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Le silence du bourreau : François Bizot

 Y a quelqu'un qui m'a dit de lire:

 

 Le silence du bourreau de François Bizot

 

 0391Quand un récit devient dérangeant dans l'esprit du lecteur. François Bizot raconte son enlèvement et son emprisonnement par des Kherms rouges dans la campagne cambodgienne.

 François Bizot est convoqué comme témoin unique dans le procès de son bourreau Douch. C'est l'occasion pour lui de revoir son tortionnaire, mais l'ethnologue français n'a pas la même image de son bourreau que ces autres victimes. Il a eu l'honneur d'être sauvé. Il raconte son périple, sa rencontre décisive avec Douch et sa vision de la violence.

 Son récit se divise en trois parties : la première relate son emprisonnement, la deuxième donne la parole à son bourreau concernant son premier récit "le portail" et enfin la troisième retranscrit une partie du procès.

 François Bizot redonne une image humaine à son bourreau. Il a eu des entretiens sur le ton de la confidence durant sa captivité. Il ne pense pas avoir été atteint du syndrome de Stockholm qui décrit un attachement d'une victime à son bourreau. Il considère simplement Douch comme un homme qui s'est tourné vers le mal plutôt que le bien. François Bizot retranscrit la dualité de l'esprit humain.

 Le lecteur conçoit qu'il est difficile de se remémorer des éléments précis d'une capture car la mémoire se veut sélective et les souvenirs ont une fâcheuse tendance à modifier la réalité la plus horrible, celle de la torture et de la violence.

 Cette vision humaine de son bourreau rend encore plus horrible et abjecte la violence des faits qui lui sont attribués.

 

  Voici quelques citations tirées du récit :

 

 " A une petite distance, un officier SS avançait dans notre direction. Arrivé à son niveau, je lui tirai la langue. Le militaire s'immobilisa. Ma mère, apeurée, m'administra aussitôt une grande claque.

" Madame, pourquoi giflez-vous votre fils?... J'eusse été fier à votre place", dit-il en français, avec un claquement de talons, avant de poursuivre son chemin.

 Ce jour-là, à l'exemple de ma mère qui me frappait rarement et jamais aussi fort, je compris que la peur pouvait pousser n'importe qui au-delà des limites habituelles de son comportement."

" Ce soir de Noël, alors que je m'attendais, quand il m'a dit cela, à découvrir un monstre, "inhumain" comme nous avons l'habitude de le dire, je me suis rendu compte que c'était infiniment plus tragique, infiniment plus effrayant, et que j'avais en face de moi un homme qui ressemblait à beaucoup des amis que j'avais."

 " Nous avions eu recours l'un et l'autre à la même férocité primitive, sur le terrain de la raison et de l'ordre des choses, avec à la clef un énorme sentiment de culpabilité, mais emplis de cet esprit de décision implacable qui impose de faire consciencieusement le mal"

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douceurslitteraires 26/10/2011 18:22


j'aime beaucoup ton article qui donne très envie de lire le livre. Merci