Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les morts ont tous la même peau : Boris Vian

 y a quelqu'un qui m'a dit de lire :

 

 Les mots ont tous la même peau de Boris Vian

 

 Les-morts-ont-tous-la-meme-peau.jpgEn ce moment, les lecteurs s'accordent un moment de détente en parcourant "L'écume des jours" avant de découvrir son adaptation cinématographique.

 Je préfère donc vous parler d'un autre roman de cet auteur qui mérite les mêmes éloges que ce dernier. Certes, le sujet traité ne rejoint pas le premier; quoique l'amour y soit présent.

 Dan, un noir dans un corps de blanc ou inversement, exerce la profession de videur dans une boîte connue pour sa prostitution et ses jeux clandestins. Ce job lui convient car il aime frapper fort et à l'occasion, coucher avec les prostituées. Autrement sa vie familiale s'écoule de manière sereine.

 Cependant, cette tranquillité acquise par de nombreux efforts s'effondre quand Richard, son frère noir ébène, le fait chanter. Son passé remonte à la surface. Chaque pore de sa peau refuse que sa famille, ses relations de travail l'associent à la race noire. Pour éviter tous les scandales quant à ses origines, il tue son frère.

 Persuadé que personne ne connaît son crime, il retourne travailler. Néanmoins, la maîtresse de Richard a assisté au meurtre et une chasse à l'homme se met en place.

 

 Ce roman plonge l'homme dans la quête de son identité. Celle-ci se décline sur le mode du racisme et de ses conséquences néfastes. Boris Vian dénonce le racisme. Il dissout les couleurs de peau, il transgresse les codes pour mettre en évidence qu'une couleur ne définit en aucun cas l'homme.

 Ce texte a choqué par son érotisme et sa violence accrue. Plus aucune limite ne peut formater l'homme. Sa violence décuple quand il se sent pris au piège. Il aime Sheila, sa femme, et ne peut concevoir de vivre sans elle. Cependant, sa soif d'être blanc le pousse à l'adultère et au meurtre.

 

 Un roman sur l'intégration des noirs dans la société américaine, sur la vision que l'homme perçoit de lui-même et de la violence gratuite infligée aux gens de couleurs différentes. Ce livre décline toutes les variantes de couleur, passant du noir ébène au blanc. Boris Vian joue sur cette dualité qui retranche Dan dans une pure folie.

 

Voici quelques citations tirées du roman:

 

"J'étais blanc. J'avais épousé une femme blanche. J'avais un gosse blanc. Et le père de ma mère avait travaillé comme docker à Saint-Louis. Un docker aussi foncé qu'on pouvait le rêver. Toute ma vie j'avais haï les Blancs. Je m'étais caché, je m'étais sauvé d'eux. Je leur ressemblais, mais ils me faisaient peur à ce moment-là. Et maintenant je ne savais plus ce que j'éprouvais autrefois, car je ne considérais plus le monde avec mes yeux de Noir. Mon évolution s'était faite lentement à mon insu, et, ce soir-là, je me retrouvais transformé, changé, assimilé."

 

"Elle marchait à côté de moi. Jolie fille. Les jambes, les seins, la tête. Tout y était.

 Il faut savoir choisir ses alibis."

 

"Je ne pouvais pas bouger. Ce flic est entré et je suis resté derrière mon rideau. Il aurait fait un pas vers moi, j'étais forcé de lui tirer dessus et je n'avais pas envie de lui tirer dessus. Attendre seulement."

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

anti snoring devices 14/04/2014 10:41

I really liked the theme of this novel. It is good to see that there are efforts by various writers to remove such discrimination in terms of color, race etc. Thanks for a good read. All the best for your blogging efforts!