Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marie chez les nudistes # 6

 Confortablement installée du côté passager, la voiture débute sa course folle dans un dédale d'allées verdoyantes. J'ai la sensation désagréable que mon chauffeur me balade. Il me fait visiter le camp, insiste sur les points stratégiques : les sanitaires, l'accès au hammam, la salle de sport, la buvette, la pizzeria et enfin la boutique de souvenir qui sert aussi de supérette. Cette visite guidée a le don de m'irriter. Si j'avais été vêtue, je serai descendue du véhicule. Mais la réalité est tout autre.

 Je constate avec étonnement qu'il n'y a pas grand monde. Étonnamment ravie, moins on me voit mieux je me porte. Rodolphe me fait remarquer qu'à cette heure de l'après-midi les hôtes du camp sont dans les criques pour se baigner. Ouf ! Je souris.

 Nous arrivons enfin à mon bungalow. Je transpire et mes fesses sont scotchées au siège. Il va falloir que je joue des coudes pour m'extirper de cette voiturette. Dans un léger cri, coincé entre les dents, j'arrache mes fesses flasques. Dans cette opération, je me suis offerte un peeling gratuit voire , je l'espère, une liposuccion. J'essaie de me contenir. Les larmes  montent à mes yeux, heureusement cachés par mes lunettes. Rodolphe prend ma valise et ouvre le bungalow. Il me donne toutes les informations concernant celui-ci, me tend les clés et file en me souhaitant une bonne semaine. Je regarde son arrière-train et rougis de cette attitude déplacée.

 Je ferme aussitôt la porte et souffle un bon coup. Ma tête est prête à exploser. Je file dans la salle de bain pour constater les dégâts de mon fessier. Il est juste rouge écrevisse. La peau d'orange est encore là, pas de soucis de ce côté ! Les chirurgiens esthétiques auraient des angoisses si en collant nos fesses sur un siège bouillant en plastique, on obtenait les mêmes résultats qu'avec une liposuccion.

 Je décide de vider ma valise, de faire mon lit  ; en bref de trouver toutes les occupations possible pour ne pas mettre le nez et tout le reste dehors. Je m'étends sur mon lit et repense à toute cette aventure qui ne fait que débuter. Je regarde l'heure. Dix-sept heures, il est temps de prévoir de quoi se restaurer. Je m'assoie et réfléchis à ma manière d'opérer. Ma mission, si je l'accepte, est de me rendre à la supérette, d'acheter de quoi tenir quelques jours et de revenir en croisant le moins de monde possible. Bon, je n'ai pas le choix car sinon mon corps s'autodétruira d'ici à la fin de la semaine.

 Je saisis mon sac, je ne suis pas une mauviette. J'ouvre la porte de manière brusque et m'étends sur le sol. Je me relève, ôte les épines de pins qui se sont acharnées sur mes genoux. Je regarde si personne ne m'a vu. Le ridicule vient de me tuer une seconde fois.J'ai les fesses en feu et les genoux écorchés : une vraie G.I. du nudisme.

Je regarde à droite et à gauche, longe les bungalows et me perds dans les nombreuses allées. C'est bien ma veine, je n'avais qu'à écouter durant la visite.

 Je croise deux enfants, pas effarouchés, qui me voyant perdu me demande si j'ai besoin d'aide. Je n'ai pas besoin d'aide, j'ai besoin de vêtements ! Je reste ahurie, aucun son ne sort de ma bouche. Les gosses se font des signes et me laissent en plan. Après tout c'est moi qui me suis mise dans cette galère. Je les rappelle et leur demande mon chemin. Ils m'indiquent de tourner à droite puis à gauche. Ils me font remarquer que sur mon porte-clef est inscrit l'allée et le numéro de mon logis. Devant chaque allée, il y a un panneau qui permet de se situer. Je les remercie. Cette conversation s'est passée sans remarque déplacée sur ma personne. Je suis soulagée....

Rendez-vous sur Hellocoton !