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La montagne : Jean-Noël Pancrazi

 Y a quelqu'un qui m'a dit de lire:

 

 La montagne de Jean-Noël Pancrazi


La-Montagne.jpg

  Un enfant, de huit ans, refuse de monter dans la camionnette de la minoterie, qui emmène, dans la montagne, ses camarades pour attraper des scarabées. Cette promenade est interdite car l'Algérie est en guerre contre ses colonisateurs.

 De cette escapade, aucun survivant ne reviendra. Le narrateur constate que les attentats s'apaisent, que d'autres violences se développent.

 Le père du narrateur, inquiet pour la sécurité de sa famille, renvoie sa femme et son fils en France (pays inconnu pour le narrateur).

 

 Ce roman relate les tensions palpables d'une guerre pour l'indépendance. Jean-Noël Pancrazi raconte son Algérie, son enfance et la souffrance de la guerre.

 Cette montagne symbolise le mal; elle a happé ses camarades de jeux et d'insouciances. Elle hante la mémoire du narrateur qui renvoie sa mère dans une maison de repos en haut de la montagne. La montagne est le signe de la fin.

 Cet écrit redéfinit aussi la notion d'appartenance à une patrie. Le père du narrateur est expulsé, renié par l'Algérie mais aussi rejeté et incompris par la France.

 Cet homme devient apatride avec toute la violence que comporte ce mot. Le narrateur accentue cet état d'abandon en devant justifier de la nationalité française de son père.

 La notion d'abandon accompagne, emmaillotte le roman du début à la fin. Jean-Noël Pancrazi abandonne ses camarades en refusant de partir dans cette camionnette, l'Algérie le répudie, La France se détourne et il délaisse sa mère.

 

 Un roman fort émotionnellement !

 

Voici quelques citations tirées du roman:

 

 "Il y avait de plus en plus de haine - cette haine qui circulait partout, n'avait même plus besoin de slogan, de prétexte, d'étincelle pour s'exercer."

 

 "[...] il s'abandonnait enfin aux larmes, au chagrin de partir, réalisait, prenait conscience de ce mot d'"expulsé" qui tuait, anéantissait en lui l'espoir de revenir un jour, comme s'il avait à jamais, lui si pacifique, si inoffensif, tout un État, une armée, un peuple contre lui, envahi par le sentiment d'avoir trahi tout le monde, d'être peut-être renié des deux côtés; plus arabe du tout, bien sûr - comme il l'avait longtemps imaginé, en se croyant aimé et toléré par tous à Bordj -, pas encore français - n'ayant sur lui que cete carte d'identité qu'il avait sauvée, les autres papiers, il les avait laissés; il aurait voulu que l'avion n'arrive jamais, mette des heures pour traverser la Méditerranée, s'arrête, pendant des jours, à cause d'une avarie, aux Baléares; il avait honte de nous rejoindre sans rien nous apporter, rien nous donner, même pas la prime de juillet; cette "gratification" de l'année que Mme Lleu aurait dû lui envoyer; elle n'était peut-être même pas au courant de son départ forcé."

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