Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La sieste assassinée : Philippe Delerm

  Y a quelqu'un qui m'a dit de lire

 

 La sieste assassinée de Philippe Delerm

 

 les-livres-0017-copie-1.jpgQui n'a pas eu envie de replonger dans ses parfums d'enfance ?Qui n'a jamais ressenti un malaise durant une mauvaise action? Philippe Delerm ne juge pas son lecteur, il s'évertue à lui montrer ces petits défauts qui font de lui, son humanité.

 Cet auteur décortique nos manies et nos travers. Il utilise tous les faits du quotidien comme des éléments fondateurs d'une histoire. Souvenez-vous de vos trajets dans le métro, où les places assises, aux heures de pointes deviennent la quête du Graal. Une fois, que vous avez atteint votre but, il est temps de descendre et de jouer des coudes pour atteindre les portes de sortie.

 Les vacances sont un moment espéré mais quand vos voisins de quartier se retrouvent dans la même ville que vous, difficile de les ignorer. Vous vous saluez mais la conversation se tarie très vite avec un sentiment de malaise.

 Nos actions ou nos commentaires semblent nous être uniques mais ils sont ressentis ou vécus par d'autres personnes, à d'autres moments. Les descriptions de Philippe Delerm vous feront sourire, vous rappelleront surement un ami, un voisin, un collègue...

 

voici quelques citations tirées du livre :

 

"Il faut en convenir, cette reconnaissance ne suscite pas d'emblée un enthousiasme irrépressible. Plutôt une réticence,  liée précisément à l'idée qu'il serait opportun de manifester de la joie, et que ça ne sera pas facile. De leur côté, le même sentiment naît à la même seconde, et les gestes alors deviennent parallèles. On s'étonne à l'unisson, les yeux écarquillés, la bouche ouverte. On s'approche avec une lenteur qui dément aussitôt l'extrême félicité affectée l'instant précédent. Que va-t-on bien se dire?"

"Il est facile et si léger, ce rythme des phrases qui vont quelque part. Vers l'oeuvre. Vers la mort. Mais on s'en moque bien. Le présent des bios, c'est comme un voyage en diligence où l'on s'arrête à toutes les fontaines. A quoi bon se presser? Chaque gorgée d'eau pure est une éternité. Rien n'oblige La Fontaine à remonter dans la voiture. Et pour tailler sa plume, il a plus que le temps. En 1647, il épouse Marie Héricart."

"On est là pour se laisser faire, se laisser gagner par la chaleur qui vient du côtoiement des coudes et des tables, du rouge de Mâcon...qui vient surtout de cette poésie gargantuesque, de cette sensualité sans vergogne des mots outrecuidants. On a dans son assiette une réalité plantureuse, raisonnable toutefois. Mais c'est dans la tête que la bonde est lâchée, que le cholestérol déferle avec un rire sardonique. Tablier de sapeur ! chaque syllabe se détache avec une lourdeur provocante et satisfaite. Au bistrot lyonnais, on devient sénateur de la Troisième République."


Rendez-vous sur Hellocoton !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :