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Le dernier procès : Nicolas Bourcier

 Y a quelqu'un qui m'a de lire :

 

 Le dernier procès de Nicolas Bourcier


 032Les retours sur les faits historiques sont toujours teintés de souffrance quand il s'agit de la Seconde Guerre Mondiale et surtout des camps de concentrations.

 Nicolas Bourcier s'attache à relater le déroulement du dernier procès contre un homme ayant participer au génocide juif. Cette fois, l'Allemagne convoque au banc des accusés un ancien gardien de camps nazis, John Demjanjuk.

 Ce livre débute sur la vie sommaire de cet ex-gardien qui nie toute responsabilité de collaboration avec des nazis. Nicolas Bourcier revient sur son parcours truffés d'absences, de perte de mémoire volontaire concernant ces lieux de détentions. Cet auteur s'appuie sur des documents officiels concernant son exil aux États-Unis et sa naturalisation.

 Sa naturalisation lui sera ôtée, une première fois, car il est convoqué en Israël afin de répondre de ses activités dans le camp de Treblinka. Il nie en bloc toutes les accusations. Il sera condamné à mort puis acquitté en 1993. Il repart dans son pays d'accueil : l'Amérique.

 Son répit est de courte durée. L'Allemagne doit régler son compte avec cette histoire qui empoisonne son évolution. Une nouvelle enquête est diligentée contre cet exécutant de l'armée allemande. Cette fois, l'Allemagne ne doit commettre aucune erreur. La justice se base sur des faits réels, fait appel à des témoins amis ou ennemis qui défileront à la barre. Elle s'entoure d'experts pour authentifier tous les documents présentés à la cour.

 Après des jours, des semaines, des mois, le verdict tombe John Demjanjuk est condamné à cinq ans de prison. L'homme est âgé donc sa peine sera effectuée en sursis.

 Les déportés, les enfants de ceux-ci sont soulagés de cette sentence et peuvent commencer à faire leur deuil.

 

 Ce livre est un moyen de comprendre un pan de l'histoire. Celui de ces hommes, prisonniers soviétiques, qui seront enrôlés de force comme gardiens des camps d'exterminations. Cette accusation clôt les différents procès contre les partisans nazis qui durent depuis le procès historique de Nuremberg. Elle n'achève pas la souffrance de toutes ces familles décimées durant la Shoah. Cette condamnation permet de redonner espoir dans une justice allemande qui reconnaît son implication dans ce drame sans précédent.

 Ce livre est parfois difficile à suivre mais fort intéressant. Le lecteur comprend mieux la situation dans laquelle se trouvaient ces soldats soviétiques. Il découvre avec stupéfaction le silence qui règne durant cette période et après la guerre. Les mémoires rejettent les faits. Le silence devient le maître mot. Personne ne doit jamais parler de ce qu'il a fait durant l'holocauste. Heureusement des survivants se sont battus pour que la vérité éclate et que chacun assume ses propres responsabilités.

 

 Voici quelques citations tirées du livre:

 " Car ici, comme ailleurs dans le pays, il reste difficile de soulever la question de la participation des Ukrainiens aux atrocités requises par le régime nazi. Bourreau ou victime? "

 " Après trois heures de suspension, les juges prononcèrent la sentence :" l'accusé n'est pas Eichmann. Il n'a pas été à l'origine de l'extermination. Il n'a pas organisé l'anéantissement de millions de personnes. Toutefois, il a été un complice qui tua de ses propres mains, persécuta et brutalisa avec zèle des dizaines de milliers d'individus innocents. C'est pour ces raisons que nous le condamnons à mort.""

 ""Le procès (et plus encore le droit pénal allemand) offre finalement la possibilité aux proches des victimes de comparaître en tant que codemandeurs avec pratiquement les mêmes droits que le procureur général. Déjà plus de douze proches directs se sont manifestés dans le monde. Ils ne veulent pas de vengeance, ils veulent que justice soit faite." Une justice rendue au pays des bourreaux, lieu par excellence de la Schuldfrage, la "question de la culpabilité.""


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Hélène Choco 12/02/2012 15:05

Je l'ai lu grâce aux Agents Littéraires, et je l'ai trouvé instructif concernant cet aspect passé sous silence : les prisonniers d'europe de l'est recrutés comme gardiens des camps. En revanche, je
l'ai trouvé terriblement mal écrit et avec un style journalistique assez déplaisant (de nombreuses phrases très courtes et elliptiques) qui nuisent à la lecture et surtout, qui font passer un parti
pris...

toujoursalapage 16/02/2012 11:18



Il est évident qu'un parti pris reste toujours présent quand un auteur tente de transcrire une partie complexe de l'histoire. Certes ce n'est pas excusable.


Concernant le style, il est très difficile de relater un procès.


Je te remercie pour ton avis que j'ai apprécié.