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Le dormeur du val : Arthur Rimbaud

 Souvenez-vous de vos années de primaire, durant lesquelles votre instituteur vous faisait apprendre des poésies. Certaines vous ont déplues, d'autres vous ont faites sourire et enfin d'autres vous ont perturbées.

 "Le dormeur du val" d'Arthur Rimbaud m'a chamboulée, inquiétée. Le texte est sublime et terriblement violent pour un enfant. J'aime ce poème pour sa richesse humaine. La violence est adoucie par la nature, la quiétude.

 Arthur Rimbaud amène doucement la mort de ce soldat, il glisse des notes plus ternes pour décrire cet homme qui gît sur l'herbe.

 Cette poésie sur l'absurdité de la guerre dépeint un sentiment de révolte chez Rimbaud et ses contemporains. Ce texte est écrit en 1870, période qui marque la fin de l'Empire. Il reste toujours d'actualité.

 Rimbaud utilise la version classique d'un sonnet ce qui rend encore plus violente la mort de ce jeune homme.

 

Je vous laisse vous imprégniez de ce magnifique poème.

 

Le dormeur du val

C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

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Working Mama 15/10/2011 11:16


Comme dit sur HC avant de venir ici, je l'ai apprise en CE1 et je ne l'ai jamais oubliée. Pourtant, je n'y trouve pas de violence pour l'esprit d'un enfant. Je trouve justement que cette notion de
la mort est amenée de façon tellement subtile...aucun mot agressif, aucune description du sang. Juste l'image de ces deux trous superposée à l'image d'un corps simplement endormi et caressé par la
brise.

Ce texte est à mon sens une très belle métaphore de la mort. Qui dénonce la guerre certes mais qui, justement, en parle de façon non-violente, pour contre-balancer l'absurdité des combats. Après,
ça reste une interprétation très personnelle, je ne fais pas de mon analyse une généralité ;)


Jean Paul 14/10/2011 13:17


Bonjour,

Nous jouons actuellement la Rimb (Rimbaud vu par sa mère) de Xavier Grall au Théâtre du Temps, Paris 11ème et nous serions très heureux de vous y rencontrer.

Pour plus d'informations, un évènement à été crée sur facebook "La Rimb".

Bien à vous

Jean Paul


toujoursalapage 14/10/2011 17:33



Merci, mais malheureusement je ne demeure pas à Paris. Je pense que cette troupe sera à la hauteur de ce poète.