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Le Dernier Contrat : Olivier Maulin

les-livres-0011-copie-1.jpg  Un tueur à gage engagé qui ne connaît pas sa cible, c'est un peu fort de café. Et bien cela arrive. "La Gâchette" arrive au lieu du rendez-vous pour connaître sa cible et découvre un macchabée. L'homme qui devait lui donner son dernier contrat. Le tueur n'est pas du genre a empoché l'argent sans effectuer le travail proprement. Il remonte à la source et rencontre Frère-la-Colère qui lui révèle le nom de la cible. Un boulot facile : Tuer le président de la République, le samedi 14 juillet.

 Arrivera-t-il à dégommer le chef de l'État ? Dans le milieu du grand banditisme, le nom des cibles peut changer, il suffit d'être le plus offrant. N'oubliez pas que c'est son dernier contrat !

 

 Olivier Maulin arpente les rues de Paris, de Barcelonette et des Vosges au son d'une révolution qui gronde. Les rues sont à sang. La haine contre l'État est attisé par Frère-la-Colère qui appelle au soulèvement du peuple. Il faut anéantir les gouvernants. Sur ce fond de haine et de révolte, l'écrivain plante le décor d'un coup d'état qui se fomente en coulisse.

 Dans toutes les révolutions, les manipulations et les meurtres ont été légions.

 L'atmosphère du roman est particulière. Le narrateur a constamment des manies de propreté qui exaspère. Il évoque sa solitude et sa volonté de s'arrêter. Le lecteur ressent en lui une volonté de vivre en communauté sans communiquer. C'est un personnage troublant qui ne laisse rien transpirer. Il reste dans l'ombre, se méfie de tout, même de lui-même.

 Olivier Maulin confronte deux personnages opposés : un prêtre charismatique qui harangue la foule et un homme de l'ombre qui détient le pouvoir de la mort. Cette évocation de Dieu au travers d'un homme d'église poussant à la mort se désagrège face à un homme solitaire et dangereux, le diable. Cette dichotomie pousse le lecteur à faire un choix cartésien sur ses croyances. Le lecteur reste dans le doute car l'écrivain le laisse réfléchir en même temps que le tueur sur la nécessité de dominer l'autre.

 Le lecteur assiste à l'assassinat d'un homme, dans les dernières pages du roman. Le meurtre a lieu le vendredi 13.

 Il faut toujours se méfier des superstitions qui gagnent votre esprit.

 

 Voici quelques citations tirées du roman:

"- On a tous des regrets et des souvenirs pathétiques. Mais si on s'y enlise comme dans du sable mouvant, on est fini. Même si on y prend du plaisir."

"- Anarchistes, patriotes, chrétiens, gens de gauche, gens de droite, peuple de France! C'est unis que nous renverserons ce pouvoir exécrable! C'est unis que nous vaincrons! La caméra filmait avec gourmandise. Les journalistes ne cachaient pas leur joie. Mais déjà des tirs se faisaient entendre au bout de la rue de la Buttes-aux-Cailles, ainsi que vers le boulevard Blanqui. Esposito est monté sur la barricade, prenant le moine par le bras."


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