Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le voyageur sans bagage : Jean Anouilh

093Après la guerre, un homme est retrouvé amnésique. On l'interne dans un asile. Son psychiatre et la tante de ce médecin vont tenter de retrouver sa famille car "Cela fait peur aux gens sans doute qu'un homme puisse vivre sans passé. Déjà les enfants trouvés sont mal vus". Cet homme est affublé d'un nouveau nom Gaston; "Nous sommes bien obligés de lui donner ce nom jusqu'à nouvel ordre". Il va être présenté à différentes familles dont la famille Renaud qui lui octroie un passé d'enfant terrible qui tuait les animaux, simplement pour le plaisir, qui, adolescent, courtisait et additionnait ses conquêtes, dont sa propre belle-soeur." Votre fils n'avait donc pas d'ami ? C'est dommage. Je veux dire, c'est dommage si nous découvrons que c'est moi". La famille Renaud se relaie à son chevet pour lui confier un passé qu'il renie en bloc " Mais, voyez-vous pour un homme sans mémoire, un passé tout entier, c'est trop lourd à endosser en une seule fois."

Dans son inconscient, Gaston s'était créé une identité sans passé, avec des souvenirs de joie pure emprunt de liberté mais "C'est vrai, il y a aussi la reconnaissance. Je n'y pensais plus, à celle-là. Des obligations, des haines, des blessures...Qu'est-ce que je croyais donc que c'était, des souvenirs ?"

 Gaston refuse cette famille, malgré que ce soit la sienne et décide d'entrer dans la famille Madensale "N'ayez crainte. c'est moi...Alors, c'est vrai que vous ne vous rappelez rien de votre famille...Même pas un visage ? même pas une petite histoire ?"

 "Le voyageur sans bagage" est une pièce en cinq tableaux qui sera mise en scène par Georges Pitoeff en février 1937. Cette pièce rejoint la liste des Pièces Noires de Jean Anouilh. Cette pièce décrit le drame de l'absence de souvenir . Ce héros voire anti-héros est confronté à des petites gens qui s'approprient son passé et lui dévoilent des souvenirs; "Un héros, c'est vague aussi en temps de guerre.Le médisant, l'avare, l'envieux, le lâche même étaient condamnés par le règlement à être des héros côte à côte et presque de la même façon."

 Jean Anouilh pose la question suivante "Que ferions-nous, étant amnésique, si on nous attribuait un passé qui n'est pas celui qu'on s'était formaté ?"

Rendez-vous sur Hellocoton !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Jana 23/02/2011 00:31


Je l'ai lu pendant mes années lycée (ce qui n'est pas tout récent). Et aujourd'hui encore j'en garde un souvenir très fort. Cette pièce et Antigone m'avaient pas mal fait cogiter à l'époque.