Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marie chez les nudistes #10

 Je me suis assoupie et en me réveillant je constate de la bave sur le transat. J'ai du dormir la bouche ouverte et sûrement ronfler. La honte ! Je regarde l'état de ma peau. Ouf ! Je ne ressemble pas à un rôti grillé. Comme je suis sotte, j'ai oublié de me tourner au bout d'une demie-heure, comme dans une rôtisserie. Je file dans mon bungalow pour constater les dégâts. Rien à signaler. Je me saisis d'un magazine people pour m'informer des derniers cancans à la mode. Je reconnais être en mission mais je reste une vraie nana qui se documente sur des actualités cruciales pour son équilibre intellectuel.

 Je retourne sur mon bain de soleil et essaie de trouver une place confortable pour me faire brunir le dos. C'est un exercice qui s'avère compliqué. Je m'aplatis comme une crêpe, sauf que la crêpe n'a pas de soucis pour caser ses gros seins. Je relève le buste, me campe sur un de mes coudes, treuille mon magazine et remets mon deuxième coude dans la même position que son acolyte. Je lis de manière disparate les articles sur ces chanteuses qui font du monokini, je remarque les derniers tatouages de certaines stars. J'apprends les derniers accouchements et remarque qu'après avoir accouchées les femmes du show-biz sont aussi plates qu'avant. J'ai vraiment envie de connaître leurs techniques. Pour cela il faut connaître des actrices ou chanteuses et moi, à part ma concierge qui chante des tubes des années 80 en frottant l'escalier, avec un accent à couper aux couteaux, je ne côtoie personne. Je conçois qu'elle connaisse les paroles, concernant le rythme j'émets des réserves. Certains chanteurs doivent faire des bonds en l'entandant. La "Star Ac" ne l'attend pas. Je pense qu'elle est au courant mais sa bonne humeur l'emporte sur sa voix de crécelle.

 Après une heure de lecture passionnante, je reprends ma position initiale et plus adéquate pour observer mes sujets de mission. Au bout de dix minutes de désert absolu, je décide de me préparer à manger. J'ai entrepri de faire des efforts. Je me prépare donc une salade de compétition, c'est à dire, des pâtes froides en vinaigrette avec des morceaux de poivrons, de tomates et des dés de jambons et j'ajoute du maïs. Pas mal comme recette !

 Seul bémol, pas de pain. Je regarde l'heure, la boutique est encore ouverte. Cette fois, je ne me tromperai pas de chemin. Je me chausse de baskets top tendance qui raffermissent le fessier quand on marche ou court. Je décide de me la faire sportive. Le porte-monnaie dans une main et en avant toute. Je descends doucement les trois marches du perron. Et hop !

Le ridicule ne m'atteint pas. Je débute ma course effrénée. Un coup de sein à droite, un coup de sein à gauche. J'ai un point de côté au premier virage. Je ne ralentis pas l'allure. On est sportive ou on ne l'est pas. J'arrive à la supérette, attrape à l'arrachée une baguette. J'étais douée en relais à l'école. Je jette la baguette sur le comptoir et donne la monnaie. Je manque de m'étouffer. L'air n'irrigue plus mon cerveau. Je me ressaisis. Il faut que je tienne pour le retour. Je salue le caissier et repars en trombe. Quand j'atteins ma demeure, je suis au bord de l'apoplexie, les genoux qui flageolent, la gorge en feu. Mes poumons me rappellent  leurs existences. Je m'assoie sur la dernière marche, anéantie de douleur...


Rendez-vous sur Hellocoton !