre esprit qui se laissent écraser, s'effritent, pourrissent et dépérissent - brouillant toute lucidité. Les territoires qu'on laisse de côté parce qu'ils sont malades. Les blessures qu'on sent bourgeonner sans rien pouvoir y faire et dont on espère qu'elles ne gagneront pas l'espace entier. Les nécroses, les parts aveugles, les entailles, les vides, les hontes, les sentiments qui bouillonnent, brûlent et salissent tout ce qu'ils approchent."

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